C’est notre rendez-vous incon­tour­nable de septembre : la sélec­tion des festi­vals, expos et spec­tacles de la rentrée qui nous font de l’œil chez Grains de Sel. Mais cette année, éplu­cher les program­ma­tions et déni­cher les temps forts de la saison pour vous les parta­ger, a pris une autre dimen­sion. Celle de vous encou­ra­ger à retour­ner en famille dans ces lieux cultu­rels qui, pour la plupart, sont restés fermés pendant six mois. Ça tombe bien : c’est une bien belle saison qui redé­marre.

• Septembre •

Spec­tacles

Perfor­mances circas­siennes à l’air libre

  • Cirque – Dès 5 ans

Avant de rouvrir les portes de sa grande salle, le théâtre de la Croix-Rousse a la bonne idée de convier des artistes circas­siens à se produire en exté­rieur, sur son parvis. Des formes courtes, tout public et gratuites, propo­sées plusieurs fois en fin d’après-midi. Avec Rush, André Hidalgo et Cyrille Musy défient la gravité sur des sono­ri­tés élec­tro. Tandis que dans La Marche, Mathu­rin Bolze chemine, et court jusqu’à sembler flot­ter à l’in­té­rieur d’une immense roue. Une perfor­mance physique autant que poétique.

Les 25 et 26 septembre devant le théâtre de la Croix-Rousse, Lyon 4e.

One shot

  • Danse et cirque – Dès 5 ans 

Les Subsis­tances font aussi le choix de l’ex­té­rieur pour enta­mer cette nouvelle saison. Il faut dire que leur vaste et bel espace se prête parti­cu­liè­re­ment bien à ce type de propo­si­tion. Il servira donc de décor géant aux Femmes de Croba­tie, douze artistes circas­siennes qui, mêlant la danse et l’acro­ba­tie, joue­ront avec l’ar­chi­tec­ture des bâti­ments, entre rebonds et torsions… donnant l’im­pres­sion que leurs corps se démul­ti­plient dans l’es­pace. Une intri­gante déam­bu­la­tion à décou­vrir gratui­te­ment.

Le 26 septembre, aux Subsis­tances, Lyon 1er.

Expo­si­tion

Une étrange défaite ?

  • Histoire – Dès 9 ans

Le CHRD fait sa rentrée avec une expo­si­tion consa­crée à ce qui fut un temps très court mais fonda­men­tal de la Seconde Guerre mondiale : les mois de mai et juin 1940 où les Alle­mands ont envahi la France. « L’Étrange défaite ? » reprend le titre du livre de l’his­to­rien Marc Bloch, écrit en 1940 et publié à titre post­hume en 1944, en y acco­lant un point d’in­ter­ro­ga­tion. Car si elle revient sur le choc alors ressenti côté Français, avec force descrip­tions et analyses, elle montre aussi comment cette impres­sion a ensuite évolué à travers des films aussi diffé­rents que Jeux Inter­dits ou La 7e Compa­gnie. Visites et ateliers aide­ront les enfants à faire la part des choses sur les ambi­guï­tés de cette période déjà abor­dée au CM2.

Du 23 septembre 2020 au 23 mars 2021 au Centre d’His­toire de la Résis­tance et de la Dépor­ta­tion, Lyon 7e.

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• Octobre •

Festi­vals

Festi­val Kara­vel

  • Danse hip hop – Dès 6 ans

S’il durera moins long­temps que d’ha­bi­tude du fait des consé­quences de la pandé­mie, le festi­val de hip hop parvient néan­moins à propo­ser une belle program­ma­tion pour sa 14e édition. Mourad Merzouki, son direc­teur artis­tique, a même prévu d’adap­ter le format de certaines pièces si les condi­tions sani­taires le néces­si­taient.

C’est la compa­gnie Art Move Concept qui lancera la mani­fes­ta­tion sur le parvis de l’es­pace Albert Camus, accom­pa­gnée de 70 danseurs amateurs pour une créa­tion mixant la danse, le mime et les arts du cirque. Un univers à retrou­ver dans leur très beau spec­tacle Fli (dès 6 ans). D’autres compa­gnies phares du festi­val, comme Käfig ou Voltaïk, signent aussi de belles propo­si­tions acces­sibles aux enfants (6–12 ans).

