Attention, en présence d’enfants, à ne pas lire à voix haute la phrase qui suit : l’école n’est pas obligatoire ! Seule l’instruction l’est. Une différence de taille qui permet aux parents, estimant que l’école n’offre pas à leur enfant le cadre le mieux adapté pour apprendre sereinement, de pratiquer eux-mêmes l’école à la maison.
Ça ne se passe pas qu’à la maison
Ou plutôt l’instruction en famille, car si les apprentissages s’acquièrent dans l’intimité du foyer familial, ils le sont aussi beaucoup à l’extérieur de la maison, dans les nombreuses institutions et associations culturelles, historiques et scientifiques que compte la métropole lyonnaise. Des sorties à vertu pédagogique donc, mais aussi sociabilisante. Résumée sous le sigle IEF, cette forme de pédagogie alternative a été longtemps sous la gouverne des parents, qui devaient simplement s’acquitter d’une déclaration auprès de l’Éducation nationale.
L’étau se resserre autour de l’instruction en famille
Mais aujourd’hui, cette liberté pédagogique bat sérieusement de l’aile depuis que le législateur a décidé au nom de la lutte contre le séparatisme en 2021, de revoir très sérieusement – et sévèrement — les conditions d’exercice de l’IEF. Les parents qui la pratiquaient déjà sans problème et les nouveaux adeptes doivent désormais en demander l’autorisation, en cochant des critères définis par la loi.
Or si ceux liés à la santé ou la pratique sportive intensive de leur progéniture paraissent sans ambiguïté, celui qui pointe « l’existence d’une situation propre à l’enfant » embrouille les familles et occasionne, au Rectorat, de variables et donc inégales interprétations. Résultat : dégringolade du nombre d’enfants instruits en famille. Et par ricochet : incompréhension, désespoir et colère des parents dont certains entrent même en désobéissance civile.
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Pour tenter de faire le tri entre la réalité et les fantasmes que suscite l’IEF, sujet de société mal connu, complexe et douloureux, Grains de Sel a épluché les textes de loi et interrogé les familles concernées autant que le Rectorat. Car il est quand même question ici d’une liberté parentale menacée et du sort d’enfants, pour diverses raisons, malheureux à l’école.
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