Son regard bleu-vert fait chavirer le cœur des visiteurs. Sous ce qu’il reste de son pelage de bébé, elle commence a avoir l’allure majestueuse de sa mère. Zeïa, petite panthère de l’Amour, est née en août 2024 au Parc animalier d’Auvergne. Une naissance exceptionnelle, la première en Europe depuis plus d’un an, pour cette espèce qui compte moins de cent individus à l’état sauvage.
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Classée « en danger critique d’extinction » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), elle fait l’objet d’un programme de reproduction européen (EEP). C’est au sein de tels programmes que 355 zoos en Europe coopèrent pour organiser les naissances en captivité. L’objectif : assurer une population génétiquement saine qui puisse un jour être réintroduite dans son milieu naturel.
Un parc 100 % dédié à la conservation des espèces d’ici 2028
Outre la panthère de l’Amour, le Parc animalier d’Auvergne participe à de nombreux EEP : pandas roux, panthères des neiges, girafes, zèbres… Et ambitionne de devenir le premier parc zoologique au monde dédié à 100% aux espèces menacées, « pour qu’il y ait un sens à avoir des animaux en captivité », témoigne la directrice du parc Marie Demoulin.
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Dans 45 hectares arborés, il héberge à ce jour 350 animaux de 60 espèces menacées, dont plus de 80% font partie d’EEP. Ici, les visiteurs peuvent observer les gazelles de Mohrr qui partagent leur enclos avec les oryx, un fourmilier géant, des loups du Canada, un troupeau de dik-dik – des antilopes naines pas plus hautes qu’un chien –, l’impressionnante panthère des neiges, avec sa large tête… Et, comme posant pour la photo de famille, le lion et les deux lionnes d’Afrique, avec leurs deux lionceaux nés en mars 2025.

Loin de l’agitation des zoos de villes, le parc est une véritable promenade nature dans un cadre paisible et préservé, perché à 750 mètres d’altitude avec vue sur le massif du Cézallier. Les enclos s’intègrent parfaitement dans le paysage, si bien qu’on oublierait presque que nous sommes au zoo. Rien n’empêche les gibbons de prendre la tangente si ce n’est le bras d’eau qui les sépare du sentier des visiteurs.
Des enclos d’immersion accueillent même ces derniers parmi les cerfs sika du Vietnam, les bouquetins des Alpes ou encore dans « la Forêt des lémuriens ». Quelle drôle et joyeuse impression de voir passer à côté de soi une file indienne de Maki catta, ou bien d’apercevoir en levant la tête un trio de lémurs couronnés qui disputent la branche à un vari roux.
Il faut bien prévoir trois heures de visite tant on se plaît à flâner dans ce calme cadre et à contempler ces animaux étonnants. D’autant plus que le parc regorge de panneaux pédagogiques expliquant les missions de conservation du parc et rappelant les menaces qui pèsent sur chaque espèce.
Protéger et réintroduire
« On ne peut pas faire de conservation des espèces en parc animalier sans soutenir les actions de protection dans leur milieu naturel, pointe Marie Demoulin. Pour nous, c’est indissociable. » Via le fonds Play for Nature, le parc soutient financièrement des associations qui œuvrent partout dans le monde pour la protection des animaux, comme le programme Big Life Foundation qui travaille avec les Massaï à la protection du lion d’Afrique.

Mais aussi de plus petites associations qui ciblent des espèces moins connues comme le binturong aux Philippines ou le panda roux. Sur chaque billet d’entrée, 1,50 euro va à Play For nature ; 3 euros sur les activités – Soigneur d’un jour, Vétérinaire d’un jour, Colonie et camp soigneur animalier, rencontre privilège… Cette année, le parc dépassera le million d’euros reversés depuis 2013.
Et espère bien réintroduire certains de ses pensionnaires en 2028. « Pour l’instant nous n’avons pas réintroduit d’espèces, indique la directrice. On était bien avancé pour la panthère de l’Amour en Russie, mais le contexte géopolitique fait qu’on a dû stopper le projet. Même si elle est complexe, la réintroduction reste notre horizon. » Peut-être les descendants de Zeïa retrouveront-ils un jour leurs natales montagnes Sino-Russes, où coule le fleuve Amour.
On dort où ?
Racheté et rénové par le Parc animalier d’Auvergne en 2024, le Manoir des Rêves Sauvages accueille les visiteurs à 30 minutes du zoo dans un joli cadre trois étoiles. Un tel silence est rare, seulement peuplé du chant des oiseaux. Idéal pour passer une bonne nuit dans un large lit au sein de charmantes chambres, décorées dans un style romantique et d’une grande peinture de l’artiste Sandro à l’effigie du tigre, du panda roux, du cerf de Thorold… Les familles y seront bien installées dans les chambres pour quatre (deux lits doubles). Attention, il n’y a pas de restaurant, mais les équipes sauront vous indiquer les bonnes adresses du coin et servir un copieux petit déjeuner. De quoi s’offrir un plaisir en faisant une bonne action : 5 % du chiffre d’affaire du manoir sont reversés au fonds Play for nature.
Parc Animalier d’Auvergne, route d’Anzat, Ardes-sur-Couze. Ouvert de février à décembre y compris les jours fériés. Tarifs : 28,50 € pour les adultes et 21,50 € pour les enfants (-10 ans) en saison haute (jusqu’au 31 août), gratuit pour les -3 ans. Tél : 04 73 96 77 25. Manoir des Rêves Sauvages***, 29 route des pradeaux, Parentignat. Tarifs : 200 €/ nuit pour 4 pers. [email protected] / 06 07 49 21 32. reves-sauvages.fr
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