À l’oc­ca­sion de la Nuit du Cirque, qui a lieu partout en France du 12 au 14 novembre, les Subsis­tances ouvrent leurs portes à trois spec­tacles célé­brant la créa­ti­vité de la pratique circas­sienne, dans ce qu’elle a de plus inso­lite aujourd’­hui.

Oubliez toute idée de chapi­teau. C’est dans le hangar des Subs que sera accueillie Inbal Ben Haim et Pli, son spec­tacle créé in situ et qu’on a hâte de décou­vrir tant il semble incon­ce­vable. Car si l’ar­tiste israé­lienne utilise bien un agrès, comme il est de coutume de le faire en cirque, celui-ci ne sera consti­tué… que de papier ! Jouant de sa plas­ti­cité, elle va le plier, le tordre, le frois­ser sous nos yeux et le trans­for­mer en support d’acro­ba­ties aériennes virtuoses. Pour réus­sir ce prodige, elle a colla­boré avec le plas­ti­cien Alexis Merat et la scéno­graphe Domi­tille Martin, créa­teurs de La Tornade, œuvre monu­men­tale elle aussi en papier que l’on a pu admi­rer l’été dernier sous la Verrière. Avec Pli, Inbal Ben Haim semble mettre à l’épreuve la résis­tance du papier pour­tant supposé fragile, dans une fron­tière ténue entre prise de risque et lâcher prise, comme une méta­phore inté­res­sante de l’art circas­sien.

L’ami­tié se dessine hors fron­tière

Si ce spec­tacle de haute voltige est acces­sible aux enfants les plus grands (dès 11 ans), Je suis tigre, du groupe Noces, s’adresse lui direc­te­ment au jeune public (dès 6 ans), dans la Boulan­ge­rie. On y découvre deux danseurs et acro­bates, la fille sur les épaules du garçon, dessi­ner à quatre mains le décor de leur histoire sur une feuille de papier géante. Puis, cette histoire s’anime aussi bien sur le papier que sur la scène où évoluent les artistes en duo. Dans une compli­cité corpo­relle, qui tend à celle de la gémel­lité, ils incarnent deux enfants en train de se rencon­trer. L’un d’eux, le garçon, s’ap­pelle Hisham. Il a quitté son pays en guerre et est arrivé là, près de cette petite fille qui se pose tant de ques­tions à son sujet : pourquoi arrive-t-il en retard à l’école chaque matin, pourquoi porte-t-il toujours les mêmes habits, pourquoi a-t-il des cica­tri­ces… ? Tantôt ludique et bondis­sante, tantôt douce et câline, la choré­gra­phie illustre cette rencontre faite de jeux et de chamaille­ries, mais aussi les conflits et la fuite qui l’ont précé­dée. L’émo­tion naît peu à peu, sans doute parce que cette histoire résonne parti­cu­liè­re­ment aujourd’­hui et qu’elle nous est racon­tée à hauteur d’en­fants sans cher­cher à leur cacher la vérité de l’exil.

Lors de cette Nuit du Cirque, il sera aussi possible de décou­vrir, sous la Verrière, les courtes perfor­mances de Rachel Salz­man, qui sur sa roue cyr, trouve le meilleur point de rencontre entre la danse et le cirque. Une dernière preuve qu’en matière circas­sienne, le champ des possibles est immense.

Pli, du mercredi 10 au vendredi 12 novembre à 20h,
le samedi 13 novembre à 18h, le vendredi 19 novembre à 20h
et le samedi 20 novembre à 18h. Durée : 1h15. Tarifs : de 5 à 16€.

Je suis tigre, le samedi 13 novembre à 15h et 17h. Durée : 35 min.
Tarifs : 5 et 10€.

Mes nuits, le vendredi 12 novembre à 19h45, le samedi 13 novembre à 15h45 et 17h45. Durée : 6 min. Gratuit sur réser­va­tion.

Les Subsis­tances, 8bis quai Saint-Vincent, Lyon 1er. Tél. 04 78 39 10 02.
les-subs.com