Depuis plus de dix ans à la tête de la galerie qui porte aujourd’hui son nom, Jérémie Masurel continue de tisser des liens d’amitié fidèle avec des artistes qu’il expose régulièrement, tout en ouvrant aussi ses portes à d’autres noms moins connus ou émergents. C’est exactement sur cet équilibre que s’est montée l’exposition collective Sharp Soft (Pointu Doux, en français), qui réunit les œuvres de Mike Swaney, Kes Richardson et Ester Parasková.
L’enfance dessinée de Mike Swaney
Le premier, le Canadien Mike Swaney fait partie des artistes historiques de la galerie. Son truc à lui, qui fait mouche auprès des plus jeunes, c’est de produire « un dessin enfantin, tout en racontant des choses qu’il a vécues » comme l’explique Jérémie Masurel.
On s’émerveille donc devant ses têtes de bonhommes imbriquées les unes dans les autres façon poupées russes ou encore ses mains géantes à l’intérieur desquelles s’empilent des personnages, des animaux, des ballons de foot ou de baseball, des pinceaux… cernés de motifs ultra graphiques. L’ensemble est à la fois drôle, naïf, émouvant et percutant comme peuvent l’être les dessins d’enfants.

C’est Mike Swaney qui a conduit Jérémie à s’intéresser au travail des deux autres artistes qu’il expose à ses côtés, pour la première fois en France. Plutôt abstraite, la recherche menée par l’Anglais Kes Richardson autour de la ligne et des formes ne parlera peut-être pas trop aux enfants, si ce n’est par le biais de la couleur.
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Grunge et Disney chez Ester Parasková
Mais les œuvres d’Ester Parasková devraient, elles, retenir leur attention. « C’est une vraie découverte! s’enthousiaste Jérémie Masurel. Une jeune artiste diplômée des Beaux arts de Prague. » De facture abstraite au premier abord, ses peintures grand format ont « un côté un peu grunge, un peu sale, qui tient beaucoup à la petitesse de l’espace de travail d’Ester », comme en témoignent ici et là les traces de semelles de l’artiste sur les toiles.
Mais en les observant de plus près, elles révèlent « une deuxième lecture, toute inverse, très chiadée« . On croit reconnaître des personnages de Disney, esquissés d’un trait assuré, mais ils sont suffisamment inaboutis pour que l’on n’en soit pas tout à fait sûr. « Ester rend par là hommage au processus de création de l’artiste, qui nous est normalement inconnu« , commente Jérémie.

Que ce soit dans ces peintures là ou les dessins de Mike Swaney, on s’amusera avec les enfants à déceler ces différentes figures et formes de la pop culture. Et on parie, qu’une fois rentrés à la maison, ils n’auront alors qu’une envie à leur tour: dessiner.
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Sharp Soft, du 15 mai au 21 juin 2025. Galerie Masurel, 25 rue Auguste Comte, Lyon 2e. Ouvert du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h. Gratuit. galerie-masurel.com
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