Elle est partout autour de nous, tutoie le beau et porte l’idéal du mieux vivre ensemble. C’est dire si l’ar­chi­tec­ture nous concerne tous. Grains de Sel invite les archi-curieux à aigui­ser leur regard. 

Gratte-Ciel, voilà un joli nom qui parle aux oiseaux. Mais pas seule­ment. À Villeur­banne, le quar­tier des Gratte-Ciel consti­tue le fonde­ment de l’iden­tité de la ville et ne cesse d’être érigé, à travers le monde, comme un exemple de réus­site archi­tec­tu­rale et urbaine. Connais­sez-vous beau­coup de loge­ments sociaux qu’on croi­rait réser­vés à des privi­lé­giés, capables de s’of­frir en plein centre-ville un appar­te­ment baigné de lumière avec une spacieuse terrasse ? Recon­nus pour être l’une des rares utopies socia­listes jamais réali­sées dans le monde, les Gratte-Ciel fêtent leurs 80 ans. De l’his­toire de ce quar­tier emblé­ma­tique, il en sera bien ques­tion lors des célé­bra­tions de cet anni­ver­saire, du 17 juin au 31 août prochains. Comment ne pas rendre hommage à l’au­dace du maire Lazare Goujon et de l’ar­chi­tecte Môrice Leroux, qui firent émer­ger en 1934 un ensemble de 1 500 loge­ments sociaux dotés avant l’heure de l’eau courante, du chauf­fage central… Avec égale­ment tous les équi­pe­ments néces­saires aux liens sociaux et au bien-être des habi­tants : l’hô­tel de ville, le palais du Travail avec sa salle de spec­tacle, une piscine, des commerces de proxi­mité, une immense place de 1 000 m2. Mais au-delà de la mémoire patri­mo­niale, les Gratte-Ciel symbo­lisent aussi un quar­tier archi-vivant dans une ville dont la popu­la­tion n’a cessé de croître. C’est la raison pour laquelle cet anni­ver­saire sera l’oc­ca­sion de traver­ser l’es­pace-temps en proje­tant ce quar­tier au seuil de son avenir. 

Pièce majeure de la célé­bra­tion, « une passe­relle monu­men­tale éphé­mère de 250 mètres de long qui s’éten­dra jusqu’au cours Émile-Zola vien­dra préfi­gu­rer l’ex­ten­sion du centre-ville » précise le maire Jean-Paul Bret. D’ici une dizaine d’an­nées, Villeur­banne prévoit, en effet, de doubler son centre-ville pour répondre aux besoins des habi­tants. Le 17 juin, à 19h, la passe­relle sera inau­gu­rée avec un flori­lège de spec­tacles et de surprises musi­cales, suivis d’un banquet des utopies. Le 21 juin, c’est la compa­gnie Arto­nik qui l’in­ves­tira pour le final explo­sif des Invites. Jusqu’à la fin de l’été, cette impo­sante passe­relle éphé­mère sera égale­ment le théâtre d’une expo­si­tion à ciel ouvert avec notam­ment des portraits géants d’ha­bi­tants proje­tés sur les 18 tours porteuses. Une façon de repla­cer l’hu­main au cœur de l’ur­bain ! Un forum sur la ville et des visites guidées émaille­ront aussi les festi­vi­tés.

 Par Aude Spil­mont.

Visite spéciale pour les lecteurs de Grains de Sel, sur réser­va­tion :

Pour les lecteurs de Grains de Sel, le Rize a concocté une visite spéciale familles à la décou­verte des Gratte-Ciel. L’ex­plo­ra­tion vous conduira du palais du Travail, qui abrite aujourd’­hui le TNP, jusqu’aux Gratte-Ciel, où vous visi­te­rez un appar­te­ment témoin, aménagé comme dans les années 30. Les enfants devront résoudre des énigmes et décou­vri­ront, photos à l’ap­pui, à quoi ressem­blait Villeur­banne il y a moins d’une centaine d’an­nées. Des usines où de la fumée s’échappe des chemi­nées, des baraques vétustes et des champs, la méta­mor­phose du centre-ville saute aux yeux. Avec des MP3, ils pour­ront même entendre des témoi­gnages d’an­ciens habi­tants. Il paraît que certains ont eu la frousse la première fois qu’ils ont pris un ascen­seur pour s’éle­ver dans le gratte-ciel. 

Par un média­teur du Rize, dès 7/8 ans. Gratuit. Le 12/07 de 15h à 17h.

Pour gagner une place : rendez-vous sur la page Bonus !