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Spécial VOD : des films dont le héros est un enfant

Publié le 18/07/2025
Quelle meilleure histoire pour un enfant que celle qui lui est racontée par ses pairs? Grains de Sel a sélectionné sur les plateformes cinq productions cinématographiques dont les narrateurs sont des enfants. Elles invitent à découvrir le monde à travers leur regard, empreint de poésie, d'humour ou d'une étonnante lucidité.

Samuel

Série animée Samuel d'Emilie Tronche
Samuel, série animée d’Emilie Tronche © DR

C’est dans son journal intime que Samuel raconte les moments qui ont marqué sa journée. Le petit garçon de 10 ans est en CM2, et son plus gros secret, c’est d’être amoureux de la grande Julie. Personne ne doit le savoir! Feuilles Diddle, tchatche sur MSN et chansons d’ABBA…: l’histoire se passe en 2006. Mais si la série agit comme une madeleine de Proust pour les générations des années 90, elle fait mouche également auprès des enfants d’aujourd’hui.

Car le quotidien de Samuel est semblable au leur, entre goûter d’anniversaire, jeux dans la cour de récréation, bus à la sortie de l’école, chamailleries, premiers tourments amoureux et premiers chagrins… Sensible, drôle et émouvante, la série célèbre l’enfance à travers les yeux d’un personnage extrêmement touchant. Son truc à lui, quand il a un trop plein d’émotions, c’est de danser. Fluide et élégante à la manière d’une chorégraphie, l’animation 2D esquisse des traits noirs sur un fond blanc. C’est l’oeuvre de l’illustratrice et réalisatrice française Émilie Tronche, qui a souhaité représenter l’enfance comme elle la voyait. Bien lui en a pris car Samuel a fait un carton sur Arte cet hiver, suscitant son adaptation en roman graphique en mai 2025.

Samuel, d’Emilie Tronche. Série d’animation. 21 épisodes de 3 à 6 minutes. Dès 7 ans.

La gloire de mon père

La gloire de mon père, d'Yves Robert
La gloire de mon père, de Yves Robert © DR

Retour dans le passé avec le jeune Marcel Pagnol, alors âgé de 8 ans, qui raconte sa découverte de la Provence, lors des grandes vacances de l’été 1904. Originaire de la ville de Marseille, fils d’un père instituteur et d’une mère couturière, il tombe amoureux de cette région enchantée par le son des cigales. Là-bas, il fait la connaissance d’un jeune villageois nommé Lili, qui connait le pays comme sa poche, et avec lequel il arpente la garrigue.

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Ce film familial, empreint de la joie de l’enfance et d’un brin de nostalgie, est l’adaptation par Yves Robert du premier roman de trois tomes autobiographiques de Marcel Pagnol, publiés en 1957. Ces souvenirs d’enfance à la fois réels et romancés, ont connu un grand succès en France, dès sa sortie. Cet été, c’est le moment ou jamais de (re)découvrir ce long-métrage lumineux, qui donnera envie de gambader dans les champs… et de passer de prochaines vacances en Provence !

La gloire de mon père, d’Yves Robert. Durée: 1h51. Dès 7 ans.

Lire aussi sur Grains de Sel : Amélie et la métaphysique des tubes, première et enchanteresse adaptation du roman au cinéma

Peut-être des éléphants

Peut-être des éléphants Torill Kove
Peut-être des éléphants, court-métrage animé de Torill Kove © DR

Torill est une des trois filles ados d’une famille canado-norvégienne. Sa mère, éternelle insatisfaite, ressent parfois d’étranges et désagréables sensations qui la poussent à sortir de sa zone de confort et donc à partir… loin. Le court-métrage relate alors l’échappée de cette famille qui quitte la Norvège pour aller vivre trois ans au Kenya, dans les années 70.

L’illustratrice norvégienne Torill Kove a puisé dans ses souvenirs d’enfance pour raconter ce fragment de vie, insolite. La douceur poétique et colorée des dessins en 2D s’accompagne d’une réflexion sur la fiabilité des souvenirs d’enfance. Car si Torill se rappelle avoir aperçu sa mère chasser un troupeau d’éléphants d’un « oust » virulent au cours de l’une de leurs escapades dans la savane, ses deux sœurs en gardent, elles, des souvenirs bien différents.

Peut-être des éléphants, de Torill Kove. Court-métrage d’animation. Durée: 17 min. Dès 9 ans.

Persepolis

Persepolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
Persepolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud © DR

En Iran, en 1979, Marjane a 8 ans. Le Chah, le monarque qui dirige alors le pays, s’apprête à tomber, renversé par la révolution islamiste. Marjane grandit et raconte la vie qu’elle mène de son enfance à l’âge adulte, sous la dictature mise en place et ses mesures de plus en plus opprimantes. Des jeux d’enfants aux premières cigarettes, aux premiers poils et aux soirées interdites, Persepolis réussit à mêler l’histoire d’un pays avec le vécu intime d’une jeune fille qui tant bien que mal cherche à s’émanciper.

Ce film d’animation est l’adaptation fidèle, en noir et blanc, des quatre tomes de la bande dessinée autobiographique de Marjane Satrapi, parus entre 2000 et 2003. L’autrice a d’ailleurs participé à sa réalisation aux côtés de Vincent Paronnaud. Une récit à la fois édifiant et plein d’humour, dans lequel une réflexion de la grand-mère bien aimée de Marjane résonne encore aujourd’hui pour tous les ados, quel que soit leur genre : « Dans ta vie tu rencontreras beaucoup de cons. S’ils te blessent, dis-toi que c’est la bêtise qui les pousse à te faire du mal, ça t’évitera de répondre à leur méchanceté. Car il n’y a rien de pire au monde que l’amertume et la vengeance. Reste toujours digne et intègre à toi-même. »

Persepolis, de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi. Film d’animation. Durée: 1h37. Dès 11 ans.

La mafia tue seulement l’été

Série La mafia tue seulement l’été, réalisée par Luca Ribuoli © DR

En 1970, Salvatore a 10 ans et habite en Sicile. Chaque jour, il consigne dans son cahier une quantité innombrable de questions qui commencent toutes par « Pourquoi ». Des interrogations qui révèlent innocemment l’influence de la mafia sur la vie des habitants de Palerme. Épisode par épisode, on suit donc les aléas du quotidien de Salvador et de sa famille.

Entre les aventures avec ses copains, les ambitions professionnelles de ses parents et les péripéties de sa grande soeur féministe, Salvatore entretient une réflexion sur la présence de la mafia sicilienne en 70. Si son histoire relève de la fiction, elle repose en partie sur des témoignages de Palermitains ayant vécu à cette période. La Cosa Nostra, surnommée « La Pieuvre » en raison de sa capacité à s’infiltrer dans tous les milieux, exerçait alors une influence considérable. La décennie fut aussi marquée par de nombreux assassinats.

La série, adaptée du film éponyme de 2013, rend compte de cette période, mais de manière tragi-comique, à travers les yeux d’un enfant attachant. A regarder en V.O sous-titrée pour plus d’immersion !

La mafia tue seulement l’été, de Luca Ribuoli. Série saison 1: 12 épisodes de 52 minutes environ. Dès 12 ans.

Par Eva Sztupecki

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Série Samuel Emilie Tronche Arte
Samuel, série animée d'Emilie Tronche © DR

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