Pour cette rubrique éphé­mère publiée jusqu’en décembre, nous avons retrouvé des enfants qui ont posé en Une de Grains de Sel dès les débuts de sa diffu­sion. Ces filles et ces garçons, aujourd’­hui adoles­cents ou jeunes adultes, forment la géné­ra­tion Grains de Sel. Ce mois-ci, nous avons discuté avec Prune, qui rêve de partir étudier aux États-Unis et, plus tard, de monter son entre­prise.

Qui es-tu Prune ?

J’ai 18 ans et demi et j’ha­bite à la Guillo­tière. Je suis en première année de DUT de GEA (gestion des entre­prises et des admi­nis­tra­tions), même si là, je viens de passer mes oraux du bac en anglais et en italien.

Que s’est-il passé ?

Mon année de Termi­nale a été un peu parti­cu­lière. J’ai arrêté d’al­ler en cours en février… J’ai quand même passé les épreuves du bac en juin, mais pas les oraux de langue. Du coup, j’ai dû les passer en septembre et j’au­rai bien­tôt les résul­tats. Mais comme j’étais déjà accep­tée en GEA, j’ai pu faire ma rentrée norma­le­ment.

Pourquoi avoir choisi cette voie-là ?

J’ai hésité entre méde­cine et commerce. Mais les études de méde­cine me parais­saient trop compliquées. Et je ne voulais pas me lancer dans une école de commerce en cinq ans, sans trop savoir ce que c’était. J’ai entendu parler de GEA et ça m’a plu parce qu’il y a beau­coup de chiffres et moi, j’ai fait S et j’adore les maths. Il y a aussi plein de matières inté­res­santes : des langues, du droit, de la comp­ta… Ce sont des choses que j’ai vrai­ment envie d’ap­prendre. C’est géné­ral, tout en étant axé sur l’en­tre­prise. En plus, j’ai la possi­bi­lité de partir une année à l’étran­ger, et ça, ça serait trop bien.

Tu aime­rais aller où ?

Je rêve d’al­ler aux États-Unis, à New York ou à San Fran­cisco. Ce n’est pas très origi­nal, mais j’y pense depuis que je suis petite. Je vais essayer d’avoir les meilleures notes possible pour pouvoir partir.

Et ensuite, tu veux faire quoi ?

J’ai­me­rais bien monter mon entre­prise. Je ne sais pas du tout dans quel domaine, mais c’est normal. La vie change énor­mé­ment, mes envies aussi, je vais conti­nuer à apprendre des
choses pendant mes études… Pour monter une entre­prise, il faut savoir quels sont les enjeux du moment. Et puis il faut gérer un peu tout et moi, j’aime bien ça !

Que fais-tu en dehors de tes études ?

Cette année, j’ai tout mis en pause. De toute façon, je ne peux pas faire de sport parce que j’ai des problèmes de genoux depuis l’en­fance. J’ai toujours aimé la musique et je chan­tais beau­coup avant. J’ai même voulu être rock star quand j’étais petite ! J’ai pris des cours de piano et de guitare, mais sans faire de solfège. Du coup, je ne me consi­dère pas comme musi­cienne, mais plutôt comme accom­pa­gna­trice de ma propre voix ! J’ai­me­rais faire des arts martiaux ou sinon… du tir ! Mais mes parents ne sont pas trop d’ac­cord et me conseillent plutôt le tir à l’arc ! Oui, c’est bizarre, je suis atti­rée par les arts martiaux et le tir. En fait, je vais être mili­taire !

À l’âge de 9 ans, tu as posé en couver­ture de Grains de Sel.
Tu t’en souviens ?

Oui, on était dans une immense pièce, dans un château ou presque. Il y avait un renard empaillé et je portais une robe de prin­cesse. Ma mère m’a fait la surprise de m’of­frir la même pour Noël, j’étais telle­ment contente.

Aimes-tu vivre à Lyon ?

J’adore Lyon ! Quand j’ai fait mes choix pour mes études, je n’ai demandé que des écoles à Lyon. C’est une belle ville, avec les avan­tages de Paris, sans ses incon­vé­nients. C’est grand et pour­tant tout le monde se connaît d’une certaine manière. J’adore les quais du Rhône, les soirs d’été. C’est telle­ment agréable de se bala­der et de se poser sur une péniche avec
des amis.

Tu te vois faire ta vie ici ?

Il y a une part de moi qui a envie de rester là pour toujours, et puis une autre – celle qui a quand même un peu grandi ! – qui me dit que ce serait bien d’al­ler explo­rer d’autres hori­zons.

Mais c’est vrai qu’ici, j’ai tous mes repères.

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La reine des neiges

Ce n’est pas un château qui a servi de décor à cette couver­ture de Grains de Sel, mais un bien bel endroit tout de même : la Villa Gillet, logée au cœur du parc de la Ceri­saie (Lyon 4e). Dans l’un de ses salons, Prune et un renard empaillé posent devant l’objec­tif de Xavier Schwe­bel. Elle est vêtue de la robe de ses rêves, blanche comme neige, pour illus­trer le dossier spécial Ski de ce numéro 53, daté décembre 2009/ janvier 2010.

Par Clarisse Bioud