Du 1er au 25 octobre à Pôle en Scènes (Bron) et diffé­rents lieux de la métro­pole.

Pein­ture fraîche

  • Street art et graf­fiti – Dès 4 ans

Pein­ture en live, fresques, gale­rie d’art… Après une première édition en mai 2019, Pein­ture fraîche revient animer les murs de la Halle Debourg pendant plus de 20 jours. D’ani­ma­tion il sera bien ques­tion, car le festi­val, qui souhaite montrer toute la diver­sité du street art au public, fait cette année une large place aux projec­tions vidéo et surtout à la réalité augmen­tée. Les visi­teurs décou­vri­ront ainsi des œuvres prendre une autre dimen­sion à travers leur smart­phone.

Ils pour­ront aussi s’ini­tier à la pratique artis­tique en parti­ci­pant à des ateliers, dont certains sont acces­sibles dès 4 ans. Par défi­ni­tion exté­rieur, le street art s’éten­dra aussi sur les murs qui entourent la Halle grâce à l’in­ter­ven­tion collec­tive de graf­feurs et de festi­va­liers voulant lais­ser trace de leur passage.

Du 2 au 25 octobre, à la Halle Debourg, Lyon 7e.

Pein­ture fraîche © DR

Expo­si­tions

L’Homme aux mille natures 

  • Pein­ture, dessin, sculp­ture – Dès 8 ans

On l’at­ten­dait à l’Oran­ge­rie du parc de la Tête d’Or au prin­temps dernier, c’est fina­le­ment au Mac, tout juste rouvert après six mois de travaux, que l’on décou­vrira les portraits sensibles d’Edi Dubien, artiste pari­sien exilé à la campagne.

Ses plus de 400 dessins, pein­tures et sculp­tures racontent une certaine mascu­li­nité, de l’en­fant au jeune adulte, arbo­rant maquillage et bijoux, vête­ments clas­siques ou mili­taires. Des garçons en lien avec une nature rassu­rante et ressourçante, et des animaux appa­rais­sant comme leurs âmes sœurs. À travers ces auto­por­traits reven­diqués, Edi Dubien fait le récit d’une enfance au mascu­lin pluriel qui parlera à tou.te.s.

Du 7 octobre 2020 au 3 janvier 2021, au Mac de Lyon, Lyon 6e.

Espoir blanc, 2020 © Edi Dubien

Dans l’uni­vers du marion­net­tiste Renaud Herbin

  • Marion­nettes – En famille

Depuis sa réno­va­tion il y a trois ans, le musée des arts de la marion­nette de Gadagne prévoit dans son parcours d’ex­po­si­tion perma­nent, un espace permet­tant à un artiste de présen­ter son univers pendant deux ans. La carte blanche a été donnée à Renaud Herbin, direc­teur du centre natio­nal drama­tique de Stras­bourg, qui s’éver­tue à décloi­son­ner le champ de la marion­nette en asso­ciant sa pratique à la danse et aux arts visuels. Son travail célèbre la matière (cire, argile, texti­le…) qui, dans ses spec­tacles, se mêle aux corps et aux marion­nettes. Un univers que les visi­teurs décou­vri­ront à travers des maquettes, des marion­nettes, des vidéos et l’ar­tiste lui-même, présent le premier jour de l’ex­po­si­tion, pendant les vacances scolaires, pour discu­ter avec les enfants.

Du 22 octobre 2020 au 30 avril 2022, au MAM Gadagne, Lyon 5e.

Antoine de Saint-Exupéry, un Petit Prince parmi les Hommes

  • Histoire – En famille

Pour célé­brer les 120 ans de la nais­sance d’An­toine de Saint-
Exupéry, la Sucrière consacre une grande expo­si­tion à l’avia­teur roman­cier lyon­naise et à son œuvre culte, Le Petit Prince. Elle mêlera éléments biogra­phiques et litté­raires, à la manière dont Saint-Exupéry s’est nourri de son expé­rience de « fou volant » et de sa vie d’homme profon­dé­ment huma­niste pour écrire ses romans.

