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Une prof de maths qui tient haut la barre… de pole dance

Publié le 30/01/2026
On imagine plus volontiers sa prof de maths le nez dans les chiffres que tournoyant autour d'une barre de pole dance... C'est pourtant le hobby préféré d'Angélique, enseignante dans un collège, qui trouve dans cette discipline aussi physique qu'artistique une sororité à toute épreuve et une façon de s'affirmer.

« Vous m’auriez vue il y a dix ans, j’étais toute grignette, lance Angélique Ménard, sourire timide mais une lueur de fierté
dans les yeux. J’ai pris de la carrure depuis ! » À 43 ans, celle qui enseigne les maths dans un collège du 7 e arrondissement fait physiquement bien plus jeune. Est-ce la pratique assidue de la pole dance, découverte en 2016, qui agit sur elle comme un élixir de jouvence ? En tout cas, cette discipline a changé sa vie.

Angélique a toujours voulu devenir prof. « Dès la Primaire, j’adorais expliquer à mes camarades et faire en sorte qu’ils comprennent », raconte-t-elle. Restait à trouver la matière à enseigner : ce sera les maths, qui s’imposent à elle au lycée. « Je trouve les maths rassurantes car il n’y a pas d’exception, contrairement au français ou à l’anglais, explique l’enseignante qui est aussi la référente numérique de son établissement. Ce qui me plaît en informatique, c’est d’optimiser les choses, de faire en sorte qu’un programme soit efficace, de répondre aux besoins de quelqu’un… »

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Être utile à ses élèves. Voilà le moteur d’Angélique qui a choisi d’enseigner au collège pour son « côté encore maternant ». Elle se voit comme « une enseignante très bienveillante, qui essaie de donner l’amour de la matière ». Surtout, la professeure s’efforce de montrer à ses élèves que « l’on peut trouver du plaisir dans l’effort, même si on a des difficultés ». Elle ne les lâche pas et va même jusqu’à accompagner bénévolement quelques volontaires sur son temps libre.

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L’appel de l’homme drapeau

Pas étonnant alors qu’Angélique garde des liens avec d’anciens élèves. C’est l’un d’eux qui, indirectement, l’a menée à la pole dance : « Un jour sur Facebook, il m’a montré une vidéo où il faisait “l’homme drapeau*” sur les quais ; je me suis dit : “je veux faire ça !” » À l’époque, la jeune femme, qui a toujours été très sportive, vient de divorcer.

Ses trois enfants ayant grandi, elle se met en quête d’une activité qui lui permettrait de « travailler les compétences » de l’homme drapeau. « Je suis alors tombée sur la pole dance : c’était la fin de l’année scolaire, il y avait des cours d’essai dans le 6e, j’ai essayé et j’ai adoré, se souvient Angélique dans un enthousiasme intact. On n’était qu’entre femmes, c’était très axé sur la sororité : exactement ce dont j’avais besoin à ce moment-là. »

« Tous les corps sont les bienvenus, il n’y a aucun jugement ; c’est une safe place. »

Dans la pole dance, Angélique vient chercher à la fois « le côté sportif et la dimension artistique ». Elle rappelle d’ailleurs que l’activité découle du mât chinois, discipline acrobatique. Mais contrairement à la danse où la compétition est très présente, elle insiste sur la bienveillance qui prévaut dans la pole, y compris lorsqu’elle la pratique en mixité comme aujourd’hui au studio La Milie (Lyon 7e). « Comme on est obligés de se parer sur certaines figures, ça crée d’office un lien entre nous, témoigne-t-elle. Et puis tous les corps sont les bienvenus, il n’y a aucun jugement, c’est une safe place. »

Toujours plus loin

Au bout de dix ans de pratique, Angélique a gagné en assurance, y compris dans son travail. « Quelque part, je prends physiquement plus de place, donc c’est plus facile de m’imposer, sourit celle qui a tourné l’an dernier dans le clip d’un ancien collègue, membre du groupe Station Echo (200 000 vues au compteur !). Je sais que je suis capable de faire plein de trucs, et beaucoup plus que ce que je crois. Si on est bien encadré et qu’on travaille, on peut toujours aller plus loin. C’est ce que j’essaie de transmettre à mes élèves. »

Ceux-là sont-ils au courant de sa pratique sportive ? « Je ne m’en cache pas, je porte des tee-shirts “pole dance” et je montre quelques vidéos, surtout aux filles », admet-elle. Certains ont pu s’inquiéter à la vue des bleus qui parsèment ses avant-bras : « J’ai dû les rassurer, dire que c’était à cause de “mon sport” et que tout allait bien ». Oui, Angélique va bien et pour rien au monde elle n’arrêterait la pole dans l’espoir, un jour, de faire elle aussi la femme drapeau.

*Figure acrobatique qui consiste à grimper en haut d’un mât et à mettre son corps à l’horizontale.

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© Angela Ficarelli

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