Le coup de coeur : Où est Anne Frank !

Après Valse avec Bachir et Le Congrès, Ari Folman est de retour pour porter à l’écran l’his­toire d’Anne Frank. Pour son nouveau film, l’ar­tiste israé­lien a imaginé une fiction autour de Kitty, l’amie imagi­naire à qui Anne Frank se confiait dans son célèbre jour­nal intime. Au cours d’une nuit orageuse de 2021, cette confi­dente prend mysté­rieu­se­ment vie dans la grande bâtisse d’Am­ster­dam où s’étaient réfu­giées Anne et sa famille, deve­nue désor­mais un lieu de mémoire emblé­ma­tique qui accueille des visi­teurs du monde entier.

Soixante-quinze ans après l’is­sue funeste de l’ado­les­cente victime du régime nazi, Kitty tente de remon­ter le fil du destin de son amie dispa­rue, aidée de Peter, un ami de circons­tance qui porte assis­tance aux réfu­giés clan­des­tins de notre époque. Si cette Europe n’a évidem­ment rien à voir avec celle des années 1940, elle reste encore trop indif­fé­rente au sort des enfants victimes d’enjeux poli­tiques cruels qui leur échappent.

Kitty va donc s’ef­for­cer de redon­ner de la voix au message d’Anne Frank qui a ému des millions de personnes à travers le monde.
Avec intel­li­gence, Ari Folman parvient à tisser un lien entre le passé et notre époque où les plus jeunes demeurent les victimes colla­té­rales de conflits mondiaux et de crises inter­na­tio­nales. Doté d’une esthé­tique somp­tueuse et d’un propos rassem­bleur, Où est Anne Frank ! s’af­firme comme une piqûre de rappel néces­saire à ce monde qui conti­nue de rendre hommage à Anne Frank en oubliant le message huma­niste qu’elle portait. De l’in­di­vidu à l’uni­ver­sel, ce film d’ani­ma­tion qui enivre la rétine de la patte visuelle de son auteur, construit un pont entre les géné­ra­tions, en restant à hauteur d’en­fants. Il offre un moment de mémoire éduca­tif, à la fois poignant et salva­teur. Indis­pen­sable.

Durée : 1h39 • Sortie : 8 décembre


Animal

Récom­pensé aux César en 2016 pour l’in­dis­pen­sable Demain, le mili­tant Cyril Dion fait son retour au cinéma avec un nouveau cri d’alerte péda­go­gique sur la situa­tion écolo­gique actuelle. En suivant deux adoles­cents euro­péens très inves­tis dans leur enga­ge­ment en faveur de la cause animale et des sujets clima­tiques, Animal pointe du doigt notre système actuel dans son inquié­tant embal­le­ment surpro­duc­tif. Les deux lycéens rencontrent des biolo­gistes de renom et des acti­vistes, et découvrent progres­si­ve­ment les raisons expliquant la dispa­ri­tion alar­mante d’es­pèces animales : pollu­tion, chan­ge­ment clima­tique, propa­ga­tion de mala­dies, surex­ploi­ta­tion et destruc­tion de l’ha­bi­tat des animaux. Avec ce nouveau docu­men­taire porteur d’es­poir, Cyril Dion signe un mani­feste ciné­ma­to­gra­phique qui soigne autant son esthé­tique que son récit et sa portée émotion­nelle. Une profes­sion de foi de ces deux futurs adultes admi­ra­ble­ment repré­sen­ta­tifs de cette nouvelle géné­ra­tion qui refuse de se taire et de se rési­gner à aller dans le mur.

Durée : 1h45 • Sortie : 1er décembre


Maman pleut des cordes

Jeanne est une petite fille éveillée mais quelque peu capri­cieuse. Lorsque sa maman tente de lui expliquer pourquoi elle préfère l’en­voyer chez Mémé Oignon pour y passer les fêtes – pendant qu’elle-même ira en maison de repos pour soigner sa dépres­sion – la fillette n’y prête pas atten­tion, trop occu­pée à jouer. Elle quitte donc la maison parti­cu­liè­re­ment contra­riée par ce séjour forcé dans le Coten­tin, dans la maison pous­sié­reuse de sa grand-mère. Mais sa mauvaise humeur pour­rait bien n’être que passa­gère tant la vie à la campagne s’avère fina­le­ment plutôt agréable en compa­gnie de ses nouveaux compa­gnons de vacances. Précédé du Monde de DaliaTout sur maman et Le Réveillon des Babou­ch­kas, qui mettent aussi à l’hon­neur les valeurs de partage, de filia­tion et de tradi­tion, Maman pleut des cordes ponc­tue ce déli­cat programme en beauté, profi­tant de la qualité des comé­diens prêtant leur voix aux person­nages : Yolande Moreau, Céline Sallette et même Arthur H. qui signe la chan­son prin­ci­pale du film.

