Et si on arrê­tait de se battre les uns contre les autres, qu’on déci­dait de s’al­lier pour construire ensemble un monde meilleur ? Les 22 acro­bates de la compa­gnie XY font la démons­tra­tion qu’être soli­daires permet d’al­ler plus haut, que se rappro­cher des autres donne confiance en soi et dans la vie. Ovationné à juste titre lors de la dernière Bien­nale de la danse, le spec­tacle Il n’est pas encore minuit nous touche par sa virtuo­sité bien sûr, mais aussi par l’hu­ma­nité qui s’en dégage. Prodi­gieu­se­ment doués, les acro­bates réalisent des voltiges magni­fiques, osent des portés collec­tifs étour­dis­sants, se regroupent en lignes super­po­sées puis érigent des tours sur quatre niveaux qui laissent bouche bée. Leurs prouesses sont pleines de charme, d’hu­mour, de finesse et de surprises. C’est fluide, ça danse, il y a parfois de la musique, parfois juste leurs respi­ra­tions auxquelles le public est suspendu. Des centaines d’yeux aiman­tés qui assistent aux envols et aux récep­tions de ces corps graciles. Car chez les XY, retom­ber sur ses pieds ou dans les bras bien­veillants d’un complice compte tout autant qu’at­teindre le point d’équi­libre au sommet de la colonne. Si certains pouvaient s’en inspi­rer… En ces temps chahu­tés, ce spec­tacle presque trop court fait un bien fou, c’est aussi l’un des meilleurs qu’on ait vus cette année.

Blan­dine Dauvi­laire