Après le succès en France et à l’étranger de J’ai trop peur et J’ai trop d’amis, l’auteur David Lescot présente sur la scène du TNG le troisième épisode fraîchement mis en scène de sa saga préadolescente : Je suis trop vert.
On y retrouve Moi, Basile et toute la classe de 6e qui s’aventurent cette fois en classe verte. Au départ enthousiastes, les élèves déchantent vite, allergiques ou épuisés par le travail à la ferme…
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D’une campagne fantasmée émerge la rude réalité, incarnée par le personnage de la jeune
Valérie, chargée de leur faire découvrir son quotidien et qui n’épargne pas les citadins.
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« Elle est dure parce qu’elle sait qu’ils sont là pour une semaine et que ce n’est pas ce qui va les changer. Et à la fois elle se trompe, car ils vont petit à petit comprendre les codes et les mythes de la campagne », livre le metteur en scène.
L’approche sensible de la nature
Car Valérie ne se laisse pas faire, et encore moins face à son frère, partisan d’une « monoculture intensive » là où elle défend une agro-écologie. À ses côtés, la vie à la ferme se transforme en une sorte d’initiation pour Moi…
« Quand on est au contact de la nature, on est au plus près du cycle de la vie, explique David Lescot. C’est une autre perception du temps et de l’existence. » Pour mûrir sa pièce, l’homme de théâtre est lui-même allé travailler dans une ferme, tenue par une de ses anciennes comédiennes.
Pendant que Moi s’échine à la ferme, sa petite sœur est, elle, en pleine crise existentielle à cause du réchauffement climatique. À la maison, elle « prend le pouvoir » et dispute ses parents dès qu’ils allument un radiateur.

Un propos écologique important pour le metteur en scène, « mais que j’amène de manière ludique, nuance-t-il. On n’est pas dans une morale, ce n’est pas mon style. »
David Lescot et la langue des ado
Le style David Lescot, c’est plutôt ce savoureux mélange de sensibilité et d’humour, parsemé de langage adolescent avec des termes comme « wesh » ou « seum ».
Le tout dans un dispositif scénique ludique fait de trappes où apparaissent les comédiennes. Sans oublier la musique, réalisée par l’auteur musicien et la compagnie du Kaïros pour devenir le tube de la classe de 6e.
Cette fois, David Lescot s’est inspiré de la culture rave qui se célèbre à l’abri des forêts et propose un son techno. « Il y a dans ces fêtes clandestines quelque chose de fascinant qui développe l’imaginaire…
Les enfants de la ville pensent qu’ils sont en pointe sur la culture ; là, ils se rendent compte qu’il y a des gens à la campagne qui font des choses très inventives. »
Un troisième volet qui promet… une suite ? « Je ne veux pas le faire grandir trop, ce personnage, coupe le metteur en scène. On me demande souvent s’il sera ensuite en 5e, en 4e…
Ce qui m’intéresse, c’est qu’il reste dans cette découverte de la vie, des sentiments et des émotions qui sont si forts à cet âge-là. »
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