Déca­pant et de qualité, le festi­val des 7 Collines, à Saint-Étienne, est l’un des rendez-vous les plus réjouis­sants de l’été. Focus sur la program­ma­tion pluri­dis­ci­pli­naire avec son direc­teur Jean-Philippe Miran­don.

Quelle est l’iden­tité des 7 Collines, festi­val à la fois grand public et réso­lu­ment auda­cieux ?

Le festi­val fait la part belle au cirque, à la danse et à la perfor­mance, avec une ouver­ture sur l’in­ter­na­tio­nal et une volonté de montrer des créa­tions récentes. Nous souhai­tons faire des propo­si­tions origi­nales et qui ont un attrait immé­diat pour le grand public. Ce qui suppose pour nous un travail de recherche, parfois, hors des circuits habi­tuels.

Quelle est la place du jeune public dans votre program­ma­tion ? 

La quasi-tota­lité des spec­tacles s’adresse à un public fami­lial à partir de 7 ans. Nous propo­sons aussi des tarifs abor­dables de 8 à 12 euros (sauf concerts). 

De nombreux spec­tacles nous invitent à vivre des sensa­tions inédi­tes…

C’est un axe impor­tant pour nous de bous­cu­ler les repères des spec­ta­teurs autour du spec­tacle vivant. C’est la raison pour laquelle nous sommes très heureux de faire décou­vrir la compa­gnie austra­lienne de cirque Casus. Leur univers qui emprunte à la danse pousse les limites de la compo­si­tion acro­ba­tique. On les voit même marcher sur des œufs ! C’est d’une grande subti­lité, entre force et fragi­lité. Les Finlan­dais Race Horse Company devraient égale­ment surprendre le public avec leur spec­tacle qui met en scène trois mauvais garçons dans un garage. La narra­tion est tenue, les numé­ros sont spec­ta­cu­laires et c’est très beau plas­tique­ment. Je vous invite aussi à voir le Collec­tif AOC, qui a cette capa­cité inouïe à inves­tir des espaces urbains et à détour­ner des façades d’im­meubles. Enfin, après son succès l’an passé, nous n’avons pas résisté à faire reve­nir Inex­tré­miste, avec son nouveau spec­tacle plein de rebon­dis­se­ments. 

La poésie et la quête de sens seront-elles aussi au rendez-vous cette année ?

Nous accueille­rons l’in­con­tour­nable jongleur Jérôme Thomas avec sa dernière créa­tion, où il s’em­pare d’objets du quoti­dien : louches, sacs plas­tique, cannes. La poésie et l’émer­veille­ment ont toujours été les moteurs de son travail. Le P’tit Cirk présen­tera aussi une créa­tion tout en finesse et pleine de tendresse sur le thème de la trans­mis­sion entre géné­ra­tions. Dans ce registre de la quête de sens, il faut aussi saluer le travail de la compa­gnie MPTA sur les forces inté­rieures qui nous animent.

Pour quelles raisons jouez-vous sur la multi­pli­cité des lieux ?

Saint-Étienne est notre point d’an­crage, avec des spec­tacles en salles et dans des lieux à l’iden­tité forte tels que la Cité du design ou le musée de la Mine. Mais nous souhai­tons faire rayon­ner plus large­ment le festi­val. D’autres villes sont ainsi parte­naires : Firminy (sur le site Le Corbu­sier) ou Saint-Priest-en-Jarez (au musée d’Art moderne). Il sera d’ailleurs possible au public de conju­guer visites de musées et spec­tacles.

Aude Spil­mont