Dès 6 ans

Que vous soyez passé à côté d’un film culte lors de sa sortie en salle ou que vous ayez envie de parta­ger un bon moment de cinéma avec vos enfants, la rubrique Mon ciné-club vous propose de (re)décou­vrir des films incon­tour­nables, faciles à déni­cher et à vision­ner en famille. Ce mois-ci : Balto chien-loup, héros des neiges, de Simon Wells, sorti en France en 1996.

Mi-loup, mi-husky, le chien Balto a l’op­por­tu­nité de montrer son courage lorsqu’une épidé­mie de diph­té­rie menace les enfants de Nome, une ville recu­lée d’Alaska, à l’hi­ver 1925. Diri­geant un atte­lage de chiens, il va parcou­rir près de 1000 km à travers la nature sauvage de cette région polaire pour obte­nir un précieux ravi­taille­ment médi­cal. Avec l’évo­lu­tion tech­no­lo­gique et l’avè­ne­ment de la 3D géné­rée par ordi­na­teur, l’ani­ma­tion 2D n’a malheu­reu­se­ment plus le vent en poupe. L’une n’est pour­tant pas forcé­ment meilleure que l’autre – ce sont simple­ment deux médiums diffé­rents qui pour­raient aisé­ment trou­ver chacun leur place sur le marché, faisant valoir leurs spéci­fi­ci­tés. L’un des derniers bijoux entiè­re­ment dessi­nés à la main en 2D fut Balto chien-loup, héros des neiges, réalisé dans les studios Ambli­ma­tion de Steven Spiel­berg. Le destin ne joua pas en faveur de Balto qui, à sa sortie, se retrouva à l’af­fiche en même temps que Toy Story ! La créa­tion révo­lu­tion­naire de Pixar attira les projec­teurs, lais­sant dans l’ombre le chien-loup. Mais aujourd’­hui, sa dispo­ni­bi­lité sur la plate­forme Netflix nous offre l’oc­ca­sion de lui redon­ner toute la consi­dé­ra­tion qu’il mérite. En ces temps éprou­vants de pandé­mie, on pren­drait bien une dose d’hé­roïsme et de soli­da­ri­té…

UN HEROS FACE A L’EPIDEMIE

Libre­ment inspiré de l’his­toire vraie de la course au sérum de 1925 pour rame­ner l’an­ti­toxine à Nome, le film rend un bel hommage aux hommes et à leurs chiens ayant risqué leur vie pour sauver les enfants de la commu­nauté. Visuel­le­ment, c’est un régal. Les paysages hiver­naux sont magni­fiques et les person­nages profitent de la qualité du trait et de l’ani­ma­tion. L’aven­ture est trans­cen­dée par la superbe parti­tion de James Horner (qui sera honoré peu de temps après pour la musique de Tita­nic). Mais au-delà de sa tech­nique, Balto séduit toutes les géné­ra­tions car il emploie avec malice la formule qui fait la sève des plus beaux contes ayant marqué notre enfance. Lais­sant de côté les séquences chan­tantes – qui ont tendance à en cris­per plus d’un.e –, il esquisse une joyeuse bande d’aco­lytes autour du héros et place l’ami­tié et la dévo­tion au cœur de leur redou­table mission. Sans sacri­fier la dimen­sion drama­tique sur l’au­tel du diver­tis­se­ment et du suspens, le dessin animé offre de réelles soupapes d’amu­se­ment avec son humour qui fait souvent mouche – parce qu’il n’est pas forcé comme dans certaines produc­tions récentes – et quelques moments de tendresse et d’émer­veille­ment, comme cette superbe séquence où les aurores boréales illu­minent un flanc de montagne. Enfin, face à la réalité pesante de notre actua­lité, Balto fera du bien aux petits comme aux grands, pour rappe­ler que la soli­da­rité reste le meilleur des remèdes.

L’INFO EN PLUS : Une statue en bronze repré­sen­tant Balto fut érigée dans le célèbre Central Park, à New York, en son honneur. On peut y lire l’ins­crip­tion « Endu­rance – Fidé­lité – Intel­li­gence ». Mais le véri­table héros de la course séro­lo­gique de 1925 fut le chien Togo. Ce husky âgé de 12 ans a conduit l’équipe de chiens de traî­neau à travers 260 miles de bliz­zard pour livrer du sérum diph­té­rique à Nome. Balto a béné­fi­cié de l’es­sen­tiel de la renom­mée car il a mené les 55 derniers miles. Mais l’er­reur est répa­rée : depuis peu, Togo a main­te­nant son propre film, avec l’ac­teur Willem Dafoe, dispo­nible sur Disney+.

Par Thomas Périllon / Illus­tra­tion © DR