Lancé ce mois-ci, Sablé-kids est un e-concept store rota­tif, qui vend des vête­ments et acces­soires de marques poin­tues de mode enfan­tine, neufs et de seconde main grâce à un programme de rachat inté­gré. Une manière plai­sante, stylée et raison­née d’ha­biller ses enfants.

L’œil pétillant sous sa mèche frisée, Morgane Millet Pelle­tier, 31 ans, a toujours voulu deve­nir entre­pre­neure. Mais elle le dit d’em­blée, c’est deve­nir maman il y a 3 ans qui «  lui a donné des ailes » pour concré­ti­ser sa voca­tion. Après avoir travaillé dans le conseil en stra­té­gie digi­tale, elle a fait une pause pour profi­ter de son bébé et réflé­chir au sens qu’elle voulait donner à sa vie. Plus son fils a grandi, plus elle a pris plai­sir à l’ha­biller. « J’adore la mode enfant ! déclare-t-elle de sa voix douce et posée. Grâce à lui, j’ai décou­vert plein de nouvelles marques, moi qui ne connais­sais que Zara, Kiabi ou H&M au tout début de ma mater­nité ! » Ces marques qu’elle admire, comme Bobo Choses par exemple, elle les achète neuves, mais aussi d’oc­ca­sion sur Vinted ou d’autres sites de seconde main.

Des marques premium pour les 1–8 ans

Petit à petit, l’idée fait son chemin de créer un site « permet­tant d’ache­ter des vête­ments et acces­soires pour enfants de 1 à 8 ans de marques premium sélec­tion­nées avec soin et, une fois qu’on en a profité, de les renvoyer pour être crédité de bons d’achat. » Toute l’an­née dernière, Morgane bâtit son projet, de Lyon Start up à l’in­cu­ba­teur d’en­tre­pre­neu­riat fémi­nin Les Premières, avant de rece­voir le soutien de la Région. Ainsi naît Sablé, dont le nom s’ins­pire d’un moment passé en famille sur la dune du Pilat, lorsque son petit garçon a soudain engouf­fré une poignée de sable dans sa bouche cernée de fossettes. « Et puis, le sable, c’est beige, j’adore cette couleur apai­sante, le sable c’est aussi un endroit où l’on se sent bien, un terrain de jeu ; Sablé c’est aussi un gâteau qu’on a tous mangé un jour… » détaille joyeu­se­ment la jeune femme. 

Du neuf et de la seconde main

Mais Sablé n’est pas tout, car s’y adosse Bouclé, le nom de ce programme de rachat proposé sur le site, clin d’œil à la cheve­lure ébou­rif­fée de Morgane et surtout à la boucle de l’éco­no­mie circu­laire qu’elle veut défendre : « Je veux donner la même chance aux articles neufs qu’à ceux de seconde main par le biais de Bouclé : après Sablé, c’est Bouclé ! » Sur le site, les gens peuvent donc ache­ter soit neuf, soit de seconde main, jusqu’à 40 % moins cher, et renvoyer des produits acquis sur Sablé ou ailleurs si tant est qu’ils figurent parmi la soixan­taine de marques accep­tées par Morgane. En outre, il faudra préci­ser s’ils sont « comme neuf », en « très bon état » ou en « bon état », ces critères d’éva­lua­tion permet­tant d’en fixer le prix.

Une scru­pu­leuse sélec­tion

Morgane se réserve le droit de refu­ser des pièces, en expliquant pourquoi à chaque fois, et impose que les renvois se fassent par lot de trois articles mini­mum. Les fameuses marques « premium » présentes sur Sablé-kids sont le fruit des heures de recherche que la jeune femme passe sur Insta­gram et de ses visites au salon pari­sien Play­time, dédié à l’uni­vers – chic – de l’en­fance. Sa sélec­tion repose sur plusieurs critères : «  l’em­preinte stylis­tique, le confort et la coupe over­size qui permet aux enfants d’être libres de leurs mouve­ments et de porter leurs vête­ments plus long­temps, souvent bien au-delà d’un an, les maté­riaux utili­sés et enfin, l’éthique de la marque. » «  Bien sûr que c’est impor­tant, mais je ne veux pas culpa­bi­li­ser les consom­ma­teurs. Chacun prend le temps, à son rythme, d’adop­ter de nouveaux modes de consom­ma­tion », souligne Morgane qui confie avoir elle-même fait sa dernière commande Zara il y a deux ans et demi, lorsque le scan­dale des Ouïghours a éclaté.

Des vête­ments et des acces­soires de mode, des jouets et des livres

La saison de mode esti­vale étant déjà bien enta­mée, Sablé-kids se lance avec 14 marques, mais elles seront 25 à la rentrée. Donna Wilson, Maison Tada­boum, Piupiu­chi­ck… très majo­ri­tai­re­ment choi­sies en Europe, elles comptent aussi la Coréenne Jelly Mallow et la Hong­kon­gaise Wander & Wonder, diffi­ciles à trou­ver en France. Toutes adhèrent à la démarche de Morgane : « Mine de rien, faire partie de cette circu­la­rité, c’est montrer que leurs habits durent ! Et puis le marché de la seconde main n’est pas à igno­rer :  il prend 12 % par an ! » En plus des habits, Sablé-kids propose des sacs Sticky Lemon et Jojo Factory, des jouets pour le bain comme ces adorables tortues Honu Play en filet de pêche recy­clé, ainsi que les livres de la collec­tion Mon Premier Livre d’art des éditions Phai­don.

Et bien­tôt des collec­tions capsules

Colla­bo­ra­tive et inspi­rée par d’autres femmes entre­pre­neures dans la mode enfant de seconde main, Morgane va les invi­ter à propo­ser des collec­tions capsules sur le site. Mais Sablé ne se limi­tera pas au web, puisque des pop-up stores seront aussi bien­tôt orga­ni­sés. La mode enfan­tine n’a donc pas fini de circu­ler.

Article rédigé par Clarisse Bioud • Photo d’ou­ver­ture : Marque Sticky Lemon, en vente sur Sablé-kids. © DR • Site : sable-kids.com