Que vous soyez passé à côté d’un film culte lors de sa sortie en salle ou que vous ayez envie de parta­ger un bon moment de cinéma avec vos enfants, la rubrique Mon ciné-club vous propose de (re)décou­vrir des films incon­tour­nables, faciles à déni­cher et à vision­ner en famille. Ce mois : La Jeune Fille à l’écho, d’Aru­nas Zebriu­nas, réalisé en 1964.

Dans le sud de la Litua­nie en bord de mer, Vika, une jeune adoles­cente, profite de ses derniers jours de vacances, en toute liberté. Entre balades sur le litto­ral et baignades, elle se lie d’ami­tié avec un garçon qui devient son confi­dent. Mais lorsque, plus tard, elle est prise à partie par des brutes, son nouvel ami ne prend pas sa défense. Celui-ci fait alors de son mieux pour recti­fier la situa­tion… 

Adapté d’une nouvelle de Youri Nagui­bine, La Jeune Fille à l’écho d’Aru­nas Zebriu­nas vient de retrou­ver le chemin des salles en version restau­rée et s’af­firme comme une belle (re)décou­verte à parta­ger en famille. Récit initia­tique sur la sortie de l’en­fance, l’ami­tié et la liberté, il consti­tue égale­ment une ode au courage d’être soi-même. 

Une plon­gée dans l’ado­les­cence

Entre onirisme et conte tragique, La Jeune Fille à l’écho serre le cœur comme peu de longs-métrages sur l’en­fance. Il doit beau­coup au visage extra­or­di­naire de la jeune Lina Brak­nytė dans le rôle titre. Comment ne pas entrer en empa­thie avec cette préado­les­cente qui profite de la fin de l’été avec son grand-père, embras­sant la liberté des rivages sauvages, et qui ne s’em­bar­rasse pas toujours d’un maillot de bain pour plon­ger dans les vagues rafraî­chis­santes ? 

Bien sûr, il convien­dra d’ou­vrir le dialogue avec les préados car le film traite aussi de sujets forts, avec une sobriété et une justesse bien­ve­nues. Il raconte ce que c’est que gran­dir et pointe cette luci­dité nouvelle, diffi­cile mais indis­pen­sable, qui accom­pagne les années d’ado­les­cence vers la vie adulte. 

Ne sous-esti­mons pas les enfants, bien plus dispo­sés qu’on ne croit à accueillir la poésie de cette histoire univer­selle filmée en noir et blanc. La Jeune Fille à l’écho prolonge l’été, quelque part entre François Truf­faut et Abbas Kiaros­tami. 

Dès 9 ans. L’info en plus : Le film a reçu le prix du jury au festi­val de Locarno en 1965. Ressorti dans les salles d’art et essai rhoda­niennes en septembre, La Jeune Fille à l’écho sera ensuite dispo­nible en vidéo chez ED Distri­bu­tion. 

Par Thomas Périllon