La situation géopolitique s’enflamme. Alors, plus que jamais cette saison, le musée d’art contemporain de Lyon nous intime d’observer le monde, dans la diversité de ses territoires mais surtout des peuples qui l’habitent. Ainsi, l’Histoire se colore de récits personnels, à travers le regard d’artistes qui viennent l’illustrer ou la remettre en cause, en tout cas l’humaniser et susciter chez nous questionnement et empathie.
La première des deux nouvelles expositions du musée s’étale sur deux étages. Co-construite avec le MoCAB, musée d’art contemporain de Belgrade, Histoires personnelles / Réalités politiques présente une centaine d’œuvres (peintures, photos, vidéos, installations…) choisies dans les collections de l’institution serbe et du MAC pour dialoguer et refléter depuis les années 60 jusqu’à nos jours l’évolution de nos sociétés.
Par son propos éminemment politique, marqué par la guerre en ex-Yougoslavie, et plusieurs œuvres visuellement impressionnantes, l’exposition n’est pas accessible aux enfants de moins de 11 ans, sauf à opter pour la visite guidée spécifique concentrée sur un parcours légendé de cartels à leur hauteur.
L’exposition de deux âmes sœurs: Rajni Perera et Marigold Santos
Ce type de cartels accompagnent aussi la belle Efflorescence / Tel est notre éveil, au 3e étage. On y découvre le travail personnel et à quatre mains des artistes canadiennes Rajni Perera et Marigold Santos, respectivement originaires du Sri Lanka et des Philippines, deux pays longuement colonisés. Se considérant comme des âmes sœurs, les deux femmes, à peine quadragénaires, partagent une expérience commune de l’immigration, vécue alors qu’elles étaient enfant, et de la maternité.
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Questionnant leur identité qui s’est construite entre deux pays, elles ont toutes deux ressenti la nécessité de se replonger dans l’histoire et la culture sri-lankaises et philippines, qui ont en commun une forte dimension spirituelle et une mythologie foisonnante. Utilisant aussi le bien le dessin, que la peinture, la sculpture, le tissage et même, pour Marigold Santos, le tatouage, elles puisent dans ces légendes ancestrales pour représenter des créatures chimériques pas forcément maléfiques comme ont pu le colporter les peuples colonisateurs de leurs terres natales.
Fragilité et puissance des personnes émigrées
Ces gracieuses silhouettes, parées de vêtements, masques, talismans et végétaux, apparaissent le plus souvent fragmentées. Pour les artistes, ce sentiment de fragmentation propre aux personnes issues d’une diaspora, suscite en elles une fragilité mais aussi de l’empouvoirement. Et c’est cet équilibre que l’on perçoit dans l’exposition, entre délicatesse et puissance féminine, tradition et modernité.
En se réappropriant leur histoire, Rajni Perera et Marigold Santos redonnent dignité à leurs ancêtres et réparent le passé. Elles y trouvent une résilience qui les amène à imaginer un futur juste et inclusif, respectueux des êtres vivants dans leur ensemble.

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Histoires personnelles / Réalités politiques (dès 11 ans). Efflorescence / Tel est notre éveil (dès 6 ans). Musée d’Art Contemporain, Cité internationale, 81 quai Charles de Gaulle, Lyon 6e. Tél. 04 72 69 17 17. Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 18h. Tarifs: 6 et 9€, gratuit pour les – 18 ans. mac-lyon.fr
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