Sur des toiles froissées ou des voiles de soie moirées, de mystérieux paysages ou de lointains cousins transparaissent à peine, photographies oubliées et accidentées imprimées sur des supports qui se dérobent.
Exposée à la Fondation Bullukian à l’issue d’une résidence au cœur de l’Abbaye de Fontevraud, l’œuvre d’Eva Nielsen est histoire d’impression : celle qui nous traverse face à un paysage, l’empreinte des souvenirs dans nos mémoires et celle de l’image sur le calque.
Lire aussi sur Grains de Sel : L’exposition immersive Van Gogh arrive à Lyon
Comme elle contemple l’horizon depuis les fenêtres de l’Abbaye, l’artiste – qui vient d’être nommée pour le prix Marcel Duchamp – repousse celui de la photographie qu’elle hybride à la peinture grâce à la sérigraphie. Le procédé lui permet d’intégrer des éléments photographiées dans ses dessins, comme un escalier en colimaçon vu à l’Abbaye, incrusté au milieu d’un paysage peint.
Envie de bons plans en famille à Lyon ? Inscrivez-vous à notre newsletter hebdomadaire.
Eva Nielsen, souvenir d’un paysage
Peinture et photographie se superposent ainsi comme autant d’images lacunaires pour tenter de recréer « ce qu’on saisi et perçoit d’un lieu, le souvenir d’un paysage qui nous échappe de plus en plus », rapporte Eva Nielsen.
La perception en est brouillée et l’image altérée, encore davantage lorsque celle-ci ondoie sur un voile de soie, matériaux mouvant dont les reflets dérobent ou révèlent une autre strate de l’image selon le point de vue qu’adopte le visiteur.

Mais l’artiste abîme aussi ses propres photos qu’elle n’hésite pas à déposer dans la terre ou le lit des rivières pour voir ce que la nature créera avec. Celles-ci s’altèrent alors, mangées par les vers ou incrustées d’alluvions, sédiments de la rivière, avant d’être transférées sur de la soie ou du latex.
Pour d’autres œuvres, l’artiste est venu froisser le transparent du transfert de l’image pour représenter « des paysages aussi sublimes que malmenés et parler d’une nature qui s’érode. » Toutes les strates de l’image et les étapes de l’atelier se retrouvent alors dans son œuvre, qu’elle décrit comme une archéologie de la peinture. Un belle et intriguante traversée picturale.
Atelier d’impression pour les enfants
Les samedis et mercredis, l’espace Bullukids accueille les enfants pour des ateliers créatifs en lien avec l’exposition en cours. Après avoir découvert les oeuvres d’Eva Nielsen en étant incité à bien observer les détails, couleurs et techniques utilisées, les petits artistes devront y choisir leur motif préféré pour le graver sur un carton de mousse.
Il créeront ainsi un tampon qu’ils n’auront plus qu’à peindre pour tamponner ensuite leur motif sur papier en variant les couleurs. Une approche ludique de l’art et une chouette initiation à la pratique de l’impression.
Alluvion, dès 5 ans. Du 6 février au 10 mai 2025. Gratuit, accès libre. Visites de l’exposition tous les samedis à 16h, gratuit sans réservation. Visites et ateliers en famille les samedis 19 et 26 avril, les mercredis 23 et 30 avril, le samedi 3 mai. De 10h15 à 11h45. Tarif : 5€, sur réservation à [email protected]. Fondation Bullukian, 26 place Bellecour, Lyon 2e. Ouvert du mardi au samedi de 14h à 18h (et de 10h à 12h le samedi). Tél : 04 72 52 93 34
bullukian.com
Merci d’avoir lu cet article ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous aider à nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anonymement à ce questionnaire ou nous envoyer un email à [email protected]. Merci beaucoup !
