Pour cette rubrique éphé­mère publiée jusqu’en décembre, nous avons retrouvé des enfants qui ont posé en Une de Grains de Sel dès les débuts de sa diffu­sion. Ces filles et ces garçons, aujourd’­hui adoles­cents ou jeunes adultes, forment la géné­ra­tion Grains de Sel. Ce mois-ci, nous avons rencon­tré Jeanne qui s’ap­prête à entrer en Sixième.

Qui es-tu Jeanne ?

J’ai 11 ans et demi et je rentre en Sixième au collège La Tourette à la Croix-Rousse.

Comment te sens-tu à la veille de ton entrée au collège ?

Je suis très contente même si j’ai un énorme trac. En passant devant mon école, je me dis que ça ne sera plus jamais pareil. Tout va chan­ger : mon atti­tude, mon style vesti­men­tai­re… enfin c’est ce que me dit ma mère. Et c’est vrai : je vois mes amis qui changent, qui gran­dissent, et parfois je ne les recon­nais presque plus… Mais j’ai surtout peur de me perdre dans le collège.

Comment ça se passe à l’école ?

J’aime les maths, les sciences, la géo, l’his­toire et toutes les choses sur lesquelles on se pose des ques­tions. En français, on veut surtout savoir comment ça s’écrit, mais ce qui m’in­té­resse, moi, c’est : « comment ça s’est passé ? » À l’école, on me dit souvent que je suis en avance sur les autres. Moi, je réponds que ce n’est pas si simple. Quand tu finis la première, tu dois attendre les autres ; chez toi, tes devoirs te prennent deux secondes, alors tu t’en­nuies et tu te disputes avec tes parents !

Que fais-tu à côté de l’école ?

Je vais commen­cer ma 5e année de hip-hop. J’adore la musique, enfin surtout travailler sur la musique. Même s’il y a la pres­sion des battles, on apprend plein de choses. Le hip-hop, ce n’est pas qu’une danse, c’est une culture. Je fais aussi du scou­tisme et de la nata­tion. Le vendredi soir, à la piscine Saint-Exupéry, il y a un cours où pendant que les parents font des longueurs, leurs enfants apprennent à nager ou à se perfec­tion­ner.

Te souviens-tu de cette prise de vue pour Grains de Sel en 2015.

Très bien. Avec mon ami Zadig, on devait sourire et tenir un crayon géant. Le titre du maga­zine était « Dessi­ner le futur » et je crois que le musée des Confluences avait été choisi parce qu’il était moderne, avec une struc­ture qui évoquait peut-être le futur pour certains.

Quelle a été ta réac­tion quand tu as décou­vert le maga­zine ?

Je ne m’at­ten­dais pas à cette photo. Zadig sourit et moi je rigole parce que sa mère me faisait des grimaces pour que je sois moins stres­sée. J’étais fière d’en­tendre les gens me dire que j’avais eu de la chance de faire cette photo. Je ne pensais pas qu’elle serait si jolie.

Est-ce que tu aimes ta ville ?

Je l’adore ! Avec mes copains, on a tendance à défendre notre ville, on veut que ce soit la meilleure. Mon endroit préféré, c’est mon école. J’y ai quand même passé du temps ! Je me suis fait plein d’amis, je suis tombée amou­reuse, je suis dé-tombée amou­reu­se… Avec mes amis, on gardera le contact, même si on ne se voit pas. On aura le souve­nir d’avoir joué ensemble.

Est-ce qu’il t’ar­rive de penser à ton futur ?

Tout le temps ! J’ai­me­rais être zoologue et travailler dans un grand zoo extra­or­di­naire, parce que j’ai toujours voulu vivre avec des animaux. Je voudrais avoir des enfants, vu comme les gens qui en ont sont heureux. Mais le mieux, ce n’est pas de me préoc­cu­per de l’ave­nir, mais de ma vie main­te­nant.

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Retour vers le futur

Le musée des Confluences avait bien quelque chose de futu­riste dans l’es­prit de chacun lors de son ouver­ture fin 2014. Il a donc été choisi par Grains de Sel pour illus­trer le thème de son numéro de février 2015, « Dessi­ner le futur ». Avec, pour prendre la pose en portant un crayon plus grand qu’eux, Jeanne et Zadig, amis à la ville comme à la scène sur la photo signée Xavier Schwe­bel.

Par Clarisse Bioud