À Lyon et dans sa banlieue, il est des quartiers malheureusement porteurs d’une mauvaise réputation. En effectuant un voyage dans le temps, environ 40 ans en arrière, la nouvelle exposition de la Cité-musée Tony Garnier entend redorer le blason de sept QPV (Quartiers prioritaires de la ville) locaux.
1973-1990: de l’utopie à la désillusion dans les cités lyonnaises
Voyages en cité revient ainsi sur la création et l’histoire des États-Unis et la Duchère à Lyon, de Terraillon à Bron, de Rillieux-la-Pape, des ZUP Grande Île à Vaulx-en-Velin et des Minguettes à Vénissieux, ainsi que du Tonkin à Villeurbanne. Et cherche à comprendre comment des projets d’architecture pensés comme durables ont fini par péricliter, condamnant leurs résidents à vivre dans des espaces dégradés, bien loin des cités idéales qu’on leur avait présentées. L’exposition s’appuie pour cela sur des photographies et vidéos d’archives, des témoignages de personnalités issues de ces quartiers (ancien édile, artiste, habitant…), des livres et œuvres d’art.

De quoi renvoyer au visiteur les échos d’une époque perdue. L’exposition se concentre sur la période comprise entre 1973, date du premier grand choc pétrolier et de la circulaire Guichard, qui met fin à la construction des “grands ensembles”, et 1990, année des émeutes de Vaulx-en-Velin et de la création du ministère de la ville. Pour mieux s’y retrouver, le parcours a été pensé autour d’une grande frise chronologique affichée au début.
Les enfants aussi prennent part aux Voyages en cité
Malgré la complexité de certains sujets évoqués, l’exposition reste accessible aux enfants. Sa scénographie, ainsi que certains dispositifs, présentent même un caractère relativement immersif. Jamais trop longs, les blocs de textes sont parfois interactifs, avec des cartes à retourner ou des volets à ouvrir par exemple. En outre, plusieurs activités s’adressent aux plus petits: espace lecture doté de tapis de sol et de coussins, jeu de construction pour reproduire l’architecture dite “sur dalles” du Tonkin ou encore un jeu de cherche-et-trouve qui consiste à retrouver dans l’exposition les timbres qui « collent » avec des cartes postales émanant des sept quartiers présentés.
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photographie N & B, collection Archives municipales de Vaulx-en-Velin © D.R
On y trouve aussi une « matériauthèque » et un semblant de reconstitution de chambre d’ado de l’époque, avec survêtement, rollers et téléphone à cadran rotatif. À la fin de l’exposition, les installations s’écartent pour laisser place à un véritable dance-floor sur lequel on est invité à reproduire des mouvements de breakdance. Une danse libre et créative, justement initiée, comme en témoigne une archive INA, par les jeunes habitants des cités que l’on vient de parcourir.
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Voyages en cité, 1973-1990: vivre dans les quartiers populaires, du 28 novembre 2025 au 18 décembre 2027. Dès 6 ans. Cité musée Tony Garnier, 4 rue des Serpollières, Lyon 8e. Ouvert du mardi au samedi de 14h à 17h de septembre à mai, puis de 9h30 à 13h en juin et juillet. Tarifs : 8€, 5€ pour les 12-25 ans, gratuit pour les – 12 ans. Plus d’infos au 04 78 75 16 75 ou sur cm-tonygarnier.org/
Par Tristan Gayet
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