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La designer textile Cha Cha Pop a toujours le bon motif

Publié le 29/04/2026
Depuis plus de dix ans, la designer textile Charlène Bornard dessine sous le nom de Cha Cha Pop, les tissus colorés et joyeux de bon nombre de nos marques préférées. Fondatrice de l’atelier Tire-Fesse, qu’elle partage avec d’autres créateur·ices dans les pentes de la Croix-Rousse, elle n’hésite pas à documenter sur les réseaux le casse-tête que représente parfois la vie d’une entrepreneuse mère de jeunes enfants.

C’est bien simple, on croirait Charlène Bornard sortie de l’un des motifs qu’elle crée plus vite que son ombre, fleuris, colorés et pop. Si l’on était dessinateur de bande-dessinée, on en ferait bien son héroïne, rigolote et frondeuse, du genre de celles qui n’ont pas froid aux yeux.

Car rien ne prédestinait Charlène, née dans le petit village d’Arbois, dans le Jura, à devenir designer textile. « On avait une maison à l’entrée de la forêt, je jouais beaucoup dehors », raconte-t-elle. Mais je passais aussi énormément de temps devant le Club Dorothée ; mes parents étaient paysans, ils travaillaient la vigne, j’étais hyper souvent toute seule. Dorothée, je la voyais plus que ma mère ! »

Du Club Dorothée à l’école des Beaux-arts

Petite fille, Charlène se rêve primatologue ou bien dessinatrice de BD: « À l’époque, le dessin se limitait à cela pour moi, je n’avais pas d’autre vision. » Sauf qu’en grandissant, elle s’imagine un autre destin professionnel, en dessinant oui, mais sur du tissu. « J’ai toujours aimé la matière, les chiffons, et du jour en lendemain, à la fin du collège, ma mère m’a offert une machine à coudre. Ça a été une révélation ! » s’exclame la créatrice qui file alors en internat à Besançon, pour suivre la section arts appliqués au lycée. Les débuts sont difficiles : « J’étais en complet décalage, sans aucune culture, je n’étais jamais allée dans un musée. » Charlène qui voyait le dessin de motif comme un ornement, découvre la notion de concept et le questionnement permanent : « C’est là que j’ai appris que tout a une raison, que rien n’est gratuit. »

Ce décalage, elle l’éprouvera à nouveau aux Beaux-arts de Lyon qu’elle intègre, après un BTS de design de mode à Nîmes : « On m’a bien fait comprendre que je venais de la campagne. » Mais Charlène tient bon, explore tout un tas de techniques et devient même l’élève de la feutrière d’art Françoise Hoffmann.

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Puis elle monte une marque de vêtements avec des amis, dessine des papiers peints pour une imprimerie, avant d’être embauchée chez Tisseray et Cie, grossiste en tissus à Rillieux-la-Pape. « Je suis passée de l’artisanat le plus total à l’usine à motifs ! s’amuse Charlène, qui arrête alors de dessiner à la main pour migrer sur le logiciel Illustrator. Si le rythme est infernal, elle apprend tout ce dont elle a besoin pour se lancer à son compte. C’est là aussi qu’elle a le déclic : elle aime créer pour les enfants…

Collab Atmosphera x Cha Cha Pop
Collab’ Atmosphera x Cha Cha Pop © DR

Joie et nostalgie, fleurs roses et orange : le style Cha Cha Pop

En 2014, Charlène fonde donc le studio Cha Cha auquel elle accolera un Pop qui la distingue de ses trop nombreuses homonymes sur les réseaux. Elle n’a pas oublié que la designer textile Véronique Petit, dans un geste de pure sororité, l’a mise en lien avec Mondial Tissus, qui restera longtemps son plus gros client. Puis s’enchaînent les salons, où son style fait des ravages auprès de marques aussi différentes que Zara, Carrefour, Décathlon, Le Petit Souk, Flik Flak ou Apaches.

« J’aime dessiner des choses joyeuses, souvent en mixant le rose et le orange, qui sont mes couleurs dominantes, mais il y a aussi une touche rétro, du psychédélique, des paysages qui s’entremêlent », détaille Charlène, dont les dessins sont figuratifs mais jamais très réalistes. Celle qui collectionne les boules à neige et les vierges Marie, confie son goût pour le kitsch et la nostalgie qu’elle insuffle à ses motifs. « Pas celle qui met la larme l’œil, plutôt celle des bons souvenirs », sourit Charlène, qui cite souvent les papiers peints de chez ses grands-mères comme sources d’inspiration.

Lire aussi sur Grains de Sel : La ligne de papeterie qui twiste de Cha Cha Pop

Une créatrice qui défend ses droits

Toute pimpante qu’elle est, Charlène défend son métier de designer textile bec et ongles. « Le prix d’un motif n’est pas lié à sa complexité, comme c’était le cas du dessin à la main, mais à combien de temps il va être utilisé et sur quel territoire », explique la créatrice qui déplore que certaines de ses consœurs ne bordent pas du tout cette cession de droits : « Céder ses droits à vie, c’est juste illégal ! »

Alors, elle argumente auprès de ses clients et parvient à faire parfois sauter une clause de confidentialité dans un contrat : « Je dessine beaucoup en marque blanche, c’est-à-dire que je ne suis pas citée. Ce n’est pas un problème, sauf si je ne suis pas autorisée à communiquer sur mes créations, car j’ai besoin de montrer ce que je fais pour travailler. » Même chose avec les échantillons des produits dont elle a dessiné les motifs et que Charlène exige aujourd’hui de recevoir pour exposer son univers sur les salons professionnels.

Vis ma vie de maman entrepreneuse

Mère de deux petites filles de 6 et 1 an, Charlène partage ses difficultés de maman à son compte, dans des stories hautes en couleurs où des flacons de Doliprane et autres boîtes de médicaments infantiles côtoient ses créations.

« Mon conjoint est salarié et de fait, c’est moi qui, quand elles sont malades, m’occupe de nos filles. Il y a encore quelque chose de trop évident pour les crèches à appeler la mère, dénonce-t-elle. Mais pour une entrepreneuse, une journée pas travaillée, c’est une nuit travaillée derrière, avec deux fois plus de fatigue, moins d’argent qui rentre et beaucoup de stress. Mon conjoint serait complètement d’accord pour prendre des jours « enfant-malade » mais sa convention n’en prévoit que trois par an alors que c’est ce qu’on doit prendre par semaine ! »

Malgré les nuits sans sommeil, Charlène vient de sortir deux belles collaborations dans l’univers de l’enfance, l’une en déco avec Atmosphera, l’autre pour des casquettes et shorts avec Ki ET LA. Elle a aussi prévu d’étoffer sa micro-ligne de papeterie et dispose à ce jour d’un stock de plus de 700 dessins prêts à être adoptés.

Collab' Ki ET LA x Cha Cha Pop
Colab’ Ki ET LA x Cha Cha Pop © DR

Tout l’univers de Cha Cha Pop sur chachapop.com et @cha.cha.pop. La collab’ avec Atmosphera est disponible chez Maxi Bazar, Lyon 1er. Les casquettes de la collab’ avec Ki ET LA sont disponibles chez Grand Bain, Lyon 7e.

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Cha Cha Pop
Charlène Bornard, alias Cha Cha Pop © DR

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