Qui a dit que les librai­ries étaient des endroits pous­sié­reux, aussi silen­cieux qu’une église, avec des libraires austères qui vous assènent leur savoir du haut de leurs échelles et vous laissent un goût de « j’suis pas à la hauteur » ? Déjà seize ans queVive­ment Dimanche prouve joyeu­se­ment le contraire. Dans cette librai­rie pleine de vie, on vous accueille à hauteur de petit bonhomme ou de grande personne, avec le souci de vous mettre à l’aise, que vous souhai­tiez flâner tranquille­ment ou être guidés au plus proche de vos attentes. Les vitrines renou­ve­lées toutes les trois semaines, avec parfois de drôles de théma­tiques, sont comme des surprises. On trouve aussi des petits mots lais­sés par le club ados sur les livres qu’ils ont aimés. L’en­droit est égale­ment propice aux rencontres avec des auteurs et illus­tra­teurs, venus papo­ter avec leurs lecteurs, petits ou grands. Fina­le­ment,Vive­ment Dimanche est à l’image de que Maya Flan­din avait imaginé, un lieu réso­lu­ment « ouvert à tous  », sans se douter que les habi­tants du quar­tier se l’ap­pro­prie­raient aussi faci­le­ment. Une librai­rie géné­ra­liste qui s’est d’ailleurs agran­die au fil du temps et qui dispose d’une salle entière dédiée à la jeunesse, avec des repères par tranche d’âge et par théma­tique. Y figure la quasi-tota­lité du fond de l’École des Loisirs et plein d’autres éditeurs de qualité qui riva­lisent d’ima­gi­na­tion. «  Si on veut des lecteurs, il faut les embarquer tout petits. Rien ne nous fait plus plai­sir, avec toute l’équipe, que de voir venir, seuls, à la librai­rie, les enfants qui ont grandi  ». Et Maya d’ajou­ter : « le travail d’un libraire est de la dentelle. Il faut faire se rencon­trer le bon livre, au bon moment, avec la bonne personne. Nous ne sommes pas là pour pres­crire nos chefs-d’œuvre mais pour être à l’écoute et propo­ser ». Dans sa volonté de trans­mettre le bonheur de lire, elle n’hé­site d’ailleurs pas à répondre aux solli­ci­ta­tions des médias (France Info, La Grande Librai­rie sur France 5, LCI…). « Pas pour jouer les critiques dézin­gueurs soucieux de briller » précise-t-elle, « seule­ment pour faire parta­ger de belles décou­vertes, celles qui donnent envie de pous­ser la porte d’une librai­rie  ».

Aude Spil­mont.