Ultime volet d’un trip­tyque composé de Bren­dan et le secret de Kells (en 2008) et Le Chant de la mer (en 2014), Le Peuple loup conclut en beauté ce cycle créa­tif autour de la culture celte, imaginé par l’Ir­lan­dais Tomm Moore, au sommet de son art. Avec Ross Stewart, il co-signe cette belle mise en images de la légende des wolf­wal­kers, en infu­sant une bonne dose de fantas­tique dans le contexte histo­rique du milieu du XVIIe siècle, après l’écra­se­ment de la rébel­lion irlan­daise. En creux, son film livre une réflexion sur la tolé­rance, doublée d’une sensi­bi­li­sa­tion perti­nente aux enjeux envi­ron­ne­men­taux.

Centré autour de la jeune cita­dine Robyn, qui fera bien­tôt connais­sance avec Mebh, une habi­tante de la forêt, Le Peuple loup nous embarque dans un voyage d’une grande richesse théma­tique et d’une émotion parti­cu­lière, sublimé par sa puis­sance esthé­tique, inven­tive et enchan­te­resse. On pense parfois à Klimt, d’autres fois à l’œuvre de Miya­zaki, dont il semble emprun­ter quelques éléments visuels pour servir sa narra­tion et sa drama­tur­gie effi­ca­ce­ment bâtie.

Au-delà du message sur l’amour fami­lial et l’ami­tié, le propos envi­ron­ne­men­tal fait tout l’at­trait du film. Avec son person­nage de diri­geant auto­ri­taire, insen­sible aux valeurs de la faune et la flore, détrui­sant sans vergogne la forêt et souhai­tant éradiquer les espèces animales en travers de son chemin,Le Peuple loup entre parfai­te­ment en écho avec l’ac­tua­lité, à l’heure où l’Ama­zo­nie subit les ravages de la folie consu­mé­riste de Bolso­naro et consorts.

Durée : 1h43 • Sortie : 20 octobre