Que vous soyez passé à côté d’un film culte lors de sa sortie en salle ou que vous ayez envie de parta­ger un bon moment de cinéma avec vos enfants, la rubrique Mon ciné-club vous propose de (re)décou­vrir des films incon­tour­nables, faciles à déni­cher et à vision­ner en famille. Ce mois-ci : Jack, de Fran­cis Ford Coppola, sorti en France en 1996.

Alors que Jack n’a que dix ans, son corps, lui, vieillit quatre fois plus vite que la normale. Cette mala­die peu commune, appe­lée syndrome de Werner, lui confère en effet l’ap­pa­rence physique d’un homme adulte. Entre l’âge qu’il a véri­ta­ble­ment et celui qu’il semble avoir, Jack s’ef­force de vivre une exis­tence presque normale, à la maison comme à l’école, encou­ra­gée par sa mère et son ensei­gnante. Jack n’est certai­ne­ment pas le premier titre à venir en tête lorsque l’on évoque la filmo­gra­phie de Fran­cis Ford Coppola. Spon­ta­né­ment, ce serait plutôt Apoca­lypse now, Le Parrain ou encore Dracula.

Pour­tant, ce film que l’on pour­rait quali­fier de « fami­lial » et « popu­laire », arrivé sur les écrans au cœur de l’an­née 1996, mérite le détour, ne serait-ce que pour sa tête d’af­fiche, dans le rôle-titre : le regretté Robin Williams. Celui qui a bercé l’en­fance de toute une géné­ra­tion avec des comé­dies et des films d’aven­ture tels que Madame Doubt­fire, Hook et Jumanji, incarne ici un (grand) garçon d’une dizaine d’an­nées condamné à vieillir bien plus vite que ses cama­rades.

L’en­fance prison­nière d’un corps d’adulte

À travers ce person­nage, le film pose de nombreuses ques­tions passion­nantes et poignantes. Que peut offrir l’en­fance quand on la vit enfermé dans une enve­loppe corpo­relle adulte ? Comment décou­vrir les premiers émois adoles­cents quand on ressemble à un vieillard ? Comment construire une vie d’adulte quand le corps signale que la fin approche ? Film de commande de son ami George Lucas, qui lui offre l’oc­ca­sion de combler de lourdes dettes dues à un échec commer­cial, Jack permet à Fran­cis Ford Coppola d’abor­der les thèmes du vieillis­se­ment, du temps qui passe et de l’hé­ri­tage.

De 7 à 77 ans, Jack se (re)découvre avec plai­sir et surprise, en dépit de quelques gags pas toujours inspi­rés. Il offre l’op­por­tu­nité aux familles d’évoquer des sujets tels que la diffé­rence et l’in­clu­sion, mais aussi la fragi­lité de la vie.

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L’info en plus

Durant l’une des premières scènes du film, on aperçoit une femme dégui­sée en bouteille de vin. Ce breu­vage n’est pas n’im­porte lequel puisqu’il s’agit en fait d’un vin du domaine person­nel de Fran­cis Ford Coppola. Un place­ment de produit sacré­ment mali­cieux !

Par Thomas Périllon