Si j’étais une plume, je serais orange comme ce beau fruit bien juteux et énergétique.
Je serais légère, si légère que le vent m’emporterait plus haut que les gratte-ciels de New-York, et je verrais de cette hauteur le large. Au loin je distinguerais un voilier, un superbe navire avec de grandes voiles blanches déployées, prêtes pour un grand voyage.
En m’approchant de plus près pour voir ce qui se cache à l’intérieur du bateau, je verrais qu’il est habité par une famille. La coque abrite en fait toutes les pièces d’une maison: une cuisine, un salon, une salle à manger, une salle de bain mais aussi des chambres… Dans l’une d’elle, un enfant d’à peine six ans, et au bout de son lit sur la coque qui sert de mur, un papier peint représentant un ciel étoilé, avec une fusée partant sur la lune.

Tout à coup une bourrasque m’emporte et je me retrouve projetée en Asie en pleine forêt de bambou. De loin, je vois des pandas, qui ressemblent vraiment à de grosses peluches, à qui on à envie de faire un gros câlin.
Envie de bons plans en famille à Lyon ? Inscrivez-vous à notre newsletter hebdomadaire.
Je continue à voleter, si bien que je me retrouve dans l’Himalaya, la chaîne de montagnes entre la Chine et le Népal, et je vois l’Everest qui culmine à 8849 m d’altitude: le toit du monde! Tout en haut, le vent s’affole et commence à me faire reculer.

Le problème c’est qu’à force de voler en arrière, mon voyage prend un autre tournant, et je commence à remonter dans le temps.
Voyage dans le temps
Me voilà dans la main de Tchaïkovski, qui compose le lac des cygnes. Il me trempe dans son encrier, quelle drôle de sensation, c’est froid et j’en ressors colorée. II me pose ensuite sur sa partition pour écrire la mélodie. Après quelques heures de travail, partant se dégourdir les jambes, il me laisse sur sa table de travail, près de la fenêtre ouverte, C’est alors, que le vent s’engouffre dans la pièce, et m’emporte.
Je me retrouve maintenant en pleine Révolution française. L’ambiance n’est clairement pas terrible! Les balles fusent, le sang coule, les canons grondent. Autour de moi c’est une véritable hécatombe. Soudain, un boulet passe tout près de moi, le vent m’emporte encore et je me retrouve au temps des chevaliers.
Je m’engouffre dans une cabane et je vois alors un vieil homme avec un drôle de chapeau pointu.
Je m’écris : « Merlin ! Vous êtes Merlin l’Enchanteur !? »
II me répond : « Oui je suis bien Merlin, que puis-je pour toi ? »
Je lui raconte mon histoire et il accepte de me ramener chez moi. Soudain il prononce une de ses vieilles formules et paf je me retrouve chez moi mais 2000 ans après alors je trouve cela rigolo. Il y a des taxis bulles, des drones géants, etc. II y a une drôle de foule, je m’approche et vois un savant qui exhibe une machine.
« Regardez cette machine, elle permet de remonter dans le temps! » Plusieurs personnes ricanent : « Ce type est complètement fou, tout le monde sait que c’est impossible ! »
Moi, j’en ai marre de ce voyage, j’ai vu beaucoup de choses, et je voudrais à présent rentrer chez moi. Je me porte volontaire : « Je veux bien tester ta machine » lui répondis-je.
L’homme me prend dans ses mains et me glisse à l’intérieur d’une sorte d’entonnoir. Il referme le couvercle et appuie sur un gros bouton rouge. Tout tourbillonne autour de moi, tout est bleu et je revois tous les espaces temporels que j’ai traversés.
Je remonte le temps de plus en plus vite, je vois les gratte-ciels puis le défrichage de l’Amazonie, ça me rend un peu triste de voir la forêt dans laquelle j’habitais autant massacrée. Mon beau pays !
C’était une plume de perroquet
Je retrouve le perroquet sur lequel j’étais accroché il y a bien longtemps, avant qu’une main l’attrape et le fourre dans un sac. Ça avait été très bruyant à cause de ses cris, toute la forêt l’avait entendu protester. Ce n’est pas le seul à avoir été capturé par les braconniers ce jour-là.
Plus tard, après quelques jours de transport, on nous a lavées au moins 20 fois, désinfectées, lissées avant de nous envoyer par colis dans une usine. Aujourd’hui, je me retrouve dans un oreiller de plumes pour faire le bonheur et les rêves des petits comme des grands…
Texte de Gabriel du Boucheron, 10 ans, Albigny-sur-Saône.
Merci d’avoir lu cet article ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous aider à nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anonymement à ce questionnaire ou nous envoyer un email à [email protected]. Merci beaucoup !
