Saviez-vous qu’autrefois, les statues romaines de marbre blanc étaient éclatantes de couleurs ? Que les ateliers de copie fleurissaient dans l’Empire romain pour imiter les maîtres grecs ?
Les Lyonnais·es apprendront tout cela et bien plus en visitant la nouvelle exposition C’est canon ! L’art chez les Romains du musée Lugdunum. Célébrant par la même occasion les 50 ans de l’institution, celle-ci se penche sur le rapport des Romains à l’art en faisant dialoguer le réalisme théâtral de statues antiques avec l’architecture brutaliste du bâtiment.
Dans une scénographie colorée, le visiteur découvre la place de l’artiste dans la société romaine et comment l’art grec y devint un canon artistique absolu. Importées puis copiées dans des ateliers en Italie, les statues grecques emplissent les hauts lieux de l’Empire, représentés au 1/400e sur une vaste maquette de la Rome antique en cuivre recouverte d’or.
Montrées pour la première fois au public, quinze plaques de cette œuvre de l’architecte Paul Bigot et de la maison d’orfèvrerie Christofle ont été restaurées pour l’occasion. Des boutons permettront aux enfants d’y identifier les grands lieux d’exposition, comme le Panthéon ou le Champ de Mars, et des écrans interactifs de découvrir les statues qu’on pouvait y admirer.
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Des statues jamais à Lyon et en France
Élevées au rang d’art supérieur chez les Romains – avec « la peinture sur chevalet » mais dont aucun artefact n’a traversé les siècles du fait de son support en bois périssable –, les sculptures composent donc l’essentiel de l’exposition. Elle risque alors de laisser de marbre ceux que les statues n’émeuvent guère, mais attisera la curiosité des petits fadas de mythologie qui reconnaîtront peut-être Athéna ou Aphrodite.
Leurs parents les préviendront toutefois qu’ils ont sous les yeux des œuvres jamais vues à Lyon, provenant du Panthéon Sorbonne ou du Musée du Louvre, mais aussi inédites en France, prêtées par le Musée National de Rome et même le Musée du Vatican, comme la Vénus accroupie.
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Si quelques planchettes en forme de point d’interrogation gravées d’une question sur l’endroit et de la réponse sur l’envers peuvent amuser les enfants, le propos aurait mérité une traduction plus adaptée à une lecture enfantine. Quelques manipulations heureusement leur rendent la chose plus ludique, comme des quiz sur écrans et une balance pour mesurer la valeur d’œuvres romaines en miniatures.
La deuxième partie du parcours, « La fabrique de l’art », accrochera davantage leur attention. Dans un décor évoquant l’atelier, avec tréteaux, plateaux et tabourets, ils découvriront les secrets des artistes artisans, leurs outils et les pigments qui permettaient de peindre les statues. Ils pourront aussi manipuler des fac-similés d’outils issus de l’atelier moulage du musée.

En fin d’exposition, un espace numérique immersif pensé avec le Pôle PIXEL de Villeurbanne redonne vie à l’odéon du 2e siècle, avec les statues qui ornaient son mur de scène, avant qu’il ne s’effondre après son abandon au 5e siècle puis soit découvert et réinvesti à l’époque contemporaine.
Dans une autre œuvre numérique où le moulage d’une statue d’Aphrodite trône sur des fonds d’écrans, les enfants s’amuseront, par un système de mapping, à lui donner différentes apparences en choisissant ses habits, sa couleur de peau et les décors qui l’environnent. Sans doute le plus ludique pour les enfants.
C’est canon ! L’art chez les Romains, jusqu’au 7 juin 2026. Dès 8 ans. Lugdunum, 17 rue Cléberg, Lyon 5e. Du mardi au vendredi de 11h à 18h et le week-end de 10h à 18h. Tarifs : de 2, 50 € à 7 €. Tél : 04 72 38 49 30. lugdunum.grandlyon.com
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