Que vous soyez passé à côté d’un film culte lors de sa sortie en salle ou que vous ayez envie de parta­ger un bon moment de cinéma avec vos enfants, la rubrique Mon ciné-club vous propose de (re)décou­vrir des films incon­tour­nables, faciles à déni­cher et à vision­ner en famille. Ce mois-ci : L’Ours, de Jean-Jacques Annaud, sorti en 1988.

Comme bien des contes, L’Ours de Jean-Jacques Annaud commence par une tragé­die. Affai­rée à trou­ver du miel, la mère du petit ours Youk, se retrouve ense­ve­lie sous un ébou­le­ment de roches, lais­sant son bébé orphe­lin. Livré à lui-même, l’our­son doit survivre, erre dans la nature sauvage de Colom­bie britan­nique, et finit par rencon­trer Kodiak Kaar, un autre ours adulte.

Une aven­ture pleines de péri­pé­ties

Ce dernier l’ac­cepte et le prend sous sa protec­tion, lui ensei­gnant la chasse et la pêche. Mais de nombreux dangers les guettent, notam­ment deux chas­seurs, Tom et Bill, qui dési­rent avoir la peau du nouveau tuteur de Youk. Tourné en 1987 dans des condi­tions météo­ro­lo­giques souvent compliquées, avec tous les impé­ra­tifs logis­tiques liés au dres­sage des animaux, L’Ours créa – comme chaque film de Jean-Jacques Annaud – l’évé­ne­ment à sa sortie, fort d’une média­ti­sa­tion entou­rant ce projet hors du commun dans l’in­dus­trie du cinéma français.

Grand succès popu­laire, atti­rant à l’époque plus de neuf millions de spec­ta­teurs français, et critique avec le César du meilleur réali­sateur à la clé, L’Ours a fait l’objet d’une restau­ra­tion par Pathé en 2013. L’oc­ca­sion pour une nouvelle géné­ra­tion d’en­fants et de ciné­philes de le décou­vrir dans un écrin qui fait honneur aux superbes prises de vue de Jean-Jacques Annaud et son équipe tech­nique.

Ours et hommes, tous acteurs 

Car plutôt que de réali­ser un docu­men­taire, et galva­nisé par son précé­dent succès La Guerre du feu, Annaud a vu grand en déci­dant d’adap­ter Le Grizzly de James Oliver Curwood dans un long-métrage de fiction qui réunit de véri­tables bêtes sauvages et deux acteurs prin­ci­paux, le Français Tchéky Karyo et l’Amé­ri­cain Jack Wallace.

Le film suit ainsi les péri­pé­ties du duo de quadru­pèdes se liant d’ami­tié au cœur des montagnes colom­biennes, dans une narra­tion qui ne lésine pas sur un anthro­po­mor­phisme assumé par ses auteurs. Le géné­rique, déjà, nous présente les animaux comme des « acteurs  » inter­pré­tant des person­nages, qui font des rêves la nuit ou hallu­cinent suite à l’in­ges­tion d’un cham­pi­gnon véné­neux, et qui évoluent tous selon une courbe drama­tique qui leur est propre.

« Un récit d’ap­pren­tis­sage, d’ami­tié et de survie (…) »

Toujours prompt à rele­ver les défis les plus fous – et parfois les plus onéreux –, Jean-Jacques Annaud a récem­ment porté à l’écran la tragé­die de l’in­cen­die de la cathé­drale de Paris dans Notre-Dame brûle, à l’af­fiche dans les salles depuis le 16 mars. De son côté, L’Ours est de retour sur certaines plate­formes de strea­ming. Le bon moment pour (re)décou­vrir cette fable huma­niste, aussi spec­ta­cu­laire qu’inti­miste, et qui fait la part belle à la vie animale, dans un poignant récit d’ap­pren­tis­sage, d’ami­tié et de survie au cœur d’une nature splen­dide.

Dès 8 ans, durée : 1h36

L’info en plus

Si la vedette du film est l’our­son Youk, surnommé La Douce par le cinéaste et son équipe de dres­seurs, douze oursons auront servi de doublures dans certaines séquences d’esca­lade ou de baignade.

Article rédigé par Thomas Périllon • Photo d’ou­ver­ture : © DR