Le droit de vote est un droit univer­sel­le­ment reconnu qui appar­tient aux citoyens de toute démo­cra­tie.
Cepen­dant, il n’est pas ouvert à tous dans la stricte égalité. En effet, à chaque type d’élec­tion corres­pondent des règles parti­cu­lières.

Ainsi, un mineur n’a pas le droit de voter aux élec­tions muni­ci­pales, régio­nales ou prési­den­tielles, car il n’a pas la capa­cité juri­dique pour le faire. Mais il pourra voter dans le cadre insti­tu­tion­nel à divers niveaux.
D’abord dans sa ville si celle-ci a mis en place un conseil muni­ci­pal des enfants : une instance parti­ci­pa­tive qui donne la possi­bi­lité aux élèves de CM1 et CM2 (et parfois de CE2) de s’im­pliquer dans la vie de leur commune. Issus de diffé­rents quar­tiers et écoles de la ville, ils ont ainsi l’op­por­tu­nité de s’ou­vrir aux autres et de faire l’ex­pé­rience du vivre-ensemble. Après une campagne élec­to­rale menée dans leur école, les jeunes conseillers sont élus pour un mandat corres­pon­dant à une, deux ou trois années scolaires selon les muni­ci­pa­li­tés. Ils se réunissent au sein de commis­sions théma­tiques et de séances plénières prési­dées par le maire ou son adjoint en charge du projet.

Ils portent aussi la parole des enfants au conseil muni­ci­pal des adultes.
Le conseil muni­ci­pal des enfants existe dans un certain nombre de communes de la métro­pole lyon­naise, et devrait être instauré à Lyon d’ici 2024. Mais l’ins­tance existe déjà à l’échelle de l’ar­ron­dis­se­ment, dans les 1er, 3e, 5e et 8e.

Au collège aussi, les enfants sont amenés à voter, cette fois-ci pour élire les délé­gués qui porte­ront leur voix au conseil de classe. En amont de chaque conseil, ces repré­sen­tants des élèves leur distri­buent des fiches leur permet­tant de faire part de leurs obser­va­tions, de façon anonyme. Les délé­gués n’ont pas de voix déli­bé­ra­tive, mais ont une voix consul­ta­tive à porter. Le cas échéant, ils parti­cipent égale­ment au conseil de disci­pline.
Quel que soit leur mandat, les repré­sen­tants doivent faire preuve de sérieux et de convic­tion. Ils sont à l’écoute des autres, en recueillant leur avis lors de réunions avant d’éla­bo­rer un projet collec­tif. Ils doivent savoir prendre la parole et argu­men­ter en public, en prépa­rant à l’avance un discours.
Ils se préparent ainsi à deve­nir acteurs de la vie publique lorsqu’ils seront majeurs et des citoyens enga­gés.

Par Natha­lie Caron : avocate au barreau de Lyon et membre de la commis­sion de droit des mineurs.