Les expositions d’art contemporain effraient, surtout lorsqu’on en lit en amont les présentations alourdies de mots et de concepts compliqués. Pourtant cela vaut souvent le coup de se faire confiance, en passant outre ces textes abscons, pour se lancer dans la visite et observer ce qu’elle éveille en nous.
C’est le cas avec Intrications, première grande expo solo de l’artiste Josèfa Ntjam, dont le propos politique, scientifique et philosophique peut faire craindre au visiteur lambda de ne pas être à la hauteur, mais dont la beauté visuelle envoutante s’impose d’emblée à tous.
La circulation de la mémoire, entre réalité historique et mythologies noires
Dès la première salle, la jeune femme nous plonge au cœur d’un paysage d’immenses photomontages, affichant trois figures féminines historiques de la lutte pour l’indépendance du Cameroun, de la végétation luxuriante, des animaux (le gros serpent descendant du plafond peut filer les chocottes) ainsi que de pures inventions. Faire entendre les voix du passé, les mémoires qu’elles charrient, en les entremêlant de mythologies d’Afrique de l’Ouest et centrale et de ce qui constitue la nature et le cosmos, voilà l’obsession de Josèfa Ntjam qui, pour ce faire, investit plusieurs moyens d’expression.
Intrications de photomontages, sculptures et vidéos
Performeuse, elle apparaît grimée et costumée, sous les traits d’avatars mis en scène dans ses propres vidéos. Photographe, elle assemble durant des heures une somme astronomique de ses propres clichés et d’autres collectés sur Internet pour composer d’immenses et sublimes tableaux digitaux aux détails démultipliés. Sculptrice, elle crée d’élégantes déesses sous-marines, en métal ou en céramique, magnifiées par la lumière filtrant de la verrière qui coiffe la Halle Nord de l’IAC. Ecrivaine, elle mêle son récit à ceux d’autres artistes racisés, que l’on écoute lové dans un hamac sous la rencontre improbable et majestueuse entre la lune et le soleil.
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Alors oui, au fil de la visite, le texte apparaît comme indispensable pour mieux appréhender la richesse de l’exposition : munissez-vous donc du livret de visite et de celui spécialement dédié aux enfants, qui se concentre sur les œuvres les plus accessibles. Mais n’oubliez pas de vous laisser porter par l’ambiance et la beauté enveloppantes des Intrications de Josèfa Ntjam.
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Intrications, jusqu’au 11 janvier 2026, à l’IAC, 11 rue Docteur Dolard, Villeurbanne. Ouvert du mercredi au vendredi de 14h à 18h, samedi et dimanche de 13h à 19h. Visites en famille les dim. 23 novembre et 21 décembre de 15h30 à 17h. Atelier en famille (5-7 ans) le mer. 29 octobre de 10h à 11h30. Atelier enfant (7-10 ans) le jeu. 30 octobre de 14h30 à 16h30. Tarifs: 4 et 6€; gratuit – 18 ans. Visites en famille: 2€/enfant et 5€/adulte. Ateliers: 2€/enfant, gratuit pour l’adulte. Plus d’infos sur i-ac.eu
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