Sommes-nous seuls dans l’univers ? Pourquoi croire aux aliens ? Se sont les questions que se posent Joséphine Topolanski (Paris) et Louise Charlier (Bruxelles), réunies pour l’exposition Là où le ciel tremble au Centre d’art KOMMET.
Leur démarche artistique tient presque de la sociologie, qui les amène à fouiller des archives et récolter des témoignages liés à des phénomènes inexpliqués, participant même à des repas ufologiques* où se rencontrent les personnes croyant aux Ovnis ou affirmant en avoir observé.
Lire aussi sur Grains de Sel : Les nouvelles expositions à voir au Musée d’art contemporain
« Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la véracité des faits, mais le récit des personnes, ce qu’il porte et ce qu’il crée en elles », précise Louise. Une construction des récits qui entremêlent croyances, faits et fiction, parfois sous l’effet d’un désir proprement humain de croire à un au-delà qui nous dépasse.
Envie de bons plans en famille à Lyon ? Inscrivez-vous à notre newsletter hebdomadaire.
Ce que questionnent les artistes, c’est alors « le rapport à la vérité des gens, ses représentations, explique Joséphine. Qu’elles soient issues de croyances populaires ou bien de la religion, elles relèvent quelque part de la même foi. »
Téléphone maison
Illustrant cette porosité entre croyance spirituelle, populaire et recherche scientifique, Joséphine a inventé un culte fictif lié aux Ovnis. À KOMMET, elle recrée une sorte de sanctuaire dont les murs sont parés de pans de tissus molletonnés – inspirés des housses protégeant les vêtements liturgiques chrétiens – qu’elle brode pour représenter des images issues de l’iconographie ufologique.
L’un représente les « crop circle », ces traces concentriques laissées dans les champs attribuées aux Ovnis. Sur un autre, elle brode le profil d’un alien tel qu’il avait été diffusé par Fox News, « un média de vérité », ironise l’artiste.
Ces œuvres de tissus dialoguent avec les sculptures de ferraille de Louise, qui imagine elle une fausse agence spatiale, Roscosmic, pour laquelle elle incarne tour à tour dans sa pratique artistique la directrice, l’astronaute ou la présentatrice météo, et dont les membres n’explorent pas l’espace, mais la terre pour étudier les récits que construisent les humains sur l’espace.
Elle installe deux nouvelles antennes de cette agence imaginaire à KOMMET, sculptures-sondes dont l’une capte en direct et en continu les témoignages d’humains affirmant avoir vu des Ovnis – et s’avérant être les témoignages qu’elle a recueillis et enregistrés et que le visiteur peut écouter à loisir.
Curieuse exposition que les enfants passionnés d’extra-terrestres peuvent découvrir lors de visites contées ou d’ateliers manuels chaque semaine. Les petits y sont invités à graver des petites soucoupes volantes chromées prédécoupées pour les décorer à leur guise, tandis que les plus grands créent leur carte d’ambassadeur d’une planète qu’ils devront imaginer.
*qui a trait aux UFO (unidentified flying objects, objets volants non-identifiées en français)
Infos pratiques
Là où le ciel tremble, du 12 mai au 11 juillet 2025 au Centre d’art KOMMET, 14 rue Mortier, Lyon 3e. Tout public. Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 18h. Entrée libre et gratuite. Atelier manuel, tous les samedis à 10h30 (40 min de visite + 1h30 d’atelier). De 5 à 14 ans. Tarif : 12€. Visite contée familiale, tous les samedis et mercredis à 14h. Durée 30 min. Dès 3 ans, accompagné d’un adulte. Tarif : 5€ par enfant. Info et inscriptions : [email protected]. Dans le cadre de Guill’en fête, mardi 24 juin 2025 de 16h à 18h sur la place Guichard, Lyon 3e. Gratuit en libre accès. kommet.fr
Merci d’avoir lu cet article ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous aider à nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anonymement à ce questionnaire ou nous envoyer un email à [email protected]. Merci beaucoup !
