En 2006, un rap origi­nal avait connu un succès énorme. Kamini y racon­tait avec humour comment sa famille congo­laise avait échoué à Marly-Gomont, un village paumé de la Picar­die, et comment il n’avait pas été facile de s’y inté­grer. 

Son père, le docteur Seyolo Zantoko, y exerçait le métier de méde­cin de campagne et avait eu tous les diffi­cul­tés du monde à y faire sa place. Il a pour­tant fini par y passer sa vie. Il est mort en 2009 dans un acci­dent de voiture et Kamini a décidé de lui rendre hommage, en lui consa­crant un film. 
Alors qu’il vient tout juste de décro­cher son diplôme de méde­cine, Seyolo Zantoko cherche à rester en France et à s’y instal­ler. Sans papiers, il prend ce qu’on lui offre – diffi­ci­le­ment : un cabi­net médi­cal à Marly-Gomont, là où personne n’a jamais croisé de noir. Les débuts sont extrê­me­ment compliqués, le cabi­net est vide, la famille du méde­cin supporte mal le froid, la raideur des paysans… Le père fait son possible et réus­sira, en grande partie grâce à ses enfants. 
 
Si cette comé­die fami­liale, plutôt enle­vée, n’évite pas les clichés, elle aborde de front le racisme vivace de la France profonde et souligne, sans insis­ter, que les plus mal éduqués ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Une manière de bous­cu­ler les préju­gés. 
 
Véro­nique Le Bris