Pourquoi avez-vous décidé de vous unir pour concevoir le calendrier 1001 façons de s’engager ?
Clémence : La transition écologique n’est pas un sujet très porté en ce moment dans les médias avec tout ce qu’il se passe. Or, il y a de plus en plus besoin de donner à voir comment s’engager car on sait qu’il y a des envies d’agir, mais que ce n’est pas toujours facile de faire ses premiers pas. On a donc travaillé ensemble pour faciliter le repérage d’événements à Lyon qui sont des portes d’entrée dans l’action.
Justine : Les personnes sensibles à l’écologie sont interpellées par ce qu’il se passe à l’échelle nationale et internationale. C’est important qu’elles trouvent des lieux où retrouver des pairs et agir, car c’est le meilleur remède à l’éco-anxiété. Or, à Lyon et alentour, il se passe plein de choses.
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Pourquoi un calendrier ?
Justine : Cela permet de balayer en un coup d’œil les grands événements qui auront lieu toute l’année comme le Greener Good Festival ou le festival Agir à Lyon. On y retrouve aussi quatre défis à relever chaque saison sur les thèmes de l’énergie, l’alimentation, l’eau et la consommation.
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Ils correspondent aux principaux secteurs qui impactent le climat. Si on regarde le bilan carbone d’un Grand-Lyonnais, la consommation est le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre. Pour le défi hiver, l’ALEC invite notamment à baisser sa consommation d’énergie en identifiant chez soi les postes les plus gourmands.
Clémence : Chaque défi se compose de mini-challenges qu’on découvre en scannant le QR code du calendrier et en s’inscrivant en équipe au défi. Ce calendrier est un outil complémentaire aux guides qu’on a pu éditer. On voulait quelque chose de pratico-pratique qui soit très lisible. C’est quelque chose qu’on peut aimanter au frigo de la cuisine et qui permet, en un regard, de voir que le Salon Primevère aura lieu ce week-end.

Ne sont-ce pas là de simples écogestes ?
Justine : Notre but n’est pas de dire aux gens qu’il faut couper l’eau chaude sous la douche, mais de montrer qu’un mouvement est en cours et que tout le monde peut y trouver sa place. Ces événements et ces défis sont des portes d’entrée dans des formes d’engagements variés : lorsqu’on rencontre des gens sur les festivals, on les oriente vers des associations qui correspondent au type d’actions qu’ils veulent mener et d’impacts qu’ils souhaitent avoir.
Pour le défi sur l’alimentation, le but est de soutenir une agriculture bio. On invite donc à aller visiter une ferme paysanne pour rencontrer un agriculteur, puis on envoie un poster qui recense tous les lieux où consommer bio à Lyon et qu’on peut accrocher dans son hall d’immeuble, à son travail… En participant au défi, la personne va peut-être changer sa manière de consommer. Mais elle va surtout être outillée pour partager ces enjeux autour d’elle.
Clémence : Avec ces défis, on vient doter les habitants d’une meilleure compréhension des enjeux et de moyens pour passer d’actions individuelles à une dimension collective plus impactante. Car le défi, on ne le fait pas seul ; il est ponctué de temps de rassemblement où on va rencontrer d’autres personnes.
Ce sont donc des défis qu’on peut relever en famille...
Clémence : Tout à fait. Sur nos festivals, il y a toujours des espaces qui leur sont dédiés, qui permettent aux parents de rencontrer des acteurs de la transition écologique. Et les actions bénévoles sont souvent calibrées pour être family friendly. Ce sont des moments joyeux, positifs et émancipateurs. Et une façon de sensibiliser les enfants sans générer d’éco-axiété.
Justine : On voit beaucoup de gens qui vivent leur engagement en famille. Visiter une ferme, c’est chouette, et voir ses parents s’épanouir dans quelque chose de collectif, ça me semble important. Beaucoup de personnes sont aussi portées par leur émerveillement face à la nature qu’ils veulent partager avec leurs enfants.
Cet amour-là, vécu en famille, est encore plus grand et porteur. Notre enjeu en tant qu’association est de montrer que l’écologie est désirable et que s’engager, c’est aussi passer de chouettes moments avec des personnes qui partagent nos valeurs.
De nombreux reculs en matière d’écologie marquent l’actualité. Que dire à celles et ceux qui se découragent ?
Clémence : C’est en effet démoralisant à plein d’endroits. Mais attention à l’infobésité qui est prégnante. Il faut savoir débrancher pour venir se connecter au terrain où l’on s’informe des bonnes initiatives qui existent et où on prend conscience que des choses vont aussi dans le bon sens.
Lorsqu’on participe à un festival comme Greener Good, on rencontre des gens, on se redonne du courage, on identifie les endroits où notre action va faire la différence… Ça permet de reprendre un peu prise sur le cours des choses.
Justine : Il ne faut pas diminuer le recul actuel. Supprimer l’Agence bio, ça n’a aucun sens. Au contraire, il faut plus que jamais encourager l’agriculture biologique.
Mais il y a aussi beaucoup de victoires, éclipsées par les mauvaises nouvelles. Par exemple, il n’y a jamais eu aussi peu de pollution de l’air à Lyon. Avant, il y avait cinq fois plus de pics de pollution ; depuis trois ans, ça baisse, notamment grâce à la modernisation des poêles à bois, à la ZFE*… Pas de fatalisme, c’est justement maintenant qu’il faut y aller et on est chacun en capacité d’influer.
1001 façons de s’engager près de chez moi. À retrouver pendant les festivals Agir à Lyon, Greener Good festival, Entre Rhône et Sâone, Salon Primevère et sur maison-environnement.fr
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