La scéno­gra­phie plon­gera le visi­teur dans l’uni­vers bleu nuit du Petit Prince, pour ensuite lui faire décou­vrir l’in­croyable vie de son auteur, et fina­le­ment le mener là où ces deux mondes, réel et fiction­nel, se confondent, au cœur d’une instal­la­tion sonore et visuelle.

Du 14 octobre 2020 au 25 avril 2021, à La Sucrière, Lyon 2e.

Spec­tacles

Hulul

  • Théâtre – Dès 6 ans
Hulul © Doro­thée The Bert Filli­ger

Le curieux Hulul nous accueille dans sa maison qu’il a construit lui-même (et ça se voit !). En nous faisant visi­ter, il raconte sa vie de manière brouillonne, alors que le décor lui joue des tours… Le livre jeunesse Hulul d’Ar­nold Lobel racon­tait l’his­toire d’un hibou naïf qui se posait des ques­tions philo­so­phiques sur la vie.

Dans cette libre adap­ta­tion, l’oi­seau a pris figure humaine sous les traits d’une actrice hila­rante (Marion Duval). Toujours en mouve­ment, toute en mimiques, elle réagit au quart de tour aux rires du public, chante, crie, fait des bêtises et étale ses crottes de nez sur le mur… Derrière sa loufoque­rie, elle évoque sa soli­tude et le récon­fort qu’elle trouve dans son chez-soi de guin­gois. 

Le 10 octobre au TNG, Lyon 9e

L’heure espa­gnole

  • Opéra visuel – Dès 7 ans

Comment faire décou­vrir, avec succès, l’opéra aux plus jeunes ? Par une mise en scène ludique et inven­tive, des costumes extra­va­gants et, lorsque c’est possible, un maxi­mum d’ef­fets visuels. Avec L’Heure espa­gnole, ils seront servis !

Créé par Maurice Ravel sous la forme d’une comé­die musi­cale en 1911, ce vaude­ville canaille se trans­forme en opéra cartoon grâce aux 300 illus­tra­tions animées de Grégoire Pont, avec lequel le jeune public a déjà pu faire connais­sance la saison dernière dans L’En­fant et les sorti­lèges (du même Ravel, et aussi mis en scène par James Bonas). Un spec­tacle féérique qui se déchiffre à la manière d’un livre pop-up géant en noir et blanc, dans un émer­veille­ment perma­nent.

Du 10 au 18 octobre, à l’Opéra de Lyon, Lyon 1er.

La méca­nique du hasard

  • Théâtre – Dès 9 ans
La méca­nique du hasard © Chris­tophe-Raynaud-de-Lage

Quatre géné­ra­tions de malchan­ceux pèsent sur les frêles épaules de Stan­ley, un adoles­cent qui va, lui aussi, se trou­ver au mauvais endroit au mauvais moment. Accusé à tort du vol d’une paire de baskets, il est envoyé dans un camp de redres­se­ment où il va creu­ser des trous dans le désert… Mais fina­le­ment c’est son héri­tage fami­lial qu’il va déter­rer pour le ques­tion­ner et, après moults rebon­dis­se­ments, tenter de s’en affran­chir.

Il devra pour cela faire des choix qui ne regardent que lui et chas­ser de sa tête la certi­tude de ne pas avoir de chance. Un spec­tacle qui pose la ques­tion verti­gi­neuse de la fata­lité et de savoir si on peut renver­ser le cours des choses pour prendre en main son destin.

Le 16 octobre, au Pola­ris, Corbas.

Mon orgue à histoires

  • Conte musi­cal – Dès 3 ans

Trois enfants découvrent un orgue dans une chapelle aban­don­née. Intri­gués, ils appuient sur l’une de ses touches pour l’es­sayer… Mais l’orgue est en fait une machine à voya­ger dans le temps, de la Grèce Antique à aujourd’­hui. Une histoire créée et inter­pré­tée par Élodie Fondacci, auteure de contes musi­caux litté­raires et radio­pho­niques pour enfants. Avec la compli­cité de l’or­ga­niste Paul Gous­sot, elle permet au jeune public de se fami­lia­ri­ser avec un instru­ment qu’il connaît peu.

Le 24 octobre, à l’Au­di­to­rium, Lyon 3e.

