Perché sur les hauteurs de Rochetaillée, à une trentaine de minutes de Lyon, après un agréable trajet qui longe les bords de Saône, le musée de l’automobile Henri Malartre vaut le détour sans qu’on soit nécessairement féru de voitures.
Le cadre, déjà, est magnifique, avec un grand parc où l’on peut venir en toute liberté pique-niquer, jouer à la pétanque ou bouquiner à l’ombre d’un arbre, en profitant d’une vue panoramique sur les Monts du Lyonnais. Le musée, lui, se divise en deux parties : le château où a vécu Henri Malartre jusqu’à sa mort en 2005 et deux halls de type industriel.
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Visiter le musée de l’automobile c’est donc faire connaissance avec cet homme au parcours exceptionnel, né en 1905, casseur automobile de profession, Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, déporté à Buchenwald dont il a survécu.
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Un casseur automobile devenu collectionneur
« Tout jeune, Henri Malartre a un coup de cœur pour une voiture qu’on lui apporte à la casse : une Rochet-Schneider datant de 1898, raconte Florence Deschodt, responsable de la communication du musée. Il la trouve tellement belle qu’il se refuse à la démanteler. »
Ce véhicule opère comme un déclic chez le collectionneur qu’il va devenir des années plus tard quand, rescapé des camps, il dirige à nouveau une casse automobile. « C’est l’un de ses amis de l’époque, le maire de Lyon Louis Pradel, qui lui souffle l’idée de montrer sa collection. »
Tombé amoureux du château de Rochetaillée-sur-Saône, dont les origines remontent au Moyen-âge, mais donc l’architecture Belle Époque actuelle date du début XIXe, Malartre en fait sa demeure et son musée en 1960.
Autos, motos, vélos au château
Au rez-de-chaussée du château, on est accueilli par la fameuse Rochet-Schneider. On découvre ensuite les débuts de l’automobile, notamment à travers les énergies permettant de la mouvoir. Puis les grandes innovations dont beaucoup sont nées à Lyon comme celle de la marche arrière intégrée au levier de vitesse principal.
On croise en chemin de drôles de véhicules, tels que ce « Tue belle-mère », voiture à deux places, mais l’une derrière l’autre – on vous laisse deviner où belle-maman devait s’asseoir… Le dernier étage abrite les deux-roues qui intéressaient aussi Malartre, « du moment que ça roulait et qu’il y avait une prouesse technologique. »

Des motos de toutes marques (Viratelle, Triumph…) côtoient une ribambelle de vélos. Parmi eux, le vélo-skis, le « Sociable » dont les deux guidons directeurs imposent aux cyclistes de bien s’entendre, des vélos de course, le premier Vélo’v ou encore l’acrobatique grand-bi avec sa roue avant proéminente.
Des voitures qui véhiculent une histoire
À l’autre extrémité du parc, les halls accueillent des voitures davantage connues du grand public. Certaines sont même des stars par leur histoire mémorable, parfois connectée à la grande Histoire. Parmi elles, le taxi de la Marne, la Delaunay-Belleville des bandits de la Bande à Bonnot, la Lorraine-Dietrich filmée dans Borsalino avec Delon et Belmondo ou encore la première voiture pour enfant créée par Citroën.
Un peu plus loin s’avance l’impressionnante voiture de parade d’Hitler, « capturée » dans sa résidence du Nid d’Aigle par l’armée française à la Libération. Ancienne victime du régime nazi, Malartre a remué ciel et terre pour la posséder, comme « une revanche sur son histoire. » Lourde et imposante, dotée d’un système de blindage ultra performant pour l’époque, le monstrueux engin « ne laisse personne indifférent. »
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D’où la nécessité, pour Florence Deschodt, de mener une médiation autour. « On a des gens qui viennent régulièrement faire des saluts nazis devant, confie-t-elle. On est habilité à faire dans ce cas un rappel à la loi : il s’agit d’apologie de crime de guerre, passible de 45 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement. Mais on a aussi des gens qui lui crachent dessus… »
À côté, la Papamobile de Jean-Paul II, apparaît moins sulfureuse. La visite se termine par des transports en commun, dont la célébrissime Ficelle avec son intérieur bois d’origine, ou le Train bleu qui conduisait les Lyonnais·es vers les guinguettes des bords de Saône le week-end. On trouve enfin quelques modèles de petites voitures futuristes commercialisées dans les années 50 et qui présagent des Smart et autres Twizy roulant aujourd’hui.
Un musée qui roule
Rouler, c’est ce que fait faire le musée à 75 % de ses autos, « au moins une fois par an pour éviter que les moteurs ne s’encrassent. » D’où la présence sur place d’un atelier de mécanique qui les restaure et les bichonne avec un savoir-faire transmis depuis la création du lieu.
On conseille aux familles les visites guidées thématiques (Les transports et la guerre, Les voitures de course…) accessibles dès 8-10 ans. Mais aussi les visites contées pensées pour les enfants de 3 à 6 ans (La voiture de Camille). Elles sont complétées par de nombreuses animations, comme les journées « Ça roule » une fois par mois. Au volant de l’une des pièces de la collection, l’un des mécaniciens du musée nous propose de monter à bord et de nous conduire dans les allées du parc. Vroum.
Musée de l’automobile Henri Malartre, 645 rue du Musée, Rochetaillée-sur-Saône. Tél. 04 78 22 18 80. Ouvert du mercredi au dimanche de 10h30 à 18h. Tarifs : 4 et 6 €, gratuit pour les – 18 ans. Nuit européenne des musées, le 17 mai : visite du château à la lampe-torche, découverte des coulisses et métiers du musée avec le jeu vidéo « Mystère dans les halls ». De 18h à 21h30. Gratuit. Plus d’infos sur musee-malartre.com. Visites guidées : 3 €/ adulte ; 1 €/ enfant. Visites contées : 3 €/ adulte ; 2 €/ enfant. Journées « Ça roule », le 3 mai, le 5 juillet le 1er août. Tarifs : de 3 à 5 € sur réservation.
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