Quoi de plus magique après une jour­née de rando que de passer une nuit en refuge, en pleine nature ? En Haute-Maurienne, par exemple, dans le du Parc natio­nal de la Vanoise, le refuge du Fond d’Aus­sois, label­lisé Famille, permet de vivre cette expé­rience hors du commun, de juin à septembre.

Situé à 2390 mètres d’al­ti­tude, sous le massif de l’Échelle, le refuge du Fond d’Aus­sois peut être le cap d’une randon­née acces­sible dès l’âge de 5 ans, depuis le barrage de Plan d’Amont. C’est l’en­droit où garer sa voiture, lorsqu’on arrive du village d’Aus­sois (à 2h45 de Lyon).

Partir de beau matin

Comme le conseille David Savoye, accom­pa­gna­teur en montagne et direc­teur du Comité de Savoie des clubs alpins et de montagne : « Mieux vaut partir tôt, dès 9h, surtout quand il fait très chaud et que des orages sont annon­cés, ce qui est fréquent en juillet. » D’ailleurs, il insiste sur la néces­sité d’étudier la météo en amont, celle du ciel, mais aussi notre « météo person­nelle » : « Deman­der à chaque membre de la famille comment il se sent avant de partir va permettre d’adap­ter le trajet, dans sa durée ou sa diffi­culté.  »

S’as­su­rer que toute la famille est en forme

Ce point météo sera d’ailleurs effec­tué plusieurs fois en cours de rando, pour recti­fier le tir en cas de coup de mou. Préci­sion impor­tante, avec les enfants : quand au barrage le panneau affiche 1h05 pour rejoindre le refuge du Fond d’Aus­sois, « il faut multi­plier cette durée par deux, voire deux et demi !  » Ce n’est pas seule­ment à cause de leurs petites jambes, mais aussi parce que, bien plus obser­va­teurs que les adultes, ils s’ar­rêtent souvent pour scru­ter un ver de terre ou lever le nez en enten­dant le chant d’un oiseau. Ne pas oublier les jumelles pour encore mieux obser­ver et moti­ver les troupes !

En avant toute dans le Parc de la Vanoise!

C’est donc au rythme des plus jeunes, « en les faisant marcher devant », qu’on entame la rando, sur le large sentier qui longe les lacs du barrage à main droite et passe à côté de rhodo­den­drons et de pins cembro, vieux de 600 ans. Rapi­de­ment, un panneau annonce l’en­trée dans le Parc natio­nal de la Vanoise. C’est la promesse de voir « une montagne qui vit », sourit David Savoye, avec une diver­sité de fleurs incroyable, des oiseaux tels que l’aigle royal ou le gypaète barbu (espèce de vautour) et pas mal de marmottes qui se dorent la pilule sur leurs rochers.

On croise aussi des petits torrents, mais atten­tion de ne pas y remplir sa gourde, car l’eau peut être porteuse de mala­dies si, plus haut dans la montagne, un animal y a trouvé la mort. On fran­chit le pont de la Sété­ria pour longer le ruis­seau jusqu’à aper­ce­voir la petite chapelle de Notre-Dame des Anges et, derrière, le refuge du Fond d’Aus­sois, au fond d’une prai­rie où paissent moutons et vaches. Selon la météo, on peut alors faire la pause casse-croûte ou si l’orage menace, rejoindre le refuge.

Dormir au refuge

Le gardien indique dans quel dortoir dormir. Les sani­taires communs permettent de prendre une douche. On peut ensuite bouqui­ner, jouer à l’un des jeux de société mis à dispo­si­tion ou ressor­tir pour grim­per un peu plus haut derrière le refuge et décou­vrir quelques névés et sans doute des bouque­tins. Le soir vers 19h, est servi un repas commun et consis­tant, cuisiné à partir de produits locaux. L’oc­ca­sion de rencon­trer d’autres familles en vadrouille, et des alpi­nistes. Bon à savoir : « D’une année à l’autre, l’en­nei­ge­ment est très variable à cette alti­tude, note David Savoye. Et en montagne, il peut neiger chaque mois de l’an­née !  » Il recom­mande donc d’in­ter­ro­ger le gardien du refuge en amont du séjour et, sur place, sur la prati­ca­bi­lité de l’itiné­raire envi­sagé le lende­main.

Petit-déjeu­ner devant les marmottes

Si après une telle jour­née tout le monde sombre rapi­de­ment dans le sommeil, on conseille les boules Quies aux adultes, car certains randon­neurs se lèvent avant l’aube pour partir à l’as­saut des sommets ! Servi tôt, le petit-déjeu­ner permet d’ad­mi­rer le lever du soleil sur le cirque de montagnes et de voir jouer les marmottes au pied de la terrasse. Des images inou­bliables avant de quit­ter le refuge, pour conti­nuer l’aven­ture monta­gnarde ou redes­cendre vers le barrage, avec un déli­cieux pique-nique concocté par le gardien.

Infos pratiques sur le refuge

Refuge du fond d’Aus­sois. 5 dortoirs de 8 à 10 places. Tarifs ½ pension (nuitée, dîner et petit-déj) : 54 €/adulte, 8 € /enfant 0–4 ans, 17 € /4–8 ans, 35,75 € /8–13 ans, 42,75 € /13–18 ans. Pique-nique : 10 €. Réser­va­tion obli­ga­toire au 04 79 20 39 83. refu­ge­fond­daus­sois.ffcam.fr
Randon­née avec un accom­pa­gna­teur en montagne : 200 à 250 €/jour (possi­bi­lité de se regrou­per à plusieurs familles).
Infos auprès de l’Of­fice du tourisme d’Aus­sois, qui délivre la brochure Refuges en famille (36 refuges acces­sibles en Savoie Mont-Blanc) : 04 79 20 30 80. https://www.haute-maurienne-vanoise.com/

© C.B.
© C.B.

L’in­dis­pen­sable d’une famille en rando

• De bonnes chaus­settes et des chaus­sures adap­tées à la marche (avec des cram­pons!)
• Des vête­ments adap­tés à la météo, qui peut être très contras­tée dans la même jour­née : casquette, lunettes de soleil (CAT 3), bonnet, gants, tour du cou, panta­lon et short, T-shirt en matière respi­rante (pas de coton), polaire, veste imper­méable.
• Un sac à dos/personne (10 à 20 L/enfant, 30 à 40 L/adulte) avec sangles ventrale et dorsale (+sac poubelle de 50 L pour la pluie).
Crème solaire
• Une gourde 1L/personne et encas (graines, barres de céréa­les…)
• Un pique-nique
• Carte IGN, jumelles et bous­sole.
• Pour la nuit au refuge : petit néces­saire de toilette, drap de couchage et taie d’oreiller (couette et oreillers four­nis), fron­tale. Duvet décon­seillé : trop chaud et trop encom­brant.

Article rédigé par Clarisse Bioud • Photo d’ou­ver­ture : Le refuge du Fond d’Aus­sois © Baptiste André