Lucas a 10 ans. Ni beau, ni laid, un QI moyen, des parents de la classe moyenne, il se sent trop normal et même « normal nul ». Car dans sa classe, entre les hauts poten­tiels, tous les dys et ceux qui viennent d’un autre pays, de plus en plus d’élèves riva­lisent de parti­cu­la­ri­tés. Lucas a l’im­pres­sion de ne plus exis­ter à leurs côtés et de se faire oublier. Alors quand la maîtresse leur demande à tous de dessi­ner leur super-héros, Lucas invente Norma­lito, dont le super-pouvoir est de rendre tout le monde normal.

Un mélange de deux mondes complè­te­ment diffé­rents

Iris, surdouée qui donne­rait tout pour moins déton­ner, va se rappro­cher de lui. Bien que tout les sépare a priori, les deux enfants vont s’en­tendre sur le senti­ment partagé de ne pas se sentir à sa place et même souhai­ter gran­dir dans la famille de l’autre. Car les parents d’Iris, « déten­dus du genou », ne mettraient-ils pas moins la pres­sion à Lucas ? Et ceux de Lucas, « distin­gués », n’ac­cueille­raient-ils pas plus faci­le­ment le profil atypique d’Iris ? Quelle idée passion­nante de parler de norma­lité dans un spec­tacle jeune public !

« Être normal, simple­ment normal »

La compa­gnie À l’Envi cherche, d’une certaine façon, à réha­bi­li­ter le fait d’être normal, simple­ment normal. À une époque où certains cherchent légi­ti­me­ment à faire accep­ter leur diffé­rence, comment les autres peuvent-ils faire pour assu­mer leur absence de singu­la­rité et susci­ter malgré tout l’in­té­rêt ? Explo­rant cette notion de norma­lité sous toutes les coutures, la pièce Norma­lito n’ou­blie pas d’évoquer les peurs que nous inspirent celles et ceux que nous ne compre­nons pas, à travers le beau person­nage d’une dame pipi, telle­ment normale qu’elle en devient invi­sible, et pour­tant porteuse d’un lourd secret…

Infos pratiques

Norma­lito, le samedi 14 mai à 18h.
Ateliers Presqu’île, 5, rue du Petit David, Lyon 2e . Tél. 04 72 53 15 15. Durée : 1h15. Tarifs : de 5 à 20 €.
tng-lyon.fr

Article rédigé par Clarisse Bioud et Louise Reymond • Photo d’ou­ver­ture : © Arianne Catton-Bala­beau