Le bateau

  • Théâtre d’objets senso­riel – Dès 2 ans

Travailler autour du ressenti des enfants, c’était l’objec­tif de la compa­gnie Rêve­ries mobiles lorsqu’elle a créé son premier spec­tacle jeune public, Le bateau. Place aux sensa­tions donc, et ce dès l’en­trée dans la salle, puisque des effluves marines accueillent les spec­ta­teurs invi­tés à s’ins­tal­ler au cœur du dispo­si­tif scénique. Une embar­ca­tion de fortune qui leur fera traver­ser un voyage océa­nique contée par les deux inter­prètes et leurs marion­nettes, avec de la musique (violon­celle et accor­déon) et des images proje­tées dans les voiles hissées haut. Une véri­table aven­ture senso­rielle pour tout-petits.

Du 20 au 25 octobre, au théâtre des Clochards Célestes, Lyon 1er.

Le bateau © DR

Dimanche

  • Théâtre d’objets, visuel et musi­cal – Dès 10 ans 

Une famille s’ap­prête à passer chez elle un dimanche comme un autre, se moquant des catas­trophes natu­relles annon­cées à l’ex­té­rieur. Rien de moins pour­tant qu’un dérè­gle­ment clima­tique, un tsunami et un oura­gan, que trois repor­ters anima­liers vont étudier sur le terrain. Deux univers, l’un en huis-clos, l’autre dans la nature en colère. Deux façons de compo­ser face à l’iné­luc­table déclin de notre planète.

Le tout orches­tré par deux compa­gnies belges (Focus et Chali­waté) liées par l’en­vie de fabriquer un théâtre inso­lite, visuel et poétique, avec des acteurs et des marion­nettes hyper­réa­listes, des objets déca­lés et de la vidéo. Une expé­rience totale, intri­gante et stimu­lante. 

Du 21 au 25 octobre, au Théâtre des Céles­tins, Lyon 2e.

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• Novembre •

Expo­si­tion

Une salade, César ? La cuisine romaine de la taverne au banquet

  • Histoire et gastro­no­mie – Dès 6 ans

Qui n’a jamais salivé devant les banquets romains des bandes dessi­nées d’Asté­rix? Pour sa nouvelle expo, Lugdu­num nous plonge dans l’uni­vers culi­naire antique, des repas du quoti­dien à ceux des jours de fête propo­sés dans les riches demeures.

À travers la recons­ti­tu­tion de lieux emblé­ma­tiques, tels que le marché, la taverne, la cuisine et la salle de banquet, les visi­teurs décou­vri­ront les denrées utili­sées à l’ère romaine et gallo-romaine, leur exploi­ta­tion et la manière dont elles étaient prépa­rées et consom­mées. Une déam­bu­la­tion savou­reuse, mise en regard de nos pratiques alimen­taires actuelles, et pensée pour le jeune public avec une scéno­gra­phie qui éveille leurs sens. Et leur gour­man­dise.

Du 25 novembre 2020 au 25 avril 2021, au Lugdu­num – musée et théâtres romains, Lyon 5e.

Spec­tacles

Le mariage forcé

  • Théâtre – Dès 10 ans

En épou­sant Dori­mène, Sgana­relle cherche à la possé­der, mais la belle rêve de liber­té… Voilà l’une des comé­die de mœurs les plus drôles de Molière, où il moque à nouveau le poids du patriar­cat sur des femmes souvent plus malignes que la gente mascu­line. La compa­gnie 800 litres de paille s’em­pare de la pièce pour la dépous­sié­rer à tous les niveaux, dans un train d’en­fer.

Au centre d’un dispo­si­tif quadri­fron­tal qui place les spec­ta­teurs tout près d’eux, les trois comé­diens endossent tous les rôles avec une fougue et un plai­sir jubi­la­toires. Impros, digres­sions, inter­ac­tion avec le public : on croi­rait voir s’amu­ser devant nous des enfants, pile-poil dans l’es­prit de Molière. Et ça fait un bien fou.

Le 1er, les 6 et 7 novembre, au Pata­dôme, Irigny.

