Par Clarisse Bioud

Crise sani­taire oblige, la Fête du Livre de Bron se réin­vente sur le web, du 10 au 28 mars, sans rien lâcher de son désir de faire se rencon­trer auteurs, illus­tra­teurs et lecteurs de tous âges. De beaux moments en pers­pec­tive pour nos marmots que l’on va, une fois n’est pas coutume, pous­ser devant un écran pour faire le plein d’idées de lecture.

UN FESTIVAL SUR LE THÈME DE “L’INVICIBLE ÉTÉ”

Obli­gée de renon­cer à son grand raout habi­tuel à l’hip­po­drome de Parilly, la Fête du Livre de Bron ne jette pas l’éponge pour autant et propose une program­ma­tion intel­li­gem­ment construite unique­ment sur le web et étirée sur trois semaines. En se jetant dans le grand bain du numé­rique, l’équipe de passion­nés, menée par son direc­teur Yann Nicol, main­tient ce qui fait tout l’in­té­rêt habi­tuel de la mani­fes­ta­tion : la rencontre entre les acteurs et les actrices du livre et celles et ceux qui les lisent, qu’ils soient grands… ou petits. Et cette année encore, la program­ma­tion jeunesse met le paquet en réunis­sant sur la toile les poids lourds et les jeunes pousses de la litté­ra­ture jeunesse. Alors, oui, pour une fois, on vous conseille de mettre vos enfants devant un écran, mais promis, juré, craché, ça vaut le coup !

D’abord parce que la théma­tique, « L’in­vin­cible été », inspi­rée de Camus, les projette vers les beaux jours. Pour Laeti­tia Voreppe, en charge de la program­ma­tion jeune public, les mots du Prix Nobel de litté­ra­ture, « Au cœur de l’hi­ver, j’ai décou­vert en moi un invin­cible été », résonnent évidem­ment avec la période actuelle, mais font aussi écho au monde de l’en­fance, et par exten­sion à la litté­ra­ture jeunesse, qui sont des lieux de refuge, de ressources et de racines pour construire l’adulte que l’on sera demain. « Il y a l’idée de la fureur de vivre, d’al­ler de l’avant, mais aussi de la révolte, pour­suit-elle. Par son opti­misme, l’en­fant repré­sente cette étin­celle. Elle lui est fonda­men­tale pour se proje­ter dans le monde de demain. » La jeune femme a construit sa program­ma­tion comme celle d’une « grille de télé­vi­sion, du mercredi au dimanche pendant trois semaines, avec des temps forts pensés comme des rendez-vous. » Fidèle à son ADN, la Fête du Livre de Bron donne la parole aux auteurs qui, même à distance, font acte de présence, sur la toile, pour parler de leur dernier livre paru.

LA PROGRAMMATION DU FESTIVAL DU LIVRE DE BRON

Jour emblé­ma­tique des enfants, le mercredi marque le coup d’en­voi des festi­vi­tés, avec des vidéos de tuto­riels créa­tifs animés, dans leurs ateliers, par les auteures-illus­tra­trices Marine Rivoal et Marie Caudry. Une belle idée pour occu­per les enfants (dès 6 ans) qui pour­ront réali­ser leurs travaux à l’in­fini, et en parta­ger les photos sur les réseaux sociaux de la Fête du Livre de Bron.

La program­ma­tion reprend de plus belle le vendredi soir, pour les lecteurs âgés d’au moins 8 ans, avec des rencontres en live d’au­teurs et/ou illus­tra­teurs ayant publié en duo et qui livre­ront leur version de ce fameux « Invin­cible été », entre désir de voyage, acte de résis­tance et besoin de rêver. L’oc­ca­sion d’écou­ter Pierre Ducro­zet et Julieta Canepa autour de leur docu­men­taire Je suis au monde ou Thomas Scotto et Jo Vitek avec leur Révolte de sable.

Le live sera encore de mise le samedi après-midi où une carte blanche sera donnée à un.e auteur.e pour propo­ser une perfor­mance autour de son livre, avec la contrainte de présen­ter un objet en lien avec son univers. Un créneau sur lequel les tout-petits, dès 3 ans, pour­ront retrou­ver l’in­dis­pen­sable Edouard Manceau et sa nouvelle série craquante Toutou Toc-Toc.

Le dimanche sera quant à lui consa­cré aux visites d’ate­liers d’ar­tistes menées par l’au­teure-illus­tra­trice Delphine Perret, pour se voir révé­ler un peu des proces­sus créa­tifs de François Rocca ou Char­line Collette notam­ment (dès 8 ans). Le même après-midi, les enfants (dès 9 ans) décou­vri­ront aussi ce qui fait la richesse d’une œuvre créée à quatre mains, entre texte et illus­tra­tion, par exemple avec le duo complice formé par Sigrid Baffert et Jeanne Macaigne, pour La Chose du Méhé­héhé.

SPECTACLE EN CLOTURE DE FESTIVAL

Et comme qui dit fête, dit spec­tacle, la program­ma­tion se clôtu­rera le dimanche 28 mars par l’adap­ta­tion scéno­gra­phique et musi­cale de la bande dessi­née Le Tracas de Blaise, dont les auteurs Raphaële Frier et Julien Marti­nière étaient passés par Bron en 2019. Bron qui, vous l’au­rez compris, même exclu­si­ve­ment en ligne, reste une fête.

35e Fête du Livre de Bron
Édition en ligne du mercredi 10 au dimanche 28 mars 2021.
Program­ma­tion complète sur fete­du­li­vre­de­bron.com

Illus­tra­tion de Stéphane Kiehl tirée du livre Je suis au monde de Pierre Ducro­zet et Julieta Canepa, chez Actes Sud Junior.