Évasion garan­tie devant ce film de Byam­ba­su­ren Davaa, sorti en 2005 : l’his­toire d’une petite fille et de sa famille, au cœur des steppes mongoles, boule­ver­sée par leur rencontre avec un chien aban­donné. Par ses paysages loin­tains, son rythme et sa poésie, Le Chien jaune de Mongo­lie offre à toute la famille un rendez-vous en terre incon­nue.

Trom­pant les fron­tières entre le docu­men­taire et la fiction, Le Chien jaune de Mongo­lie suit le quoti­dien d’une famille mongole, qui compte trois enfants, au cœur de la steppe. La réali­sa­trice Byam­ba­su­ren Davaa propose ainsi de décou­vrir leur culture et leur mode de vie, dans un cadre natu­rel sauvage, aussi beau qu’im­pi­toyable, où ils vivent et survivent modes­te­ment. Dans un récit d’une grande simpli­cité, où chaque prota­go­niste incarne son propre rôle, le film offre un dépay­se­ment absolu à mille lieues de la société de consom­ma­tion – qui n’ap­pa­raît que subrep­ti­ce­ment, par le biais d’une passoire en plas­tique.

La rencontre d’une fillette et d’un chien aban­donné

La jeune Nansal, une fillette de six ans, rentre de la ville où elle suit une scola­rité presque normale en tant que pension­naire. Elle revient pour les vacances afin d’ai­der ses parents qui élèvent des chèvres et confec­tionnent des fromages. Lorsqu’elle se prend d’af­fec­tion pour un chien aban­donné et décide de le recueillir, un conflit appa­raît entre elle et son père, super­sti­tieux. Ce dernier lui intime de s’en débar­ras­ser, crai­gnant qu’il n’at­tire des loups vers le trou­peau.

Culture mongole et foi boud­dhiste

La dimen­sion person­nelle du film apporte un indis­cu­table supplé­ment d’au­then­ti­cité. En effet, la cinéaste s’est forte­ment inspi­rée de sa propre enfance pour bros­ser le person­nage de Nansal, qu’elle suit dans ses jeux et ses tâches quoti­diennes. Elle intègre égale­ment une part de la spiri­tua­lité qui imprègne la culture mongole, avec une grande consi­dé­ra­tion pour les cycles de la vie. La foi boud­dhiste et la réin­car­na­tion y trouvent bien évidem­ment leur place, mais aussi le cycle de la nature, qui se trans­forme et offre aux humains ses éléments pour de multiples usages : les bouses séchées servent de combus­tible, le lait des animaux les nour­rit et devient un gagne-pain, la peau des moutons est tondue puis vendue.

Une nature omni­pré­sente et géné­reuse

L’ani­mal est au centre de leur vie, la nature une offrande. Au gré des saisons qui changent et reviennent, leur vie s’or­ga­nise, jusqu’à ce qu’ils soient conduits à démon­ter leur yourte pour trou­ver une nouvelle terre.
Poétique et d’une grande beauté, Le Chien jaune de Mongo­lie nous invite en terre incon­nue, à la rencontre d’une civi­li­sa­tion dont la vie d’une grande simpli­cité et d’un grand respect pour les vivants amène à recon­si­dé­rer l’es­sen­tiel.

Décou­vrez la bande annonce du Chien jaune de Mongo­lie

L’info en plus: Les acteurs de la famille Batchu­lun forment une véri­table famille dans la vie. La réali­sa­trice a tenu à demeu­rer au plus proche de leur réalité, ne leur donnant que quelques indi­ca­tions narra­tives et drama­tur­giques, comme le conflit entre le père et sa fille, ou l’épi­logue qui crée un certain suspens et décuple la portée émotion­nelle du récit.

Le Chien jaune de Mongo­lie, de Byam­ba­su­ren Davaa. Dès 7 ans. Durée: 1h33.


Par Thomas Périllon – Photo d’ou­ver­ture: © DR