Le mur

  • Clowns – Dès 12 ans 

Deux person­nages mal fagot­tés et au visage grimé débarquent sur scène. Ils viennent de se rencon­trer, ils s’ap­pellent Nardi­mou et Mauri­ce… Ces clowns aussi drôles que boule­ver­sants vont nous racon­ter le mythe de Pyrame et Thisbé (qui a inspiré Roméo et Juliette à Shakes­peare), et au-delà, s’in­ter­ro­ger devant nous sur l’amour et la mort.

Sans filtre, souvent dépas­sés par leurs émotions, ils parlent de cet échec qui leur colle aux basques, y compris à travers le langage qu’ils malmènent. En nous livrant cette manière si parti­cu­lière de voir le monde, brute mais poétique, ils nous recon­nectent avec notre part d’en­fance et, à coup sûr, touchent les préados en plein dans le mille. 

Du 3 au 7 novembre, au Théâtre de la Renais­sance, Oullins.

Égale­ment programmé au théâtre de Vénis­sieux en mars 2021.

Chaplin

  • Danse – Dès 12 ans

En novembre, la Maison de la danse rouvrira sa grande salle à… Char­lie Chaplin. Celui dont la démarche était déjà une danse a inspiré bon nombre de choré­graphes. Ce sont ici les 32 danseurs du ballet de l’Opéra du Rhin qui inter­pré­te­ront ce person­nage mythique, dédou­blé à la vie et à la scène.

Les amours de l’ac­teur-cinéaste se mélangent aux scènes cultes de ses films Les Temps modernes ou Le Dicta­teur. Une grande fresque qui parlera aussi aux enfants tant l’em­preinte de Char­lot trans­cende les géné­ra­tions.

Du 4 au 11 novembre, à la Maison de la danse, Lyon 8e.

Ballet du Rhin © Agathe Poupe­ney

Reset

  • Théâtre d’objets, musique et acro­ba­ties – Dès 7 ans

Trois compères vivent retran­chés dans un univers fait de bric et de broc, dans un quoti­dien marqué par la répé­ti­tion et la tension. Mais à l’ar­ri­vée d’un nouveau venu complè­te­ment diffé­rent de ce qu’ils sont, cette méca­nique va s’en­rayer… La nouvelle créa­tion jeune public de l’en­semble lyon­nais de musique contem­po­raine TaCTuS débarque au théâtre de Vénis­sieux auquel il est asso­cié. Il mêle des acro­ba­ties à ses habi­tuelles percus­sions, pour évoquer la façon dont les socié­tés façonnent les indi­vi­dus et comment ces derniers peuvent, par le biais d’une rencontre, se réin­ven­ter.

Le 6 novembre, au Théâtre de Vénis­sieux.

Cross ou la fureur de vivre

  • Théâtre – Dès 10 ans 

À l’ap­proche de ses 13 ans, Blake, élève de 6e épanouie, crée son compte Face­book. Elle tombe alors sur le profil d’une fille du collège qu’elle connaît sans être son amie et « like » l’une de ses photos. Dès le lende­main, elle est inon­dée d’in­sultes par sms et mails et se fait agres­ser à l’école. Blake s’isole et s’étiole, avant de rele­ver la tête…

Pour abor­der le sujet grave du harcè­le­ment scolaire, la compa­gnie La maison alterne émotion et humour, grâce à un éton­nant duo de comé­diens qui incarnent à la fois Blake, ses parents, ses profs… Tout se joue dans la chambre de la collé­gienne où sont proje­tées les insultes qu’elle reçoit et des visages d’en­fants silen­cieux, comme autant d’autres petites Blake.

Le 7 novembre, au Théâtre de Ville­franche.

Rémi

  • Théâtre – Dès 8 ans

Né de parents incon­nus, aban­donné par sa mère adop­tive aimante mais infor­tu­née, Rémi est recueilli par Vita­lis, saltim­banque au grand cœur qui sillonne la France avec ses spec­tacles de rue. L’his­toire de Sans Famille, ce roman culte d’Hec­tor Malot, est si triste. Mais passée à la mouli­nette de Jona­than Capde­vielle, metteur en scène, marion­net­tiste et perfor­meur, elle revêt une forme de folie qui permet aussi d’en rire.

