Prévue en 2020, la pièce Hansel, Gretel… co-produite par l’Opéra de Lyon, arrive en avril au théâtre de La Renais­sance. Son metteur en scène Samuel Achache, qui en a aussi coécrit l’adap­ta­tion, nous raconte comment il a travaillé avec les enfants de la Maîtrise de l’Opéra.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’adap­ter Hansel et Gretel?
C’est d’es­sayer de le racon­ter du point de vue des enfants, de regar­der le rapport qu’ils ont au conte, la façon dont ils se le racontent et la façon dont on pense qu’il faudrait le leur racon­ter… et voir comment on peut rigo­ler avec ça !

Rigo­ler… à partir d’une histoire parti­cu­liè­re­ment horrible !
C’est un conte horrible, mais quand il a été réécrit par Humper­dinck pour l’opéra à la fin du XIXe , il l’a été de façon très édul­co­rée et mora­li­sa­trice. En gros, on racon­tait une petite histoire aux enfants pour leur dire d’obéir à leurs parents. Alors que la réalité du conte est beau­coup plus cruelle ! On n’a pas voulu aller contre le livret, mais on a essayé de voir comment faire quelque chose d’un peu plus grinçant, en gommant le plus possible le côté bénioui-oui et en partant du point de vue des enfants.

Les rôles des père, mère et sorcière sont tenus par des adultes, les autres par les enfants de la Maîtrise de l’Opéra. Combien sont-ils sur scène et quel âge ont-ils ?
Il y a deux distri­bu­tions de 27 enfants et ils sont entre le CM2 et la Seconde. Les person­nages d’Hansel et Gretel sont joués par des solistes enfants.

Comment avez-vous travaillé avec eux?
Avec Sarah Le Picard, on a passé pas mal de temps à la Maîtrise pour leur deman­der de nous racon­ter leurs rêves, leurs cauche­mars, d’en inven­ter, de mélan­ger les vrais et les faux… À partir de là, on a écrit un prologue et une sorte d’ora­to­rio* des cauche­mars des enfants, puis on a ajouté des choses par-ci par-là.

*Ora­to­rio : forme lyrique, oratoire et musi­cale, qui met souvent en jeu des figures plutôt que des person­nages et qui ne raconte pas une histoire, mais déve­loppe un discours.

Quelle expé­rience cela a été de colla­bo­rer avec ces enfants artistes?
Il faut arri­ver en sachant parfai­te­ment ce qu’on veut. Mais c’est assez joyeux ! Il faut vrai­ment se mettre en confiance avec eux pour qu’ils osent tenter des choses. Ce sont tous des chan­teurs, mais quand il s’agit de faire du théâtre, il y en a qui sont moins à l’aise avec ça. Il faut trou­ver avec eux l’en­droit où ils vont pouvoir s’amu­ser. L’idée, c’est de les emme­ner dans une histoire commune et qu’ils aient le senti­ment que c’est leur spec­tacle.

Pourquoi ce titre Hansel, Gretel…, en forme d’énu­mé­ra­tion ?
Après Hansel et Gretel de Humper­dinck, puis l’adap­ta­tion de 1995 avec le titre Gretel et Hansel, j’en ai proposé une nouvelle où on a enlevé et ajouté des choses, réécrit la musique. Il a donc fallu trou­ver un autre titre. Cette énumé­ra­tion dit simple­ment que c’est Hansel, Gretel et les autres enfants. C’est un spec­tacle avec des enfants, pour les enfants, et qui parle d’en­fants.

Infos pratiques

Hansel, Gretel… le 9 avril à 19h, le 10 avril à 16h, le 13 avril à 19h, le 19 avril à 16h et à 20h et le 20 avril à 16h.
Théâtre de la Renais­sance, 7 rue Orsel, Oullins. Tél. 04 72 39 74 91. Durée : 1h20. Tarifs : de 5 à 26€.
thea­tre­la­re­nais­sance.com

Article rédigé par Clarisse Bioud et Louise Reymond • Photo d’ou­ver­ture : © Blan­dine Soulage