Certains musées trop sages ne conviennent pas aux petits casse-cou. Voici donc pour eux un musée sans manière qui n’a pas peur des turbulences : The Disturb House Museum, le seul dédié au skate en France. À l’intérieur, la plus grande collection de skateboards en Europe, celle de Dimitri Jourdan.
C’est dans le sous-sol de sa maison à Grigny que ce passionné expose l’œuvre de toute une vie. Depuis ses 16 ans, il collectionne planches, magazines spécialisés et autres accessoires, tant et si bien qu’adulte, il doit louer des box pour entreposer son butin.
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« Je me suis dit “c’est quand même dommage de ne pas avoir ces trésors sous les yeux ou de les partager.” Alors j’ai pensé en faire un musée », retrace le quadragénaire en sweat-casquette. Ainsi naît le musée du skate en 2021.
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Toute l’histoire de la planche à roulettes y est contée sur 150 mètres carrés en 550 planches, des années 60 à aujourd’hui – 400 attendent encore dans les placards de Dimitri, lui permettant de renouveler le parcours de temps à autre.
Chinés aux enchères, dégotés par le bouche-à-oreille ou obtenus grâce à des échanges – notamment avec le musée du skate du Texas, les trésors ne manquent pas.
Planches vintage, séries limitées, œuvres ou copies numérotées d’artistes renommés dans le milieu tapissent les murs de couleurs éclatantes et feront briller les yeux des jeunes passionné·es ou des vieux de la veille.
Le skate, une histoire qui roule
Si la visite libre est possible, on conseille vivement la présentation guidée par Dimitri, qui la colore d’anecdotes passionnantes pour les initiés comme pour les néophytes. Dans un parcours chronologique, il nous fait remonter aux origines du skate dont l’ancêtre n’est autre que le patin à roulettes.
C’est en France, apprend-on, qu’on bricole les premières planches en 1958 : d’antiques patins et planches de bois témoignent de ces prémices, avec des photos en noir et blanc sur lesquelles les gamins dévalent les pavés en position assise.

Dimitri nous emmène ensuite en 1976 où le skate réémerge aux États-Unis sous l’impulsion des surfeurs par une légendaire canicule… Les boards en forme de surf côtoient les planches en plastique françaises des années 70 fabriquées à Saint-Étienne, qui avait alors le monopole de la production dans l’Hexagone.
La visite se poursuit jusqu’aux années 80 et 90 où le skate se commercialise et dont le design évolue pour un usage plus « street ».
Une visite comme sur des roulettes qui d’adapte a public
S’adaptant au public, la visite est accessible aux non pratiquants et aux plus jeunes. Sur le retour du parcours, un espace est consacré aux planches des années 90 retirées du marché pour leurs messages politiques : les motifs explicites ne convenant pas aux enfants, Dimitri fait l’impasse avec les moins de 12 ans et ne s’y arrête qu’avec l’accord des parents.
Idem avec les planches qui, à partir des années 80, affichent des dessins avec de la nudité. Aux enfants de moins de 10 ans, Dimitri ne montre donc que la première partie du parcours. Et invite ceux qui le souhaitent à s’essayer au skate sur la rampe installée dans la cour extérieure, après leur avoir prêté planche et protections.
The Disturb House Museum, 144 avenue de la Colombe, Grigny. Dès 11 ans. Ouvert tous les jours de 9h30 à 19h sur RDV. Tarifs visite libre : 10 € à partir de 8 ans. Visite guidée (durée 1h30) : 10 € pour les 8-10 ans, 14 € à partir de 10 ans. Gratuit pour les – 8 ans. Réservation au 06 76 78 49 27. thedisturbhousemuseum.book.fr
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