Les réfé­rences inopi­nées à la culture pop et à l’ac­tua­lité font mouche, tout comme les chan­sons et les costumes des quatre acteurs qui incarnent tous les rôles dont ceux de Capi et Joli Cœur. Roman fleuve oblige, la pièce se joue sur scène et sur un CD avec lequel les spec­ta­teurs repartent chez eux.

Les 28 novembre et 2 décembre au TNG, Lyon 9e.

Je brûle (d’être toi)

  • Théâtre et marion­nettes – Dès 5 ans

Dès que la petite louve Lova veut s’ex­pri­mer, les mots qui sortent de sa gueule ne corres­pondent pas du tout à ce qu’elle voulait dire. Et ça la rend furi­barde ! Pour comprendre ce qui bouillonne en elle, cet imbro­glio de mots qui ne sont jamais les bons, elle ques­tionne l’his­toire de sa grand-mère qu’elle n’a pas connue mais dont on lui a dit qu’elle s’était soudain tue après une jeunesse tumul­tueuse.

Dans un décor blanc comme neige, la compa­gnie Tour­ne­boulé raconte aux enfants assis sur des peaux de mouton, comment le fait de nommer ses émotions peut aider à les gérer. Elle leur parle aussi de lien inter­gé­né­ra­tion­nel et plus large­ment, de philo­so­phie.

Du 30 novembre au 5 décembre, au Théâtre de la Renais­sance, Oullins.

Je brûle © Chris­tophe Loiseau

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• Décembre •

Expo­si­tion

L’oi­seau rare, de l’hi­ron­delle au kakapo

  • Orni­tho­lo­gie – En famille

On ne sait pas encore grand-chose de la dernière expo­si­tion de l’an­née du musée des Confluences. Mais au vu de sa théma­tique liée aux oiseaux de toutes plumes et de la faculté de l’ins­ti­tu­tion lyon­naise à nous immer­ger dans un univers palpi­tant de sciences natu­relles, on ne saurait trop conseiller d’al­ler y faire un tour.

Le propos sera de montrer la diver­sité des espèces et de leurs modes de vie par-delà le monde, mais aussi de poin­ter le danger d’ex­tinc­tion qui les menace, du fait des acti­vi­tés humaines. Pour cela, le musée a puisé dans sa propre collec­tion d’oi­seaux (la 2e en France), près de 240 spéci­mens… 

Du 18 décembre 2020 au 2 janvier 2022, au musée des Confluences, Lyon 2e.

Quet­zal resplen­dis­sant © Pierre-Olivier Deschamps

Spec­tacles

L’en­fant Océan 

  • Théâtre – Dès 8 ans

Toujours fermé pour travaux, le théâtre Théo Argence conti­nue de program­mer quatre rendez-vous par an à la Ferme Berliet de Saint-Priest. Parmi les spec­tacles prévus cet automne, L’en­fant Océan s’adresse au jeune public à travers l’adap­ta­tion du roman éponyme de Jean-Claude Mour­le­vat, qui revi­site très libre­ment le conte du Petit Poucet.

Point d’ogre dans cette histoire-là, mais des parents qui, trop pauvres pour nour­rir leurs sept garçons, décident de les tuer. Le plus jeune (et malin) d’entre eux, voulant sauver ses frères, leur intime de fuir vers l’océan… Pour marquer sa diffé­rence, il est incarné par une marion­nette, tandis que des acteurs inter­prètent tous les autres person­nages de ce récit initia­tique à l’al­lure de polar.

Le 1er décembre, à la Ferme Berliet, Saint-Priest.

Égale­ment programmé au TNG en février 2021.

Song Book

  • Concert dessiné – Dès 11 ans

Atten­tion, ce spec­tacle du collec­tif F71 proposé par La Mouche mais joué hors les murs, risque d’échap­per à votre atten­tion. Ce qui serait vrai­ment dommage. Il parle de combat contre l’in­to­lé­rance, sous ses diverses formes, à travers des chan­sons de tous les temps réin­ter­pré­tées et dessi­nées en direct. Si l’uni­vers d’Alain Souchon ou Maxime le Fores­tier reste faus­se­ment léger, celui de Billie Holi­day ou d’une rappeuse afghane dénonçant le mariage forcé peut pertur­ber les plus jeunes. À réser­ver aux (pré)ados donc, qui devraient appré­cier la reprise du Kid d’Eddy Pretto, pendant laquelle un très beau cadavre exquis sur la confu­sion des genres s’anime derrière la chan­teuse.

