Cette année, en choisissant de couronner le film Anora du cinéaste Sean Baker, les Oscars ont choisi de mettre à l’honneur le cinéma indépendant américain. Mais il y a presque vingt ans, c’était Little Miss Sunshine qui devenait une pierre angulaire du genre…
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Réalisé par un couple de vidéastes inconnu venu du rock américain – ayant réalisé les clips des Red Hot Chili Peppers et de R.E.M – le film est devenu l’une des œuvres les plus rentables du cinéma indépendant.
Aujourd’hui une véritable référence pour tous les âges, Little Miss Sunshine illustre ainsi la success story d’un petit film devenu grand : une mise en abîme ironique pour un film dont le scénario interroge la notion de réussite.
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Lose américaine
Avec la tchatche des motivational influencers qui fleurissent aujourd’hui, Richard Hoover défend son « Parcours vers le succès en 9 étapes » devant une salle quasiment vide. C’est ainsi que, dès les premières scènes, Little Miss Sunshine donne le ton : quel est le vrai succès ?
Une thématique incarnée par chaque membre de la famille Hoover, embarquée sur les routes américaines pour emmener la benjamine Olive vers ses rêves de victoire, celle-ci voulant tellement plaire à son père Richard, qui « déteste les losers ».

De son côté, Richard loue la détermination de son beau-fils, Dwayne, qui fait vœu de silence en attendant d’intégrer l’armée de l’Air. Sa femme, la mère de famille débordée Sheryl, prend soin de son frère suicidaire, l’universitaire Frank.
Enfin, le grand-père Edwin, vétéran de la Seconde Guerre mondiale et cocaïnomane, entraîne Olive pour le concours Little Miss Sunshine. Si cette modeste famille, nourrie aux chickenwings et au volant d’un van défaillant, semble être le visage de la lose, elle trouvera dans son voyage un succès des plus savoureux, celui d’être soudée.
Le voyage initiatique de Little Miss Sunshine
Avant d’être une critique de la fascination américaine pour les Mini-Miss et leurs corps d’enfants instrumentalisés, l’œuvre est surtout une critique du rêve américain, cette grande promesse de réussite dans le sens capitaliste du terme, que Richard tente d’atteindre en vain.
Heurtés à l’expérience cuisante de l’échec, chaque personnage déconstruit sa propre vision du succès ; c’est là que se joue le véritable voyage du road-movie, qui se veut initiatique. Tour à tour noir, drôle, émouvant et optimiste, Little Miss Sunshine est un film familial qui regorge d’enseignements pour les enfants, sur le départ de leur propre voyage.
Le saviez-vous ?
Derrière cette comédie dramatique feel good se cache un fait divers insoupçonné. Little Miss Sunshine était le surnom donné à la Mini-Miss aux multiples trophées JonBenét Ramsey, découverte assassinée chez elle le lendemain de Noël 1996. Cold case tristement célèbre aux États-Unis, le meurtre a même fait l’objet du roman My Sister, My Love de l’écrivaine Joyce Carol Oates et d’une série documentaire Netflix, Cold case : Qui a tué la mini-miss ? sortie en novembre 2024.
Little Miss Sunshine, de Jonathan Dayton et Valérie Faris. Durée : 1h41. Avec Abigail Breslin, Toni Collette, Steve Carell, Paul Dano… À voir dès 10 ans.
Par Apolline Authier
