Tous vos spectacles racontent une histoire. Quelle est celle d’A4?
C’est vrai que je suis un conteur d’histoires, mais dans A4, il n’y en a pas vraiment. Ou alors, c’est celle de quatre interprètes qui se rencontrent: un danseur contemporain, un danseur hip hop, un circassien et un comédien. Ils ont des parcours artistiques différents, mais la danse les relie. Finalement, A4 est un spectacle qui parle des artistes, de leur identité, de qui ils sont.
Le chiffre quatre est important puisqu’il apparaît dans le titre du spectacle.
Oui, c’est un chiffre qui m’a beaucoup suivi dans ma vie et qui me plaît. Et puis c’est le quatuor, c’est le carré. Il y a évidemment une part de compétition entre les quatre interprètes: il y en a toujours un qui veut être numéro un. Je parle aussi de la feuille … A4!

Comment s’est construit le spectacle?
Mon point de départ, c’était justement de réunir des interprètes aux parcours artistiques différents, dans une forme plus petite de ce que j’avais fait auparavant. Et puis, comme pour chaque spectacle, je pars d’une matière pour les costumes, car ce que je fais est toujours très visuel. Cette fois-ci, c’étaient les franges: je voulais un spectacle frangé, ne me demandez pas pourquoi! J’avais aussi une idée très claire du début du spectacle: je voulais un totem de poils! Beaucoup de choses viennent de l’instinct…
Comment avez-vous travaillé la chorégraphie avec des artistes si différents?
Je mets beaucoup de temps à choisir mes interprètes. Un casting, c’est comme en cuisine, il faut de bons ingrédients pour que ce soit réussi! Là, il fallait qu’ils aient des parcours différents, mais qu’ils sachent tous danser. Il y a un circassien qui jongle, avec des feuilles A4 notamment. C’est un spécialiste du diabolo. J’étais très réticent vis-à-vis de l’objet et puis un jour il m’a montré qu’il jonglait carrément avec. Avec le danseur hip-hop, comme je ne pratique pas cette danse, je mets en scène son mouvement. Quant au comédien, il apporte une voix. J’ai toujours utilisé la voix parlée dans mes spectacles.
Envie de bons plans en famille à Lyon ? Inscrivez-vous à notre newsletter hebdomadaire.
La voix, c’est aussi le théâtre. Vos danseurs sont toujours très expressifs.
Oui c’est compliqué de travailler avec moi car je demande beaucoup aux danseurs! En plus d’être irréprochables sur la technique, il faut qu’ils soient un peu clowns, très généreux dans la dérision et qu’ils aient cette forme expression théâtrale. Je dis toujours que les Chicos Mangos sont des gens polymorphes, avec un côté un peu dessin animé.
Ce qui fonctionne très bien auprès des enfants !
Moi je fais des spectacles grand public, pour toute la famille. La provocation, ce n’est pas mon truc. J’essaie d’amener la joie et l’humour. C’est important de rire: il n’y pas de calcul, ça sort naturellement, ça relâche. Mais dans mes spectacles, il y a aussi des choses plus poétiques. Je dis toujours: “si le monde dansait, on irait beaucoup mieux.”
Lire aussi sur Grains de Sel : Le Nom des choses, pièce philosophique sur le langage à hauteur d’enfant
