Camille, adoles­cente, et sa mère Lucie, « frap­pée « par la quaran­taine, se retrouvent dans la salle de bains chaque matin. Entre la jeune fille bous­cu­lée par sa fémi­nité nais­sante et la femme fragi­li­sée par le temps qui passe, un couple qui bat de l’aile et la reprise du travail, les échanges sont parfois diffi­ciles. Horri­pi­lante, centrée sur son nombril, Camille est aussi terri­ble­ment touchante quand elle s’inquiète des chan­ge­ments de son corps. Si elle ne ménage pas sa mère, elle a besoin de sa présence pour gran­dir.

Crise d’ado contre crise de la quaran­tai­ne… le texte de Laura Forti saisit avec luci­dité tous les enjeux de la rela­tion Mère/fille. On sent que l’au­teure a plongé sa plume dans l’encre fami­liale pour dessi­ner son duo complice. Drôle, plein de tendresse, son texte pétille grâce à la mise en scène très réus­sie d’An­to­nella Amirante. Le décor judi­cieux qui suit l’évo­lu­tion des états d’âme de Camille conforte l’uni­ver­sa­lité du propos. Un joli moment de théâtre qui mettra du baume au cœoeur de bien des mères.

Blan­dine Dauvi­laire