Le Musée d’art contem­po­rain a rouvert ses portes avec des expo­si­tions qui, bien que visuel­le­ment diffé­rentes, ont la sono­rité en point commun. œuvres sonores, cadavres exquis, pein­tures et rap brési­liens : un joyeux micmac à décou­vrir au Mac.

Un vent de curio­sité et de fantai­sie souffle sur les nouvelles expo­si­tions du Mac qui courent jusqu’à juillet. Une fois n’est pas coutume, c’est le son qui donne le ton. Et ce, dès le premier étage avec Soun­ding New, une expo­si­tion construite autour de l’œuvre Rain­fo­rest V de David Tudor, récem­ment acquise par le Mac et dont une partie avait été montrée lors de la dernière Bien­nale. Elle occupe en majesté une salle entière, lais­sant la place aux visi­teurs de se bala­der et de coller l’oreille à chacun des objets incon­grus qui la composent pour y entendre un son parti­cu­lier.

D’autres pièces, issues des collec­tions du musée et consa­crées à l’ex­pé­ri­men­ta­tion sonore depuis les années 1960, inves­tissent les salles alen­tour. Les enfants s’amu­se­ront du piano « bricolé » de Joe Jones, Ohne Titel (Piano), qui tient autant de la sculp­ture que du jouet, et diffuse de la musique comme par magie. Comme de The Hand­phone Table de Laurie Ander­son, une vraie table où l’on peut s’as­seoir à chaque extré­mité, poser ses coudes sur deux points indiqués et, les mains sur les oreilles, entendre et sentir la musique venue du meuble.

Dans les coulisses de la créa­tion

Au deuxième étage, le Mac invite la jeune créa­tion contem­po­raine à parti­ci­per à une sorte de cadavre exquis. Toutes les une à trois semaines, sept artistes se succèdent avec des œuvres diffé­rentes (pein­tures murales, sculp­tu­res…) mais créées à partir d’in­dices – notam­ment musi­caux – qu’ils se laissent les uns aux autres.

Cette démarche, aussi exci­tante pour les artistes que pour le public, va à rebours de nos habi­tudes en matière d’ex­po­si­tion muséale. Car les visi­teurs voient ici ce qui est norma­le­ment caché : une rési­dence d’ar­tistes en cours d’éla­bo­ra­tion et le montage de leur expo­si­tion. Le public traverse un chan­tier, qui au fil des semaines, se trans­for­mera en expo­si­tion à part entière jusqu’à son abou­tis­se­ment en juin, lors du vernis­sage.

On termine la visite avec Maxwell Alexandre, un jeune peintre brési­lien, dont les toiles monu­men­tales et colo­rées s’étendent de long en large au troi­sième étage. Street art, rap et roller skate : son art éner­gique et engagé s’im­prègne de la culture urbaine de la favela de Rio où il est né et travaille. Le titre de l’ex­po­si­tion, Pardo E Papel (le brun et le papier), fait réfé­rence à la fois à la peau foncée des esclaves et au papier kraft qu’il utilise pour y repré­sen­ter des silhouettes afro-brési­liennes et, par là même, les célé­brer.

Soun­ding New, Story­tel­ling et Pardo E Papel de Maxwell Alexandre, jusqu’au 7 juillet 2019. Mac de Lyon, Cité inter­na­tio­nale, 81 quai Charles-de-Gaulle, Lyon 6e. Tél. 04 72 69 17 17. Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 18h. Visites famille : le dimanche à 11h15 (4–6 ans/durée 45 minutes) et 15h (6–10 ans/durée 1h15). Atelier Petit Labo le samedi à 15h30. Plusieurs dates supplé­men­taires pendant les vacances scolaires. Tarifs : entrée 4 et 8€, gratuit – 18 ans ; visite 3€ adultes et 1€ – 18 ans ; Petit Labo 5€. mac-lyon.com

/ Clarisse Bioud

 
Infos pratiques
 
 Adresse : Musée d'Art Contemporain, 81 Quai Charles de Gaulle
 Téléphone : 04 72 69 17 17