En choi­sis­sant Le Petit Chape­ron rouge, ce conte connu de tous, le metteur en scène Nino D’In­trona souhaite explo­rer les thèmes fonda­teurs de l’en­fance que sont l’ini­tia­tion, la peur, la famille. Ne privi­lé­giant ni la version de Charles Perrault ni celle des frères Grimm, il préfère déstruc­tu­rer l’his­toire pour en éclai­rer tous les recoins, du plus évident au plus secret. Ce faisant, c’est notre mémoire collec­tive qu’il inter­roge. Et c’est sur un plateau quasi­ment nu, traversé d’un chemin de lumière, qu’il place ses person­nages. Usant de peu de texte, d’une musique qui se répète sans tota­le­ment se ressem­bler (à l’image de ce récit qui se trans­met de géné­ra­tion en géné­ra­tion) et d’images fortes qui impriment l’es­pace, l’ar­tiste confère à ce spec­tacle très person­nel une portée univer­selle. 

Blan­dine Dauvi­laire