Chaque semaine que durera ce confi­ne­ment, Grains de Sel part à la rencontre d’une famille vivant à Lyon ou ses envi­rons. Elle nous partage son expé­rience de cette période, les coups de mou comme les beaux moments, mais aussi ses idées pour tenir le coup et ce qu’elle espère pour la suite. C’est au tour de Candy, Antoine et leurs enfants de répondre à nos ques­tions … sur What­sapp.

Si la déprime vous guette en cette quatrième semaine de confi­ne­ment, un simple appel à Candy et Antoine devrait vous remettre le moral d’aplomb. Instal­lés dans un appar­te­ment spacieux et lumi­neux de la place Satho­nay (Lyon 1er), ces parents de trois enfants, âgés de 12 à 7 ans, mesurent leur chance chaque jour: “On a pris le parti de profi­ter de ce moment imposé en famille”.

Et pour­tant ce n’était pas gagné, car dès le début du confi­ne­ment, Candy et les siens ont attrapé le Coro­na­vi­rus. Ce qui était plus préoc­cu­pant dans son cas puisqu’elle est diabé­tique: “J’ai eu peur quand j’ai eu une très forte fièvre. J’ai appelé ma diabé­to­logue qui m’a confirmé que c’était bien le Covid-19 et que je devais m’iso­ler des autres”, explique Candy. Après avoir passé quelques jours confi­née dans le confi­ne­ment, Candy a repris du poil de la bête et même eu l’im­pres­sion que “sortir de cet isole­ment [l’]aide­rait à aller mieux.

Main­te­nir un cadre

Les enfants ont pu avoir peur à cette période et, pour les rassu­rer, leurs parents leur ont permis de dormir où et avec qui ils voulaient, durant tout le confi­ne­ment. Pour le reste, ils ont mis au point une orga­ni­sa­tion qui, jusqu’à main­te­nant, tient bien la route: “On essaie de se tenir à des horaires, on se lave tous les jours et on s’ha­bille pour déjeu­ner!” annonce Antoine.

Tout le monde se lève donc entre 9 et 10 heures et s’at­tèle à ses devoirs, de 5e (Daphné), CM1 (Margot) et CE1 (Thomas). C’est Antoine qui joue les ensei­gnants, même si la collé­gienne est auto­nome. Candy, elle, s’oc­cupe des courses, tous les deux jours, en privi­lé­giant les commerçants de quar­tier. “Moi qui suis une adepte des sites marchands, j’ai pris le parti de ne plus rien comman­der en ligne”, précise-t-elle. La jeune femme peut aussi piocher dans les stocks du Candy Cookie*, le coffee shop qu’ils tiennent avec Antoine depuis bien­tôt 12 ans. “C’est vrai que le fait d’avoir été tous malades rend les choses plus faciles, je ne passe plus un temps fou à désin­fec­ter mes produits une fois rentrée à la maison! “ recon­naît Candy. Avec son compa­gnon, elle reprend plai­sir à cuisi­ner tous les jours – “Les enfants n’ont jamais aussi bien mangé!” – pour des repas “fédé­ra­teurs” qui struc­turent la jour­née: “Je me surprends à faire comme mes grands-parents: anti­ci­per le menu du repas suivant!” sourit Antoine. 

Si l’après-midi comprend souvent une deuxième session de devoirs, elle est aussi consa­crée au sport. Antoine fait du vélo connecté et coache ses enfants sur un tapis, avec l’aide de vidéos Youtube. Les écrans n’ap­pa­raissent pas comme un problème, même pour Thomas, “le petit accro de la famille” qui, para­doxa­le­ment, en consomme plutôt moins que d’ha­bi­tude. Peut-être se retient-il pour la séance cinéma du soir, dédiée aux “grandes sagas: les Star Wars, les Harry Potter et les Marvel Aven­gers, dans l’ordre évidem­ment.”

Candy et Antoine devant le Candy Cookie

Ne pas se prendre la tête

Il n’y aurait donc aucune ombre au tableau, même profes­sion­nel­le­ment? “On a décidé de ne pas se prendre la tête, affirme Antoine. Cette période passée auprès des enfants permet de se remettre en ques­tion.” Candy et Antoine ont donc décidé de profi­ter de cet inter­mède, plus ou moins long, pour prendre le temps de vivre: “Para­doxa­le­ment, je trouve parfois ces jour­nées moins anxio­gènes que celles que je passe à bosser”, confie Antoine, avant d’ajou­ter: “On a baissé notre niveau de consom­ma­tion et puis, on n’a pas de sala­riés: ça change tout. Par ailleurs, on avait ouvert un crédit pour faire des travaux, alors au pire, on piochera dans la réserve.” 

Non, déci­dé­ment rien n’al­tè­rera l’op­ti­misme d’An­toine et Candy, qui raccrochent de cette conver­sa­tion peu avant 20 heures pour gagner leur fenêtre et applau­dir les soignants.

L’un des gâteaux à dégus­ter au Candy Cookie


*Candy Cookie, 20 rue Lanterne, Lyon 1er. candy­coo­kie.fr

Par Clarisse Bioud