Les 3 et 4 décembre, au lycée Paillot et au centre social de Saint-Genis-Laval (La Mouche).

Enfan­tillages, d’Al­de­bert

  • Concert dessiné – Dès 5 ans

Sa chan­son sur le coro­na­vi­rus (Corona Minus) a aidé à dédra­ma­ti­ser la rentrée des classes, post-confi­ne­ment, en mai dernier.
Alde­bert, le chan­teur aux chan­sons pour enfants pas gnan­gnan, se produira deux soirs de suite sur la scène du Radiant en décembre. L’oc­ca­sion d’of­frir à vos marmots leur tout premier concert et de reprendre à tue-tête avec eux (comme vous l’avez peut-être fait sur la route des vacances cet été…) des tubes comme Super Mamie, Les super-pouvoirs pour­ris… Ils en auront plein les oreilles, mais aussi plein les yeux puisque Alde­bert sera accom­pa­gné d’un illus­tra­teur qui projet­tera en direct ses dessins en lien avec chaque chan­son.

Les 5 et 6 décembre, au Radiant, Caluire-et-Cuire.

Stel­laire une histoire d’amour sur l’ex­pan­sion de l’uni­vers

  • Conte graphique – Dès 9 ans 

Après son Dark Circus, qui se passait dans l’uni­vers du cirque et
qu’on avait adoré il y a deux ans, le duo mascu­lin de la compa­gnie Stereop­tik revient à la Croix-Rousse avec une nouvelle créa­tion explo­rant cette fois le système solaire. Une histoire de coup de foudre entre une astro­phy­si­cienne spécia­liste de l’es­pace-temps et un peintre qui s’in­té­resse aux mondes paral­lèles.

Le dispo­si­tif scénique est toujours le même : un musi­cien multi-instru­men­tiste fait face à son complice illus­tra­teur qui, à la gouache, à la pein­ture au sable, au fusain ou encore à la craie, crée en direct les images de ce spec­tacle hors-norme, dont la beauté graphique reste long­temps en tête. 

Du 9 au 18 décembre, au Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon 4e.

Incer­tain Monsieur Tokbar

  • Théâtre d’objets et marion­nettes – Dès 8 ans

Au volant de son side-car, Tokbar collecte des moments de joie. Mais quand il tombe en panne, son monde s’écroule. Submergé par les souve­nirs stockés dans sa mémoire, il les raconte à son moteur en déroute, pour l’ai­der à passer la nuit. Ces souve­nirs person­nels mêlent histoire intime et Histoire collec­tive. Comme le musi­cien Béla Bartok (Tokbar en verlan) compo­sait ses parti­tions à partir de bribes de musiques popu­laires, Turak Théâtre monte ses spec­tacles avec une accu­mu­la­tion de vieux objets qui bâtissent un monde imagi­naire. Avec son humour, sa poésie et sa déli­ca­tesse habi­tuels, il évoque dans cette dernière pièce, la vieillesse et sa mémoire qui flanche.

Du 10 au 19 décembre au TNP, Villeur­banne.

Au bonheur des vivants

  • Théâtre d’illu­sions et clowns – Dès 6 ans

L’une a la bouche pein­tur­lu­rée, l’autre des yeux noirs de panda. Sortis d’un carton, ces amou­reux querel­leurs se cherchent, se trouvent, se jouent l’un de l’autre, au sein d’un décor qui ne cesse de leur jouer des tours. Le duo de clowns poétiques de la compa­gnie Les âmes nocturnes embarque petits et grands dans un rêve éveillé où les objets bougent tout seuls, une poupée s’anime, un livre s’en­flamme, des corps dispa­raissent pour reve­nir trans­for­més en animaux… Un univers absurde porté par une magie vire­vol­tante, qui se regarde bouche bée.

Le 18 décembre, au Pôle en scènes, Bron.

Au bonheur des vivants © DR

Par Clarisse Bioud