Antillais, Jean-Gabriel (Lucien Jean-Baptiste, lui-même) vit en banlieue parisienne avec son épouse, métropolitaine, et leurs trois enfants. Looser sur les bords, il passe le plus clair de son temps au PMU à jouer le peu d’argent qu’il gagne en enchaînant les petits boulots. Un soir au dîner, il promet à sa fille des vacances au ski… avant que sa femme, plus réaliste et fatiguée de son comportement, ne lui remette les idées en place. Et comme Jean-Gabriel lui tient tête, elle lui pose un ultimatum : s’il ne tient pas sa promesse, elle le quittera.
Le père de famille va donc devoir faire preuve d’imagination pour mener à bien son projet et affronter un milieu alpin qui lui est peu familier. D’autant que sa mère, l’intrépide et intraitable Bonne Maman, interprétée par la géniale Firmine Richard, fait partie du voyage !
Déboires conjugaux et préjugés racistes font boule de neige
De cette idée simple naît une comédie efficace, construite sur le choc des cultures et des milieux sociaux, notamment à travers la rencontre entre la famille banlieusarde d’origine antillaise et le couple qui leur loue un chalet et dont la femme tient des propos clairement racistes. Le film s’inscrit dans la tradition française de la comédie de vacances, où le déplacement géographique révèle des tensions intimes, conjugales et filiales. La montagne, espace blanc et codifié, agit comme un miroir qui reflète les fêlures des personnages.
Jean-Gabriel incarne un père fier mais dépassé, dont la volonté de bien faire se heurte à ses contradictions. La dynamique de cette famille peut d’ailleurs rappeler celle des Simpson, avec Jean-Gabriel en Homer et Suzy, la mère qui porte toute la charge mentale du ménage, en Marge.
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Une comédie qui se moque un peu de tout le monde
La Première étoile aborde en outre les questions complexes en France du racisme et de l’immigration, mais sans être moralisateur. On se moque un peu de tout le monde… mais parfois un peu trop, flirtant avec le stéréotype. Le film touche cependant au coeur du spectateur lorsqu’il montre comment les enfants de Jean-Gabriel se heurtent aux premières discriminations raciales de leur vie. Telle cette séquence où Bonne maman surprend sa petite fille Manon qui tente vaille que vaille de se lisser les cheveux, avant de se produire sur la scène d’un concours de chant. Un geste auquel beaucoup de petites filles noires de 2026 pourront s’identifier, alors que le racisme reste d’actualité en France.
L’info en plus sur le film : Au départ, Lucien Jean-Baptiste voulait seulement jouer dans le film … Convaincu par sa productrice de le réaliser, il en a également écrit le scénario inspiré de son adolescence. Bien lui en a pris puisque La Première étoile a remporté le Grand Prix du Jury et le Prix du Public au Festival International de Comédie de l’Alpe d’Huez en 2009.
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La Première étoile, de et avec Lucien Jean-Baptiste. Avec aussi Firmine Richard, Anne Consigny, Bernadette Lafond, Michel Jonaz… Durée : 1h30.
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