Durée : 48 min • Sortie : 1er décembre


La Panthère des neiges

Au cœur des massifs tibé­tains, l’écri­vain Sylvain Tesson accom­pagne le photo­graphe anima­lier Vincent Munier dans sa quête de la panthère des neiges. Cette expé­di­tion les conduit sur les traces de cet animal si rare, entre jeu de pistes, exer­cice déli­cat de l’af­fût et épreuve de patience pour l’en­tre­voir. En parcou­rant ces hauts plateaux habi­tés par de multiples espèces – parfois si discrètes qu’elles en devien­draient presque invi­sibles –, les deux hommes déve­loppent une compli­cité et dialoguent sur la place de l’homme dans cet envi­ron­ne­ment. Présenté au dernier Festi­val de Cannes, La Panthère des neiges est une célé­bra­tion contem­pla­tive de la beauté de notre planète et de ses êtres vivants à travers des prises de vue à couper le souffle. En rendant aussi un hommage poétique à la patience et à la rareté, le film réap­prend à obser­ver simple­ment le monde.

Durée : 1h32 • Sortie : 15 décembre


Tous en scène 2

Près de cinq ans après le premier volet, la troupe animale de Tous en scène est de retour et a décidé de viser plus haut en montant un nouveau spec­tacle pour une pres­ti­gieuse salle de théâtre, diri­gée par un produc­teur aux dents longues. Mais pour cela, il leur faudra aller débau­cher le roi du rock, le lion Clay Callo­way, qui vit reclus depuis la mort de son épou­se… Celles et ceux qui avaient été conquis par le précé­dent chapitre devraient retrou­ver avec plai­sir l’uni­vers de Tous en scène qui joue avec les codes de la comé­die musi­cale en y injec­tant une bonne dose d’hu­mour et d’es­piè­gle­rie, tout en valo­ri­sant le vivre-ensemble et la persé­vé­rance. Avec des person­nages bien campés et des décors épous­tou­flants, les enfants en pren­dront plein les yeux, tandis que les ados et les adultes s’amu­se­ront à recon­naître les nombreuses chan­sons reprises dans le spec­tacle mis en scène par Monsieur Moon et ses acolytes.

Durée : 1h50 • Sortie : 22 décembre


Belle

Après Les Enfants loups et Miraï, ma petite sœur, Mamoru Hosoda nous replonge dans un déluge de couleurs et d’in­ven­ti­vité avec un nouveau film d’ani­ma­tion spec­ta­cu­laire, situé quelque part entre La Belle et la Bête et Ready player one. Adoles­cente complexée, Suzu se réfu­gie souvent dans le monde virtuel sous l’ava­tar de « Belle », icône de la pop encen­sée par des millions de fans. Cette double vie, parti­cu­lière pour la timide lycéenne, va prendre une tour­nure impré­vue lorsque Belle rencontre la Bête, une fasci­nante mais inquié­tante créa­ture. S’en­gage alors un chassé-croisé virtuel au terme duquel Suzu devra décou­vrir qui elle est. Ouver­te­ment tourné vers le public adoles­cent, Hosoda propose une obser­va­tion inté­res­sante de l’usage des réseaux sociaux – et d’une autre utili­sa­tion qui peut en être faite – à travers une fable fantas­tique sur la liberté, l’ac­cep­ta­tion de soi et la compré­hen­sion du monde. Ce faisant, il assoit défi­ni­ti­ve­ment son statut d’ar­ti­san majeur de l’ani­ma­tion japo­naise.

Durée : 2h02 • Sortie : 29 décembre


Jardins enchan­tés

Et si on débu­tait l’an­née par un voyage au cœur de la nature ? Jardins enchan­tés propose une plon­gée dans le monde merveilleux des pota­gers, parcs bota­niques et jardins sauvages, à la décou­verte de la faune et de la flore des diffé­rents écosys­tèmes de notre planète. Insectes, oiseaux, renards, jeunes enfants et même quelques lutins peuplent l’uni­vers des six courts-métrages de ce programme ludique qui invite à la contem­pla­tion et à la préser­va­tion de la nature dans toute sa splen­deur et sa diver­sité. S’y glisse même un clin d’œil litté­raire, avec l’adap­ta­tion de Poucette, le conte d’An­der­sen, et d’un poème de Robert Desnos. Ce char­mant recueil concocté par Little KMBO offrira un support parfai­te­ment adapté pour éveiller son enfant et l’ac­com­pa­gner dans la décou­verte du monde qui l’en­toure.

Durée : 44 min. • Sortie : 26 janvier