L’École du bout du monde : notre coup de cœur

Durée : 1h49. • Sortie : 11 mai (dès 9 ans)

Nommé aux Oscars dans la caté­go­rie du meilleur long métrage inter­na­tio­nal, L’École du bout du monde se déroule à Lunana, un village reclus du Bhou­tan situé à plus de 3000 mètres d’al­ti­tude, dans l’Est de la chaîne de l’Hi­ma­laya, et qui ne compte qu’une cinquan­taine d’ha­bi­tants. Empreint de spiri­tua­lité boud­dhiste et de belles évoca­tions du respect de la nature, le film nous immerge au cœur des vastes sommets ennei­gés et suit le parcours d’un ensei­gnant mécon­tent d’avoir été muté dans ce village d’éle­veurs de yacks – lui qui se rêvait chan­teur à succès.

Une culture diffé­rente, accueillante et respec­tueuse

D’abord très réti­cent à son arri­vée, le jeune profes­seur est fina­le­ment touché par la gentillesse et le respect des habi­tants. Alors qu’il pensait s’exi­ler en Austra­lie pour tenter de vivre de sa passion du chant, il entame une remise en ques­tion exis­ten­tielle. D’au­tant qu’au Bhou­tan, pays privi­lé­giant le bien-être de sa popu­la­tion à sa crois­sance écono­mique, le métier d’en­sei­gnant est consi­déré comme l’un des plus nobles, comme celui de méde­cin. Évoquant en creux les diffi­cul­tés socié­tales de ce pays, L’École du bout du monde s’ins­crit comme un récit univer­sel qui séduit par son approche huma­niste.

Un film pour « retrou­ver le goût des plai­sirs simples »

Il nous fait nous ques­tion­ner sur la place que l’on souhaite occu­per dans ce monde et de quelle manière chemi­ner au mieux vers le bonheur. Tourné dans des décors natu­rels éblouis­sants, le film offre un moment de tendresse et de géné­ro­sité bien­venu, nous invi­tant à retrou­ver le goût des plai­sirs simples. Une ode au partage et à la séré­nité.

Film Le Roi cerf
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Le roi cerf

Durée : 1h53. • Sortie : 4 mai (dès 10 ans)

Pour tous les fans d’Hayao Miya­zaki

Adapté du roman éponyme de Nahoko Ueha­shi, Le Roi cerf est la première réali­sa­tion de Masa­shi Ando, tech­ni­cien japo­nais de renom qui a colla­boré avec les plus grands maîtres de l’ani­ma­tion nipponne, de Hayao Miya­zaki (Le Voyage de Chihiro, Prin­cesse Mono­noké) à Isao Taka­hata (Le Conte de la Prin­cesse Kaguya), en passant par Sato­shi Kon (Paprika).

Une histoire mêlant réalité et magie

Dans un monde assez proche du nôtre, Le Roi cerf dépeint une société préin­dus­trielle où inter­viennent des êtres magiques en marge de l’homme. L’in­trigue, elle, nous plonge dans des terres tribales assié­gées par un empire oppres­seur, et accom­pagne le voyage initia­tique de plusieurs prota­go­nistes luttant contre une mysté­rieuse épidé­mie. Les amateurs de Mono­noké et Nausi­caä devraient être séduits par ce récit complexe et super­be­ment animé. 

Film Cœurs vaillants
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Cœurs vaillants

Durée : 1h32. • Sortie : 11 mai (dès 9 ans)

Un contexte histo­rique marquant

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château de Cham­bord a servi de « grenier » pour proté­ger les œuvres d’art des musées français auxquelles s’ajou­taient certaines collec­tions privées, avec l’aide de figures de la Résis­tance. Inspi­rée par ces éléments histo­riques, Mona Achache a imaginé le récit fictif d’un groupe de six enfants exfil­trés dans des caisses d’œuvres d’art avant d’être cachés à Cham­bord, dans le château puis la forêt, de l’autre côté de la ligne de démar­ca­tion.

Du point de vue des enfants

D’em­blée, le long-métrage place le spec­ta­teur à hauteur d’en­fant, tant d’un point de vue scéna­ris­tique que formel : le prologue nous place avec eux, enfer­més dans les caisses de bois, décou­vrant le château à travers un étroit inter­stice. Entre l’émer­veille­ment que suscite ce lieu et la peur inhé­rente au contexte effroyable, entre insou­ciance et menace omni­pré­sente, Cœurs vaillants main­tient cette dualité tout du long et dresse une belle leçon de courage aux colo­ra­tions histo­riques et oniriques. 

Article rédigé par Thomas Périllon • Photo d’ou­ver­ture : © DR