Chez Tilâm, son antre du quar­tier Saint-Just à Lyon 5e, Julie Chazal enseigne l’art du massage aux adultes, mais aussi aux enfants qui s’exercent entre eux dans un tout nouvel atelier d’ini­tia­tion. Une mission tout sauf gadget en ces temps où le contact physique se retrouve souvent limité à la cellule fami­liale, distan­cia­tion sociale oblige. 

Comment est né Tilâm ?

Lorsque j’étais ensei­gnante, j’ini­tiais mes élèves au yoga. Je trou­vais ça chouette de leur montrer comment se relaxer en s’auto-massant le visage par exemple. Puis j’ai travaillé auprès d’en­fants défi­cients intel­lec­tuels en IME (Insti­tut médico-éduca­tif) et j’ai constaté que ce genre d’ate­liers leur faisaient du bien.

Comme je rêvais d’in­dé­pen­dance et que je ne me sentais plus en accord avec les objec­tifs du système scolaire, j’ai créé Tilâm fin 2019. Cela signi­fie « sésame » en sans­krit (une des grandes langues de l’Asie, parlée essen­tiel­le­ment en Inde, NDLR), qui est l’huile utili­sée en massage pour équi­li­brer les éner­gies vitales.

Où avez-vous été formée ?

J’ai débuté le yoga et les massages il y a 20 ans. J’ai commencé par le massage « bébé Shan­tala » avec mon premier-né. Puis je suis partie seule en Inde où une femme m’a trans­mis son savoir sur le massage ayur­vé­dique. Par la suite, j’ai entamé une forma­tion d’ani­ma­trice en massage et relaxa­tion pour enfants, afin de complé­ter mon expé­rience de terrain. 

Comment se déroule l’ate­lier pour enfants ?

L’ate­lier « Au creux de nos mains » se compose de cinq temps. Un temps d’ac­cueil, puis un échauf­fe­ment suivi de jeux de contact et de confiance comme « le guide et l’aveugle ».

Ensuite, on se pose sur le tapis pour apprendre les tech­niques de massage ou de relaxa­tion. On berce son bras ou sa jambe dans un foulard par exemple, pour relâ­cher les muscles. On termine par un temps de repos en musique puis un échange autour des émotions, des ressen­tis…

Qui peut parti­ci­per à ces ateliers ?

Tous les enfants de 4 à 11 ans. Beau­coup arrivent avec l’étiquette « hyper­ac­tifs » alors qu’ils sont simple­ment agités et ont du mal à se concen­trer. Par groupe de dix maxi­mum, les 4–7 ans et les 8–11 ans apprennent à se masser par binôme. 

Quels sont les bien­faits pour eux ?

La confiance en soi et en l’autre surtout. Ils prennent conscience de leur schéma corpo­rel et gèrent mieux leur stress. Ils apprennent aussi à dire non quand ils ne sont pas d’ac­cord, s’ils ne veulent pas qu’on leur touche les pieds par exemple. Ils deviennent plus respec­tueux. Sans comp­ter qu’ils déve­loppent leur créa­ti­vité : ils inventent des massages et c’est toujours juste.

Est-ce une acti­vité adap­tée en période de Covid ?

Les gestes barrière ont été inté­grés en début de séance avec le lavage des mains. Un des bien­faits du massage est d’ailleurs de stimu­ler le système immu­ni­taire. J’ai lancé l’ate­lier en février et après le confi­ne­ment, j’ai été surprise de consta­ter que le besoin de bien-être dépas­sait la peur du contact.

Tilâm, Le Lieu-Dit, 8 rue des Farges, Lyon 5e. Tél. 07 49 24 00 47. Tarifs : 20 € par enfant pour l’ate­lier d’1h30, 15 € pour 1h. Reprise le 21 septembre à Lyon 5e, Lyon 3e et Lyon 4e. tilam-massages.com

Par Gaëlle Guitard

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