Tendez l’oreille : B!me, la Bien­nale des musiques explo­ra­toires, revient sono­ri­ser la métro­pole lyon­naise avec son flot de concerts et d’ins­tal­la­tions. Parmi lesquels plusieurs propo­si­tions acces­sibles aux enfants.

De l’ex­pé­ri­men­tal à l’in­no­vant

Orches­trée par le Grame, Centre natio­nal de Créa­tion musi­cale, la Bien­nale des musiques explo­ra­toires convie diffé­rents artistes à jouer en live sur plusieurs scènes de la métro­pole lyon­naise et de la région. Jouer, c’est bien le mot, car cette musique dite de créa­tion expé­ri­mente et innove, à partir d’ins­tru­ments évidem­ment, mais aussi d’objets souvent bien éloi­gnés d’une salle de concert.

Surfant cette année sur le thème des « Archi­tec­tures invi­sibles », la Bien­nale dresse plus encore que d’ha­bi­tude des ponts entre la musique et d’autres disci­plines artis­tiques : la danse, le théâtre, les arts visuels… Vers 8–10 ans, les enfants aussi sont conviés à l’écoute de cette musique expé­ri­men­tale à travers des spec­tacles, qui sans être estam­pillés jeune public, leur sont acces­sibles.

Sans a priori ni pré-requis, ces jeunes spec­ta­teurs sauront sans doute appré­hen­der ces sons parfois perchés, dans tous les sens du terme. Sur certaines propo­si­tions, on n’est d’ailleurs pas très loin du piano-cock­tail de Colin, le héros mythique de L’Écume des jours.

Des concerts un peu marteaux

On conseillera donc aux jeunes oreilles d’al­ler faire un tour aux Subsis­tances, voir Deve­nir imper­cep­tible, du Lyon­nais Clément Vercel­letto. Ce musi­cien et metteur en scène propose un spec­tacle mi-instal­la­tion mi-perfor­mance, avec côté musique diffé­rents instru­ments de luthe­rie imitant le chant de l’oi­seau, et côté inter­pré­ta­tion une danseuse qui évoluera sur la scène recou­verte d’écorces de pin.

Des styles de musique variés

Ils pour­ront aussi vibrer devant Bougé Trem­blé, au Sucre : une créa­tion pour batte­rie et piano que les musi­ciens Ève Risser, plutôt jazz, et Guil­hem Meier, plutôt rock, ont augmen­tée d’objets aussi incon­grus qu’un marteau! Dans le même coin, le Péri­scope les accueille avec Cairns & Totem, un concert de musique de chambre néan­moins très ryth­mique grâce au mélange d’ins­tru­ments convoqués : de clas­siques clari­nette, guitare élec­trique et percus­sions mélan­gées aux tables de Babel et orgue à sirènes !

Enfin, à l’Au­di­to­rium, les enfants décou­vri­ront The Smell of blue elec­tri­city, concert d’es­prit techno qui asso­cie le rythme des percus­sions – parfois de simples usten­siles de cuisine – et de la musique créée en direct sur ordi­na­teur. En écho, ils pour­ront jeter un œil à l’ex­po­si­tion d’objets sonores de feu Peter Vogel, artiste cyber­né­tique alle­mand qui mixait ses connais­sances en élec­tro­nique et acous­tique avec sa sensi­bi­lité plas­tique.

Tran­sis­tors, petits moteurs et haut-parleurs côtoient des capteurs photo­sen­sibles et des capteurs de son qui réagissent au passage ou à la voix du spec­ta­teur en diffu­sant de la musique. Les plus grands des enfants (dès 12 ans), quant à eux, pour­ront pous­ser plus loin l’ex­pé­ri­men­ta­tion musi­cale en créant un instru­ment de musique élec­tro­nique en ligne pour smart­phone, au cours d’un atelier. Et B!me !

Infos pratiques

B!me, bien­nale des musiques explo­ra­toires. Du jeudi 10 au dimanche 27 mars. 

Deve­nir imper­cep­tible, les jeudi 17 et vendredi 18 mars à 20h, aux Subsis­tances, Lyon 1er. Durée : 1h. Tarifs : de 5 à 16 €. 

Bougé Trem­blé, le 21 mars à 19h30, au Sucre, Lyon 2 e . Durée : 1h15. Tarifs : 7 et 12 €. 

Cairns & Totem, le 23 mars à 21h, au Péri­scope, Lyon 2 e . Durée : 1h. Tarifs : 13 et 15 €. 

The Smell of blue elec­tri­city, le samedi 26 mars à 16h30 et le dimanche 27 mars à 14h30 à l’Au­di­to­rium, Lyon 3 e . Durée : 50 min. Tarifs : 8 €. Le même week-end : atelier « Deviens luthier numé­rique ». Tarif : 5€. Instal­la­tion d’objets sonores de Peter Vogel. Plus d’in­fos sur grame.fr

Article rédigé par Clarisse Bioud • Photo : Cairns & Totem © Othman Ouaiss