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Les nouvelles expositions à voir au Musée d’art contemporain

Mis à jour le 11/04/2025
Nature virtuelle, arts geek... Inaugurées ce 7 mars, les nouvelles expositions du Musée d'art contemporain de Lyon interrogent l'utilisation des nouvelles technologies. Qu'ils cherchent à conserver la trace d'une nature qui s'abîme ou explorent les possibles artistiques des dernières inventions artificielles, les artistes pensent un nouveau rapport à notre environnement dans des parcours sensibles et interactifs.

Souffles d’un animal qu’on devine imposant, et sur l’écran un amas de pixels qui tentent de se constituer en une forme… Apparaît alors un rhinocéros blanc, espèce fonctionnellement éteinte depuis la mort du dernier mâle en 2018, ici généré par l’IA. Une œuvre à propos pour introduire la nouvelle exposition du Musée d’art contemporain : Échos du passé, promesse du futur, la nature sublimée par le numérique.

Questionnant l’utilisation des nouvelles technologies, elle se demande pourquoi, de manière collective, nous restons inactifs face à l’effondrement du vivant. Comme réponse et point de départ de l’exposition, une théorie est proposée : celle de « l’amnésie générationnelle environnementale ».

Lire aussi sur Grains de Sel : Le geste du commun : une expo-rituel sur ce qui nous lie

Pensée par le psychologue américain Peter H. Kahn, elle fait état d’une nature de plus en plus abîmée, qui, à chaque génération, devient la norme. Ainsi les humains s’habituent-ils à un environnement en constante dégradation. Pour conserver la mémoire d’une nature originelle, quinze artistes imaginent alors des façons de la reconvoquer et d’en conserver la trace.

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Archives numériques de la nature

Dans un parcours en trois temps, ils utilisent les nouvelles technologies pour parler des espèces disparues, rappeler la fragilité de la nature et inventer des futurs oniriques entre dystopie et symbiose de l’Homme et du vivant.

Dans ses Jardins cybernétiques, Donatien Aubert redonne virtuellement vie à des végétaux disparues depuis la révolution industrielle dans un court-métrage en images de synthèse. Avec son installation multimédia en forme de diorama, Bianca Shone Arroyo-Kreimes plonge le visiteur dans des paysages technologiques reproduisant l’environnement naturel qu’ils pourraient remplacer…

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Bianca Shonee Arroyo-Kreimes, The Pond, 2023 © Bianca Shonee Arroyo-Kreimes

Tandis que la Lyonnaise Léa Collet imagine dans une installation vidéo la mutation d’adolescents en fleurs à l’aide de l’IA, la canadienne Sabrina Ratté anticipe la disparition de plantes que l’on connaît bien, dont elle conserve l’archive virtuelle grâce à la photogrammétrie dans des images à la beauté triste.

Oraison funèbre ?

De véritables fleurs il est question dans l’installation de la mexicaine Vica Pacheco, disposées dans des pichets de céramique qui sont en fait des flûtes à eau. De ces flûtes, l’artiste a tiré une bande sonore, une mélopée de souffles mélancoliques pour accompagner les fleurs coupées qui se meurent. Sensible oraison funèbre pour retrouver l’empathie envers le végétal.

Plus ludique, l’installation de Justine Emard amusera les enfants. Sous des cloches de verre flotté suspendues à une structure métallique clignotent et tintent des petites lumières. Leur ballet électrique semble aléatoire ; il reproduit en fait le comportement des abeilles au sein de la ruche, traduit par l’IA dans un programme qui réagit à la présence du visiteur. L’intelligence artificielle côtoie ici l’intelligence collective de ces pollinisateurs essentiels à la vie sur Terre pourtant décimés par les pesticides.

Repensant notre rapport au vivant, cette exposition aussi innovante que sensible nous confronte à la froide présence d’une nature virtuelle, qui ne fait que donner davantage de prix à une nature bien vivante. Pour le moment.

Arts geek au Musée d’art contemporain

Si les enfants ont encore du jus dans les gambettes, la visite se poursuit avec la deuxième nouvelle exposition Univers Programmés. Faisant échos à la Biennale d’art contemporain de 1995 qui explorait l’impact des technologies sur l’art, elle porte, 30 ans plus tard, le même questionnement tout en dressant une sorte d’histoire du rapport des artistes aux nouvelles technologies.

Intro-Act art écran au Musée d'art contemporain
Christa Sommerer et Laurent Mignonneau, Intro-Act, 1995 Produit pour la Biennale de Lyon 1995 Collection macLYON © Blaise Adilon

En quatre chapitres, elle revient sur leurs promesses d’existence virtuelle, mais aussi sur les problématiques éthiques qu’elles posent. Jalonnée d’œuvres interactives, elle est ludique pour les enfants qui y verront des références aux jeux vidéos, comme ces scènes de vie à l’esthétique ultra pixelisée inspirée de Mine Craft.

Prudence cependant en passant devant une oeuvre reproduisant dans le métavers Second Life de célèbres performances artistiques qui peuvent impliquer des scènes de nudité

Des œuvres interactives pour les enfants

Passé cette étape, les enfants s’élanceront dans les installations participatives qui les invitent à sauter sur un trampoline ceint de deux écrans géants dans lesquels il se verront rebondir, à marcher sur de drôles de dalles sonores connectées qui composent une musique faite de bruits préenregistrés, ou encore à enfourcher un vélo pour pédaler dans un univers virtuel.

Ils retrouveront aussi l’œuvre ludique Intro-Act qui avait été proposée lors de l’exposition Little Odyssée dédiée aux enfants en 2022 : un écran géant sur lequel les mouvements du visiteur génèrent des formes aléatoires qui se démultiplient…

Idéalement située en fin de parcours, l’installation immersive de Adrien M & Claire B ramènera les enfants vers le calme : Core, une pièce de 100 mètre carrés plongée dans le noir, illuminée seulement d’un ballet de points lumineux évoluant sur les murs au son d’une musique envoûtante.

Dense, parfois abscons pour les non-initiés, l’exposition s’avérera passionnante pour les geek et les plus patients. Pour de nombreuses oeuvres, des cartels ont été pensés à hauteur d’enfant pour les amener à mieux s’en saisir.

Échos du passé, promesses du futur, du ven. 7 mars au dim. 13 juillet 2025. Dès 4 ans. Univers Programmés, du ven. 7 mars au dim. 13 juillet 2025. Dès 8 ans. Du mer. au dim. de 11h à 18h. Tarifs : de 6 à 9€. Musée d’Art Contemporain de Lyon, Cité Internationale, 81 quai Charles de Gaulle, Lyon 6e. 04 72 69 17 17. mac-lyon.com

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Sabrina Ratté, Floralia III, 2021 © Sabrina Ratté - Galerie Charlot, Paris

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